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 SYRIE

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Olympe de G

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MessageSujet: SYRIE   Jeu 4 Fév - 21:18





“N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.”
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MessageSujet: Re: SYRIE   Jeu 4 Fév - 21:22

Damas poursuit ses objectifs. Son armée avance dans le nord.




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MessageSujet: Re: SYRIE   Mar 9 Fév - 16:29

Syrie : après l’échec des pourparlers de paix, où en est-on sur le terrain ?

04/02/2016 – 18h45 Syrie (Lengadoc Info) – Comme nous l’annoncions en conclusion de notre article du 27 janvier, les négociations n’ont pas donné grand chose. Leur tenue vient même d’être carrément ajournée et devrait reprendre le 25 février 2016. A qui la faute? Chacun se renvoie la balle quant à la responsabilité de cet échec. L’opposition syrienne avait décidé de quitter la table des négociations, la Turquie renâclait quant à la présence de son ennemi kurde, l’Etat Islamique profitait de ces pourparlers pour effectuer un terrible attentat suicide dimanche 31 janvier dans le sanctuaire chiite de Sayeda Zeïnab faisant près de 70 morts et plus de 100 blessés (une voiture piégée suivie de deux kamikazes avec gilets explosifs). Mais l’opinion internationale impute cet échec aux forces pro-gouvernementales et bien évidemment à la Russie.

Que s’est il donc passé sur le terrain depuis notre dernier point de situation?

Les forces loyalistes n’ont pas chômé et ont obtenu des résultats significatifs. Essentiellement au nord du pays dans la région d’Alep.

Tout d’abord à partir de la base aérienne de Qweires et en direction de l’ouest où l’étau se resserresur Daech et où le saillant devrait se transformer d’ici peu en poche jihadiste. Les forces « pro-Bachar » n’ont plus « que » 4 kilomètres à travers champs à effectuer et la prise d’un seul village afin de réaliser l’encerclement total. La situation à Qweires s’est donc totalement inversée depuis 6 mois passant d’un encerclement par l’Etat Islamique à l’encerclement de L’Etat Islamique!

Mais ce n’est pas le point le plus significatif de l’avancée des forces loyalistes. Celui-ci se situe au nord immédiat de la ville d’Alep. Cette avancée nous a personnellement surpris autant que les rebelles de l’Armée Syrienne Libre que du Front Al-Nosra, les représentants d’Al-Qaida en Syrie. Nous venons d’assister à la libération de la poche de Nubl et Zarhaa enclavée depuis trois ans par les forces « rebelles ». L’attaque a été soudaine, brutale et rapide en prenant les forces rebelles sur deux fronts opposés dans un couloir de quelques kilomètres. L’appui aérien russe a bien évidemment été déterminant. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov précisant que « Les frappes aériennes russes ne s’arrêteront pas tant que nous n’aurons pas réellement vaincu les organisations Etat islamique et le Front Al-Nosra ».

L’impact de cette victoire sur le moral des populations fidèles au pouvoir en Syrie est évidemment très important mais le point crucial revient au fait que cette jonction permet la fermeture de l’approvisionnement des forces « rebelles » depuis la Turquie. Le deuxième point important est que la situation militaire à Alep risque d’évoluer très rapidement puisque les forces pro-gouvernementales encerclent désormais la ville d’Alep sur trois cotés. En effet, seul l’accès ouest est encore aux mains de l’ASL et Al-Nosra.

Cette avancée fait dire à certains commentateurs que les forces loyalistes ont accompli là « une plus grande avancée en trois jours qu’en trois ans de combats« .

Sur le front au sud du pays, nous constatons la stabilisation de la situation à Sheikh Maskin mais également un début d’offensive plus au sud vers la ville de Daraa dans le village d’Athman qui devrait permettre d’élargir le couloir loyaliste et de consolider les positions pour de nouvelles offensives.

Martial Roudier

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MessageSujet: Les Syriens n’oublient pas la Saint-Valentin   Lun 15 Fév - 21:35

Les Syriens n’oublient pas la Saint-Valentin
Par Anne Bernas Publié le 14-02-2016 

Dans les rues de la vieille ville de Damas, veille de Saint-Valentin 2016 en pleine guerre.REUTERS/Omar Sanadiki
Depuis plus de mille ans, l’amour est une composante essentielle de la culture arabe. En Syrie, la Saint-Valentin s’appelle aussi Aïd al-houbb, Fête de l’amour. Le 14 février est, depuis plus d’une décennie, devenu une fête populaire où grand nombre de Syriens, de tous âges et de toutes confessions, célèbrent l’amour à coups de roses de Damas et de cadeaux. Mais en ces temps de guerre, les cœurs sont inévitablement moins à la fête.
Si les Arabes possèdent 99 noms pour nommer Allah, ils en disposent d’une centaine pour évoquer l’amour. Car l’amour est loin d’être une mince affaire dans le monde arabe et nombreux sont les poètes qui ont chanté ses bienfaits mais aussi ses dangers. Parmi les plus célèbres, Ibn Arabi (1165-1241), enterré à Damas, pour qui « De l’amour nous sommes issus. Selon l’amour nous sommes faits. C’est vers l’amour que nous tendons. A l’amour nous nous adonnons ».
En Syrie, avant la guerre, les semaines qui précédaient la Saint-Valentin étaient consacrées pour beaucoup de commerçants à la décoration de leurs boutiques aux couleurs de l’amour. Entre les multiples portraits de Bachar el-Assad et de sa famille, les vitrines arboraient des cœurs à tout-va, les boutiques de voiles ou de lingerie féminine se mettaient au goût du jour de l’amour, le rouge, les célèbres roses de Damas envahissaient les échoppes de fleurs tandis que les pâtisseries exposaient des gourmandises à la crème en forme de cœur. L’amour à la mode orientale, exubérante.
Cette année encore, dans le chaos, des habitants de Damas diffusent pourtant sur les réseaux sociaux des photos de banderoles de peluches flanquées de cœurs disséminées dans les grandes artères de la capitale, signe que malgré la guerre, l’amour est toujours présent. Mais les choses ont changé, à l’instar du prix des fameuses roses de Damas qui a flambé. Ainsi, les cœurs sont loin d’être à la fête...

La Tour Eiffel, passage obligé des nouveaux venus.DR
Un coup de foudre à Paris
Maram et Yazan se souviennent, un sourire en coin, faussement effarouchés d’évoquer le sujet. Ils ne se connaissaient pas encore lorsqu’ils vivaient en Syrie. Ils avaient à peine 20 ans. Les foudres de l’amour leur sont tombées dessus à la fin de leur fuite en mars 2014. « On était dans le même groupe de 25 étudiants qui sommes arrivés dans le cadre d’un programme avec le Val-de-Marne », se souvient Yazan. Le jeune garçon, triplement déraciné puisqu’originaire du camp palestinien de Yarmouk et réfugié en 2012 aux Emirats Arabes Unis avec une partie de sa famille, tente de se remémorer son arrivée à Paris.
Quant à Maram, elle a laissé derrière elle à Damas toute sa famille, dont un frère emprisonné par le régime depuis plus de trois ans. « C’était la première fois que je quittais la Syrie, et seule en plus, raconte-t-elle en souriant, j’avais trop peur. » « Le 12 mars, l’interrompt Yazan, on s’est rencontrés. C’est allé très vite. Et le jour de mon anniversaire, en avril, je lui ai dit que je l’aimais. C’était un coup de foudre. »
Depuis ce jour, Yazan et Maram sont inséparables, même s’ils ne vivent pas ensemble « parce que ma mère, même si elle est au courant que j’aime Maram, vient de temps en temps chez moi, alors... ». Les deux étudiants, qui sont officiellement réfugiés politiques, racontent leur histoire d’amour les yeux emplis de passion. Se dévorant du regard, ils se projettent déjà vers l’avenir. « On va finir nos études à Paris, et puis on verra », poursuit la jeune fille qui préfèrerait rester « dans la ville dont elle ne connaissait que la Tour Eiffel » mais qui, quoi qu’il arrive, suivra Yazan s’il veut aller vivre aux Emirats ou aux Etats Unis. « Paris a des sentiments, c’est la ville de l’amour », soupire-t-elle de joie.
« La première fois que nous nous sommes promenés à Paris en amoureux, on s’est perdus, s’amusent-ils à raconter. On demandait juste "Métro" aux gens pour essayer de rentrer et au final, on est arrivés à trois heures du matin. » « Alors, j’ai été obligé de dormir chez Maram car il était trop tard et il n’y avait plus de transports  », plaisante Yazan.
S’accrocher à ce qui reste
Dans les rues de Paris... ville de l'amour.DR
Cinq ans après le début de la guerre qui a fait plus de 260 000 morts, la priorité n’est plus à l’amour pour les Syriens qui sont restés dans leur pays comme pour les millions d’autres qui l’ont fui. « La guerre va continuer parce que personne ne s’intéresse vraiment au peuple syrien », déplore Maram qui a de plus en plus de difficultés à joindre ses parents du fait des bombardements qui pleuvent près de leur maison.
Pourtant, tous gardent l’espoir en des jours meilleurs et s’accrochent à ce qui leur reste : l’amour. « Nous sommes arrivés en France alors que nous ne connaissions presque personne. C’est l’amour qui nous a sauvés », concluent-ils, visiblement très émus. Pour ce 14 février, même si une partie de son cœur est empli d’inquiétude pour les siens en Syrie, Maram « prépare une surprise pour celui qu’elle aime plus que jamais ». De son côté, Yazan persiste et signe : « La Saint-Valentin, c’est tous les jours pour moi avec Maram ».
Si la guerre a brisé des vies, décimé des familles, elle a aussi engendré malgré elle des couples de gens qui s’aiment et qui espèrent un jour fêter la Saint-Valentin dans leur pays, la Syrie. Un jour qui pourrait durer plus de mille et une nuits.

Shopping de Saint-Valentin dans un souk damascène, le 11 février 2016.


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MessageSujet: Stratégie gagnante pour Poutine à Alep   Jeu 18 Fév - 11:31



Stratégie gagnante pour Poutine à Alep
Par Mike Whitney – Le 11 février 2016 – Source Strategic Culture

La semaine dernière [vers le 20 janvier, NdT] le tournant de la guerre dans le nord de la Syrie a poussé la coalition menée par la Russie à une portée d’obus d’une victoire décisive à Alep. Après avoir brisé le siège des villes de Nubl et de Zahra, qui durait depuis 40 mois, l’Armée arabe syrienne (AAS) a encerclé les nœuds de communication industriels de la région et est en train de resserrer graduellement son emprise. Les lignes d’approvisionnement cruciales vers le nord ont été coupées, laissant les extrémistes sunnites et les milices anti-gouvernementales coincés dans un vaste chaudron urbain.

C’est seulement une question de temps pour que ces renégats hétéroclites soient tués ou obligés de se rendre. Une victoire à Alep changera le cours de la guerre, en redonnant au gouvernement le contrôle d’un corridor occidental densément peuplé. C’est pour cela que l’administration Obama est en train de chercher fébrilement des moyens pour retarder ou enrayer les avancées des assaillants menés par la Russie et éviter l’effondrement en cours de la politique américaine en Syrie.

Les récents pourparlers de paix à Genève ont été convoqués avec un objectif en tête, empêcher le président Bachar el-Assad et les forces loyalistes de reprendre Alep. Les négociations ont échoué, bien sûr, quand les alliés enthousiastes de Washington – ceux que l’on qualifie de rebelles modérés – refusèrent de participer. Selon le Wall Street Journal, l’opposition syrienne s’est retirée «sous la pression de l’Arabie saoudite et de la Turquie, deux des principaux soutiens des rebelles». L’information du Wall Street Journal fut confirmée plus tard par le Secrétaire d’État, M. John Kerry qui, selon un reportage dans Middle East Eye, «a critiqué l’opposition syrienne pour avoir quitté la table des négociations et a ouvert la voie à une offensive conjointe des forces loyales au gouvernement syrien et de la Russie sur Alep».

«Ne m’accusez pas, accusez plutôt l’opposition, s’est défendu M. Kerry. C’est l’opposition qui n’a pas voulu négocier et n’a pas voulu d’un cessez-le-feu, et ils sont partis.»

Rien de tout cela ne surprendra les lecteurs qui ont suivi les négociations avec attention. Les rencontres ont été menées dans un climat de confusion dès le tout début. La délégation des États-Unis dirigée par M. Kerry s’est concentrée exclusivement sur le fait d’arriver à un accord qui inclurait un cessez-le-feu et arrêterait l’offensive gouvernementale. Les Saoudiens, les Turcs et les dirigeants de l’opposition, par contre, n’étaient pas sur le même plan. Ils semblaient avoir oublié la situation défavorable qu’ils subissaient sur le terrain, où leur chair à canon djihadiste connaît de lourdes pertes quotidiennes. M. Kerry, plus réaliste, essayait de figer la situation et de sauver les miliciens soutenus par les États-Unis d’une élimination certaine. Mais les Saoudiens et les Turcs considéraient qu’ils avaient encore suffisamment d’atouts pour avoir des exigences. L’affrontement entre les points de vue allait forcément aboutir à des déceptions. Les rencontres furent annulées avant même d’avoir commencé. Rien ne fut décidé. Le Wall Street Journal raconte :

«Environ une demi-douzaine de villes et de bourgs ciblés par la nouvelle offensive du régime ont une chose en commun : toutes sont tenues par un mélange d’islamistes et de rebelles modérés financés et armés par l’Arabie saoudite et la Turquie. Pour ne rien simplifier, certains groupes – pas tous – collaborent avec le Front al-Nosra, lié à al-Qaïda. Ce qui donne au régime et à ses alliés des arguments pour dire qu’ils combattent le terrorisme.»
Cela devrait dissiper toute illusion que les rebelles qui essaient de renverser le gouvernement sont des nationalistes mécontents déterminés à destituer un dictateur diabolique. Ce n’est absolument pas le cas. Tandis qu’il y a un fort contingent de rebelles autochtones, le noyau dur des combattants sont des extrémistes sunnites décidés à éliminer Assad et à établir un califat. C’est pourquoi Moscou refuse un cessez-le-feu pendant les pourparlers de Genève. La Russie s’oppose fermement à tout arrangement qui permettrait aux terroristes reconnus comme tels d’échapper à leur punition.

Kerry a trompé délibérément le public sur ce sujet. Pas plus tard que la semaine dernière, il a déclaré : «La Russie m’a très clairement dit qu’elle était prête à un cessez-le-feu. Les Iraniens ont confirmé à Londres, il y a exactement un jour et demi, qu’ils soutiendraient un cessez-le-feu dès maintenant.»

C’est faux et M. Kerry le sait. Moscou a essayé d’être accommodant quant aux forces de l’opposition soit-disant modérées, mais quant on en arrive à État islamique, Jabhat al-Nosra (filiale d’al-Qaïda en Syrie), Jaïch al-Moujahiddin, Harakat Nouriddine al-Zinki, et Harakat Ahrar al-Cham, les dirigeants russes ont toujours dit et répété qu’ils n’arrêteraient leurs opérations militaires que lorsque tous les djihadistes seraient tués ou capturés. Voilà pourquoi les frappes aériennes se poursuivent pendant les réunions à Genève, parce que la plupart des combattants à Alep sont des terroristes irrécupérables.

Il est intéressant de noter que l’offensive militaire menée par les Russes obéit clairement à la résolution 2254 des Nations-Unies qui déclare :

« … Les États membres doivent empêcher et supprimer les actes terroristes commis notamment par État islamique en Irak et au Levant, le Front al-Nosra, et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à al-Qaïda ou État islamique, et les autres groupes terroristes, […]et doivent éradiquer les abris sécurisés qu’ils ont établis sur des parties importantes du territoire syrien, et doivent noter que le cessez-le-feu mentionné ne s’appliquera pas aux actions offensives ou défensives contre ces individus, groupes, entreprises et entités, ainsi que prévu dans la Déclaration du 14 novembre 2015 du Groupe international de soutien à la Syrie. » (merci à Moon of Alabama)
En d’autres termes, Moscou ne va pas accepter un cessez-le-feu qui laisserait des assassins djihadistes miner la résolution 2254. Les opérations militaires russes vont se poursuivre jusqu’à ce qu’État islamique, al-Nosra et les autres milices terroristes soient éliminés.

Malgré tout, M. Kerry n’a pas abandonné la voie diplomatique. En fait, M. Kerry manœuvre pour rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères, M. Sergueï Lavrov, à Munich le 11 février lors d’une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie, et pour discuter «de tous les aspects du règlement en Syrie, dans la direction définie par la Résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies».

Cette rencontre en urgence reflète le désespoir fébrile de l’administration Obama devant l’inexorable offensive militaire menée par les Russes. Il est clair maintenant qu’Obama et ses conseillers voient les signes marqués sur le mur, et qu’ils réalisent que leur sinistre plan qui consistait à utiliser des armées proxies pour chasser Assad et diviser le pays en trois États-croupions va de toutes façons échouer. Voici comment l’Institut pour l’étude de la guerre le résume sur le site Sic Semper Tyrannis :

« Les réalités du champ de bataille, plus que la politique des grandes puissances, détermineront les termes ultimes du règlement qui mettra fin à la guerre civile en Syrie. Le président syrien Bachar al-Assad et ses alliés en Russie et en Iran ont bien compris ce principe simple, alors même que Washington et les autres capitales occidentales ont mis tous leurs espoirs dans les pourparlers de Genève, soutenus par les Nations Unies, qui se sont interrompus après seulement deux jours, le 1er février 2016. Les frappes aériennes russes et les troupes iraniennes au sol ont donné au Président Assad les quelques kilomètres nécessaires pour fermer l’encerclement d’Alep, la plus grande ville en Syrie et un bastion de l’opposition depuis 2012.
… L’encerclement complet d’Alep pourrait entraîner une énorme catastrophe humanitaire, briser le moral de l’opposition, barrer la route frontalement à toutes les ambitions stratégiques turques, et enlever à l’opposition son atout maître dans les négociations devant la communauté internationale. »
Les combats de la semaine dernière dans la zone au nord d’Alep ont transformé la carte des fronts et accéléré considérablement le rythme en faveur du gouvernement, mais ils n’ont pas encore affaibli le soutien pour les djihadistes, dans des capitales comme Ankara ou Riyad. En fait, les Saoudiens ont proposé de déployer des troupes au sol en Syrie, à condition qu’elles soient placées sous commandement américain. De même pour la Turquie, selon The Hill : «Le ministre russe de la Défense a accusé la Turquie de préparer une invasion militaire de la Syrie.» Toujours dans cet article :

« Le ministre russe de la Défense enregistre un nombre croissant d’indices d’une préparation camouflée des forces armées turques pour des actions offensives sur le territoire syrien », a déclaré le porte-parole du Ministère, M. Igor Konachenkov
… La Russie répète qu’elle a «des données raisonnables pour suspecter une préparation intensive de la Turquie pour une invasion militaire» de la Syrie.
Les responsables turcs ont nié qu’ils préparaient une invasion, mais dans le même temps le président Recep Tayyip Erdogan a admis que la Turquie ne restera pas l’arme au pied si on lui demande de participer à de futures actions militaires. Bloomberg News a publié ceci :

«Le Président Recep Tayyip Erdogan a dit que son pays ne répèterait pas en Syrie la même erreur qu’il avait faite en Irak, quand il avait refusé la demande des États-Unis de rejoindre la coalition qui avait renversé Saddam Hussein.

«Nous ne voulons pas répéter la même erreur en Syrie», a dit le président, rappelant comment le parlement turc avait refusé une demande des États-Unis d’utiliser le territoire turc pour une invasion de l’Irak en 2003. «C’est important d’avoir une vue à long terme. Ce qui se passe en Syrie ne peut pas durer. À un moment, cela doit changer», a-t-il déclaré aux journalistes lorsqu’il est rentré de son voyage en Amérique latine, selon le quotidien Hurriyet.

Comme il est impossible de savoir si la Turquie, l’Arabie saoudite ou les États-Unis vont envahir la Syrie, il est clair, à leur réaction de panique à l’encerclement d’Alep, que ces trois pays alignent leurs ambitions régionales nettement plus du côté des djihadistes que de celui du gouvernement élu à Damas. Cette alliance tacite entre les miliciens et leurs sponsors en dit très long sur la crédibilité de la fausse guerre de Washington contre le terrorisme.

Finalement, en moins de cinq mois, les forces loyalistes soutenues par une très forte couverture aérienne russe, ont renversé l’équilibre des forces en Syrie, elles ont obligé des milliers de terroristes à s’enfuir de leurs bastions dans l’ouest du pays, elles ont ouvert la route au retour de millions de réfugiés et de personnes déplacées, et ont empêché ce plan vicieux pour redessiner le pays au mieux des intérêts géopolitiques de Washington.

La guerre est loin d’être terminée, mais on commence à voir que la stratégie de Poutine est en train de porter ses fruits.

Mike Whitney

Article original publié dans counterpunch.org

Traduit par Ludovic, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker Francophone.
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MessageSujet: Les Bérets verts sont-ils à la tête des YPG qui prennent la poche d’Azaz ?   Lun 22 Fév - 11:17

Les Bérets verts sont-ils à la tête des YPG qui prennent la poche d’Azaz ?

Le 16 février 2015 – Source Moon of Alabama

La prise de la poche d’Azaz par l’armée arabe syrienne et les troupes des YPG (Unités de protection du peuple) kurdes syriennes progresse bien. La poche, formée après que l’armée syrienne a réussi à se frayer un corridor jusqu’à la frontière turque à travers le territoire que tenaient les rebelles, entre la ville d’Alep et la frontière turque. L’objectif est maintenant de repousser vers le nord, en Turquie, toutes les forces soutenues par l’étranger qui sont encore dans cette poche (en vert sur la carte) et de prendre le contrôle de toute la frontière.



Le commandement syro-russe a décidé de laisser aux YPG (en jaune) le plaisir de nettoyer la poche pour narguer le président turc Erdogan. Erdogan a de sérieux problèmes de politique intérieure si les forces kurdes prennent le contrôle des parties de la Syrie que le Sultan wannabe (aspirant) Erdogan considère comme du sol néo-ottoman sacré. Son bouffon de la cour, le premier ministre Davutoglu, a annoncé que son pays ne permettrait pas que la ville d’Azaz tombe aux mains des combattants kurdes. Il va devoir manger beaucoup de chapeaux !

Les Turcs lancent des tirs d’artillerie depuis le nord de leur pays sur les positions kurdes dans la poche. Les forces spéciales turques sont probablement à proximité de la ligne de front et contrôlent le feu. Mais l’artillerie seule ne peut pas faire la différence. Les Kurdes ont le soutien aérien de l’armée de l’air russe, que la Turquie n’ose plus attaquer. Les Russes n’attaqueront pas l’artillerie turque parce que cela pourrait étendre la guerre. Les troupes kurdes vont devoir supporter le barrage d’artillerie pendant qu’elles repoussent les combattants par procuration des Turcs et de la CIA. Quelques mercenaires de la CIA sont arrivés en renfort à Idlib. Ils sont passés d’Idlib en Turquie et de Turquie dans la poche. La destruction de ces forces dans la poche d’Azaz facilitera grandement les futurs combats de l’armée syrienne à Idlib et ailleurs.

Les Turcs voient les Kurdes comme des terroristes et exigent que tout le monde partage leur point de vue. Les États-Unis ont refusé de le faire et plusieurs autres États ont protesté contre l’utilisation de l’artillerie turque contre les Kurdes. Les États-Unis considèrent les Kurdes syriens comme des amis. Dans l’est de la Syrie, ils ont aidé les Kurdes à chasser État islamique de Kobane. Il y a des forces spéciales américaines sur le terrain, à l’est de la Syrie, pour préparer les Kurdes en vue de nouvelles attaques contre l’État islamique. Elles font aussi office de Forward Air Controller (FAC) 1 pour diriger les frappes aériennes américaines.

Les Kurdes qui se battent dans la poche d’Azaz reçoivent aussi le soutien d’une armée professionnelle. Leurs mouvements sont très précis et contrôlés. Ils se coordonnent clairement avec l’armée syrienne. La coordination avec l’armée de l’air russe fonctionne bien ainsi que la coordination avec l’Armée syrienne pour le feu au sol. Ils se sont vraisemblablement mis d’accord sur la ligne de démarcation entre eux, il y a un certain temps. Cette image animée montre l’évolution dans la poche sur plusieurs jours. La ville de Kafr Naya, par exemple, a été d’abord prise par l’armée syrienne, mais ensuite l’armée s’en est retirée et les Kurdes ont immédiatement pris le relais. Des forces locales de Kafr Naya, anciennement rebelles, ont rejoint les Forces démocratiques syriennes, le nom utilisé par les États-Unis pour les YPG chaque fois que des forces arabes locales s’y rattachent.

Qui sont les soldats professionnels qui aident les YPG à prendre la poche d’Azaz?

J’ai d’abord pensé, bien sûr, au Spetsnaz russe. Mais j’ai demandé autour de moi et aucune de mes sources habituelles n’a pu le confirmer. Mes sources ont reconnu que les YPG de l’ouest de la Syrie avaient le soutien de forces spéciales, mais bizarrement, personne ne voulait dire qui étaient ces forces. Il est clair pour moi que ce ne sont pas des forces spéciales syriennes. Les YPG ne veulent pas apparaître comme un appendice du gouvernement syrien. Personne ne m’a dit que c’étaient des forces russes, même si cela n’aurait pas été très surprenant. Cela me conduit à supposer que des forces spéciales américaines dirigent les YPG dans la poche d’Azaz. Cela en coordination avec l’armée syrienne et les Russes.

Est-ce une idée tellement idiote ? Voyez vous-mêmes : les YPG kurdes syriens sont soutenus par l’armée des États-Unis. Ils ont reçu des armes et des munitions de l’armée des États-Unis et, au moins dans l’est, ils ont des forces spéciales militaires américaines embarquées avec eux. Ces troupes YPG soutenues par le Pentagone se battent actuellement dans la poche d’Azaz contre des combattants par procuration qui sont soutenus, équipés et payés par la CIA, les Saoudiens, les Turcs et d’autres alliés arabes des États-Unis. La CIA mène la danse. Le membre turc de l’OTAN bombarde les YPG soutenus par le Pentagone pour protéger les rebelles modérés soutenus par la CIA. Le directeur actuel de la CIA était autrefois le chef de poste de la CIA à Riyad et est très lié aux dirigeants saoudiens (et à ce qu’ils ont dans leurs poches ?).

En 2012, la Defense Intelligence Agency de l’armée avait averti les autorités de l’émergence d’une Principauté salafiste – État Islamique – en Syrie et en Irak. Elle avait mis en garde contre la poursuite de l’appui de la CIA aux rebelles. Mais le Pentagone a saboté les efforts de la Maison Blanche pour créer une autre force rebelle modérée pour attaquer État Islamique :

La résistance de l’armée date de l’été 2013, quand une étude hautement classifiée, réalisée par la Defense Intelligence Agency (DIA) et le Comité des chefs d’état-major interarmées, alors dirigé par le général Martin Dempsey, avait annoncé que la chute du régime Assad conduirait au chaos et, éventuellement, à la prise de contrôle de la Syrie par des extrémistes djihadistes, comme cela se passait alors en Libye. Un ancien conseiller haut placé du Comité des chefs d’état-major interarmées m’a dit que le document était une étude basée sur «toutes les sources disponibles» de renseignement, satellites et humaines, et qu’il avait vu d’un mauvais œil l’insistance de l’administration Obama à continuer à financer et armer les groupes rebelles soi-disant modérés. À l’époque, cela faisait déjà plus d’un an que la CIA conspirait avec ses alliés au Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et le Qatar pour envoyer en Syrie des armes et des marchandises – à utiliser pour le renversement du gouvernement Assad – depuis la Libye via la Turquie. Ce nouveau rapport du Renseignement avertissait que la Turquie serait un obstacle majeur à la politique d’Obama en Syrie. Le document montrait, selon le conseiller, que «ce qui avait commencé comme un programme américain secret pour armer et soutenir les rebelles modérés qui se battaient contre Assad avait été coopté par la Turquie et s’était transformé en un vaste programme d’aide technique, militaire et logistique systématique à l’ensemble de l’opposition, y compris Jabhat al-Nusra et État Islamique. Les soit-disant modérés s’étaient évaporés et l’Armée syrienne libre était un groupe croupion installé sur une base aérienne de Turquie».
De toute évidence, le Pentagone déteste le soutien de la CIA aux rebelles modérés. Le soutien de la CIA a nourri non seulement les rebelles, mais aussi al-Qaïda et État Islamique. Poursuivre dans cette voie entraînerait probablement l’avènement d’un gouvernement syrien radical contrôlé par al-Qaïda, et des années de dures expéditions militaires supplémentaires pour le chasser.

Les États-Unis ont plusieurs sortes de forces spéciales. Les célèbres SEALs ainsi que les Forces Delta de l’armée sont désormais principalement des défonceurs de porte. Ils mènent des raids nocturnes et des opérations dans le style des commandos SWAT. Les Army Rangers se sont eux aussi spécialisés dans l’entreprise sanglante de tuer les agriculteurs afghans. Les seules forces spéciales américaines qui sont bien formées et en mesure de mener une guérilla locale sont les Bérets Verts. Ce sont des gens très discrets qui opèrent en petites équipes et connaissent la langue et les habitudes locales.

Alors, qui aide les Kurdes ? Mon intuition est que ce ne sont pas les hommes verts polis du Spetsnaz russe, ceux qui ont permis à la population de la Crimée de rejoindre la Russie, qui aident maintenant les YPG. Je crois que le Pentagone a envoyé certains de ses propres citoyens verts aider les YPG à chasser de Syrie les djihadistes appuyés par la CIA. Cela en coordination étroite avec les forces syriennes et russes.

L’administration Obama a pour l’instant décidé d’accepter l’offre russe de tirer ses marrons du feu syrien. Mais elle ne veut pas que les Russes en retirent du mérite. Alors tandis que le Pentagone a fermement rejoint le camp russe il y a quelques années, les borgs 2 interventionnistes de la Maison Blanche s’apprêtent à changer à nouveau leur fusil d’épaule et à soutenir à nouveau la CIA, les Saoudiens et les Turcs dans leur ineptie de djihadistes modérés. Il vaudrait mieux que les Bérets verts, s’il y en a vraiment au nord-ouest de la Syrie, fassent vite et bien leur travail et battent les combattants par procuration de la CIA d’une manière décisive.

Ce qui précède est pure spéculation, fondée uniquement sur mon intuition personnelle, et je peux tout à fait me tromper. Cela ferait probablement un bon scénario de film. Mais est-ce que ça pourrait être vrai ? Le Pentagone a-t-il envoyé ses spécialistes pour aider les Syriens, les Russes et les Kurdes à expulser les djihadistes parrainés par la CIA ? Dites-moi ce que vous en pensez.

Traduction : Dominique Muselet

Note

Le terme FAC, appellation OTAN pour Forward Air Controller, désigne un contrôleur aérien avancé qui coordonne exclusivement les mouvements des aéronefs et leur feu sur la zone de combat, en fonction des mouvements des unités au sol (Wikipedia) ↩
Les Borgs ou le Collectif Borg sont, dans l’univers de fiction de Star Trek, des races de créatures cybernétiques. ↩
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