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 Jacques de MORLAY suite

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G PHOEBUS



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MessageSujet: Jacques de MORLAY suite   Ven 20 Jan - 18:03

Selon  ce  plan,  les  ordres  militaires  chrétiens,  le roi  de  Chypre,  l'aristocratie  chypriote  et 
du  royaume arménien de Cilicie et les Mongols du khanat des Houlagides (situé sur le territoire de l'Iran actuel), devaient coordonner leurs efforts.  D'ailleurs, en 1298 ou 1299, Jacques de Molay stoppa une invasion mamelouke avec une force militaire  en  Arménie,  sans  doute  à  cause  de  la  perte  de  Roche-Guillaume,  dernier  bastion  templier en Cilicie



Néanmoins, lorsque le khan mongol de Perse, Ghazan, remporta la troisième bataille de Homs en  décembre  1299  contre  les  troupes  mamelouks, le  camp  chrétien  ne  sut  pas  en  tirer  avantage.
 
En  1300

,  il  continue  de  fortifier  l'îlot  de  Rouad  en  face  de  Tortose  pour  en  faire  une  base  avancée en vue d'opérations combinées avec les mongols. Mais  les  mongols,  trop  occupés  par  leurs  guerres  tribales,  ne  pourront  jamais  s'allier  avec  les  chrétiens contre les mamelouks.

En  septembre  1302

,  les  Templiers  de  Rouad  sont  massacrés  par  les  mamelouks  égyptiens.    Jacques  de  Molay  abandonne  alors  cette  stratégie  de  l'alliance  mongole  qui  se  révèle  être  un  échec total.

En  1305

,  le  nouveau  pape  Clément  V,  sollicite  l'avis  des Maîtres  des  Ordres  religieux  pour  la  préparation d'une nouvelle croisade et sur un projet d'unification des Ordres.

Le  6  juin  1306

,  Clément  V  les  convoque  officiellement  à  Poitiers,  mais  à  cause  de  l'état  de  santé du pape, l'entrevue avec Jacques de Molay n'aura lieu qu'en mai 1307.  Comme   il   l'avait  déjà  mentionné  au  pape auparavant,    Jacques   de   Molay   refuse   catégoriquement ce projet d'union entre les Ordres.
Cette décision aura de lourdes conséquences pour l'avenir de l'Ordre du Temple.  D'abord, le Roi de France prend ombrage de cette décision, car elle perturbe ses ambitions, de plus  elle  met  à  mal  les  négociations  entre  Clément  V  et  Philippe  le  Bel  au  sujet  de  la  condamnation de la mémoire de Boniface VIII et enfin,  elle  perturbe  l'organisation  de  nouvelle  croisade. A  l'occasion  de  ce  voyage  en  occident,  Jacques  de  Molay  découvre  que  des  rumeurs  calomnieuses courent au sujet des Templiers. 
Philippe  le  Bel  et  ses  conseillers  vont  immédiatement  profiter  de  cette  faiblesse  et  établir  un  plan pour détruire cet Ordre intransigeant. 

Le 24 juin 1307

, Jacques de Molay est à Paris où il rencontre Philippe le Bel pour discuter des accusations portées contre l'Ordre.
 Il rentre à Poitiers, rassuré parla discussion avec Philippe le Bel, mais demande au pape qu'il diligente une
enquête pour laver l'Ordre de tout soupçon.

Le  24  Août  1307

, Clément  V  annonce  à  Jacques  de  Molay  qu'une  commission  d'enquête  est  mise en place.  Philippe  le  Bel  veut  précipiter  les  choses  pour  éviter  que  toute  l'affaire  qui  s'annonce  ne  reste  entre les mains du pape.
 
Le  vendredi  13  septembre  1307

,  Jacques  de  Molay  est  arrêté,  dans  la  maison  cheftaine  de  l'Ordre à Paris, où il se trouvait dans l'intention d'assister aux funérailles de Catherine de Valois, la belle-sœur du roi Philippe le Bel. 
Il est d’abord incarcéré au Temple de Paris (qui servira de prison parisienne pour les templiers de la capitale), puis au château royal de Chinon et enfin au château de Gisors.
 
Le  14  septembre  1307

,  Philippe  le  Bel,  aidé  par  Nogaret,  fait  transmettre  en  grand  secret  à  tous ses baillis et sénéchaux, un
ordre d'arrestation pour tous les Templiers du Royaume et la mise sous séquestre de tous leurs biens
Tous  les  Templiers  du  royaume  de  France  sont arrêtés.  Dans  quelques  commanderies,  les  Templiers  sont  massacrés  par  traîtrise,  car  les  gens  d'armes  royaux  craignent  de  devoir  affronter ces guerriers redoutables en combat loyal.

Le 24 octobre 1307

, un évènement étrange survient lors du premier interrogatoire de Jacques de Molay. Au lieu de nier les ac
cusations, il avoue certains faits et crédite ainsi la propagande royale contre l'Ordre.  Transféré au château de Chinon, avec plusieurs autres dignitaires de l'Ordre, comme Geoffroy de  Charney,  Hugues  de  Pairaud, 
Geoffroy  de  Gonneville,  Jacques  de  Molay  est  à  nouveau  interrogé par des agents royaux.
Pendant  plus  d'une  année, la  commission  pontificale  se  met  en  place  et  commence  ses  audiences.
Jacques de Molay ne pourra y déposer que deux fois vers la fin novembre 1309.  A  cette  occasion,  il  changea  de  stratégie  de  défense.  Il  veut  garder  le  silence  et  ne  s'en  remettre qu'au jugement du pape
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Olympe de G



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MessageSujet: Re: Jacques de MORLAY suite   Ven 20 Jan - 19:05



En  décembre  1307
,  Clément  V  envoie  des  cardinaux  à  Paris,  pour  interroger le  Maître  de  l'Ordre. Devant ceux-ci, Jacques de Molay révoque ses aveux.

En août 1308
, le bras de fer entre Philippe le Bel et Clément V, se conclut par un compromis entre les deux parties, concrétisé par la bulle « Faciens Misericordiam ». Par cette bulle, le pape se réserve le droit de juger les dignitaires dl'Ordre.
Au  château  de  Chinon,  où  il  est  interrogé  à  nouveau  par  les  cardinaux,  mais  cette  fois  en  présence d'agents royaux. Il réitéra à nouveau ses aveux du 24 octobre et reçut l'absolution de la commission de cardinaux, avant qu'un silence d'un an ne s'abatte sur son cas.

En 1309
, peu à peu, des commissions et des tribunaux d'inquisition se mirent en place.
En  novembre  1309
,  la  commission  pontificale  pour  le royaume  de  France  commença  ses  auditions.  À  deux  occasions,  le  26  et  le  28  novembre,  Jacques  de  Molay  déclara  explicitement  qu'il  n'admettait pas les accusations portées contre l'ordre.

En 1310
, plusieurs dizaines de Templiers veulent se présenter devant la commission pontificale pour témoigner en faveur de l'Ordre et ainsi mettre à mal tout l'acte d'accusation.


Le 10 mai 1310
, Ce mouvement de protestation est brisé net par la condamnation au bûcher de 54 Templiers, jugés comme relaps par Philippe de Marigny. De plus, les meneurs de ce mouvement de protestation disparaissent des geôles de Philippe le Bel sans laisser de traces.


Le  22  mars  1312
,  Clément  V  annonce  officiellement  l'abolition  de  l'Ordre  du  Temple  lors  du  Concile de Vienne. Malgré  sa  volonté  et  ses  demandes  insistantes  auprès  de  ses  geôliers,  Jacques  de  Molay  continue de croupir en prison sans pouvoir être reçu par le pape.

 En décembre 1313
, ce dernier consent néanmoins à envoyer 3 cardinaux à Paris, pour statuer sur le sort des dignitaires. 

En  mars  1314
,  arrivés  à  Paris  le  verdict  des  trois  cardinaux  est  sans  appel,  les  dignitaires  de  l'Ordre son condamnés à la prison à vie. Jacques  de  Molay  et  Geoffroy  de  Charnay  s'insurgent  avec  véhémence  contre ce verdict,  comprenant qu'ils ont été joués depuis le début par un pape qui ne voulait pas les entendre.  
Ils  révoquent  tous  les  deux  les  aveux  faits  et  proclament  l'Ordre  innocent  de  toutes  les  accusations portées contre lui. Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont aussitôt reconnus comme relaps etcondamnés
et livrés par Philippe le Bel  au bras séculier.  Un bûcher est installé le jour même sur l’île aux juifs, (actuel square du Vert Galant »), sur la Seine, qui devait son nom aux nombreux juifs qu'on y avait fait brûler.

Au soir du 18 mars 1314
, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont livrés aux flammes,  

Selon le témoignage du chroniqueur Geoffroy de Paris, Jacques de Molay est mort dignement,
sur le bucher  « Le maître, qui vit le feu prêt, s'est dépouillé immédiatement et se mit tout nu en sa chemise.
Il ne trembla à aucun moment, bien qu'on le tire et bouscule.  
Ils l'ont pris pour le lier au poteau et lui, souriant et joyeux, se laisse faire.

Ils lui attachent les mains, mais il leur dit :  
«
Dieu sait qui a tort et a péché et le malheur s'abattra bientôt sur ceux qui nous condamnent à tort.
Dieu  vengera  notre  mort.  Seigneur  sachez  que,  en  vérité,  tous  ceux  qui  nous  sont  contraires
par nous auront à souffrir
».  

Une autre version est rapportée par
le chroniqueur Geoffroy de Paris :
«  Pape  Clément...  Chevalier  Guillaume  de  Nogaret...  roi  Philippe...avant  un  an,  je  vous  cite  à  
paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment !Maudits ! Maudits ! Vous serez tous
maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !... »


“N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.”
E Cioran
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Olympe de G



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MessageSujet: Re: Jacques de MORLAY suite   Ven 20 Jan - 19:38

Les Rois Maudits





Le sang des templiers 1




“N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.”
E Cioran
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G PHOEBUS



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MessageSujet: Re: Jacques de MORLAY suite   Sam 18 Fév - 11:42


Du supplice des templiers et de l’extinction de cet ordre.




Du supplice des templiers et de l’extinction de cet ordre.

Parmi les contradictions qui entrent dans le gouvernement de ce monde, ce n’en est pas une petite que cette institution de moines armés qui font vœu de vivre à la fois en anachorètes et en soldats.

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G PHOEBUS



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MessageSujet: Re: Jacques de MORLAY suite   Sam 18 Fév - 12:04

On accusait les templiers de réunir tout ce qu’on reprochait à ces deux professions :
les débauches et la cruauté du guerrier, et l’insatiable passion d’acquérir, qu’on impute à ces grands ordres qui ont fait vœu de pauvreté. Tandis qu’ils goûtaient le fruit de leurs travaux, ainsi que les chevaliers hospitaliers de saint Jean, l’ordre teutonique formé comme eux dans la Palestine, s’emparait au treizième siècle de la Prusse, de la Livonie, de la Courlande, de la Samogitie. Ces chevaliers teutons étaient accusés de réduire les ecclésiastiques comme les païens à l’esclavage, de piller leurs biens, d’usurper les droits des évêques, d’exercer un brigandage horrible ; mais on ne fait point le procès à des conquérants. Les templiers excitèrent l’envie, parce qu’ils vivaient chez leurs compatriotes avec tout l’orgueil que donne l’opulence, et dans les plaisirs effrénés que prennent des gens de guerre qui ne sont point retenus par le frein du mariage. La rigueur des impôts, et la malversation du conseil du roi Philippe le Bel dans les monnaies, excita une sédition dans Paris. Les templiers, qui avaient en garde le trésor du roi, furent accusés d’avoir eu part à la mutinerie ; et on a vu déjà que Philippe le Bel était implacable dans ses vengeances.

Les premiers accusateurs de cet ordre furent un bourgeois de Béziers, nommé Squin
De Florian, et Noffo Dei Florentin, templier apostat, détenus tous deux en prison pour leurs crimes. Ils demandèrent à être conduits devant le roi, à qui seul ils voulaient révéler des choses importantes. S’ils n’avaient pas su quelle était l’indignation du roi contre les templiers, auraient-ils espéré leur grâce en les accusant ? Ils furent écoutés. Le roi sur leur déposition ordonne à tous les baillis du royaume, à tous les officiers, de prendre main forte, leur envoie un ordre cacheté, avec défense, sous peine de la vie, de l’ouvrir avant le 13 octobre. Ce jour venu, chacun ouvre son ordre ; il portait de mettre en prison tous les templiers. Tous sont arrêtés. Le roi aussitôt fait saisir en son nom les biens des chevaliers jusqu’à ce qu’on en dispose. Il paraît évident que leur perte était résolue très longtemps avant cet éclat. L’accusation et l’emprisonnement sont de 1309 mais on a retrouvé des lettres de Philippe le Bel au comte de Flandres, datées de Melun 1306 par lesquelles il le priait de se joindre à lui pour extirper les templiers.

Il fallait juger ce prodigieux nombre d’accusés. Le pape Clément V créature de
Philippe,et qui demeurait alors à Poitiers, se joint à lui après quelques disputes sur le droit que l’église avait d’exterminer ces religieux, et le droit du roi de punir des sujets. Le pape interrogea lui-même soixante et douze chevaliers ; des inquisiteurs, des commissaires délégués procèdent partout contre les autres. Les bulles sont envoyées chez tous les potentats de l’Europe pour les exciter à imiter la France. On s’y conforme en Castille, en Aragon, en Sicile, en Angleterre ; mais ce ne fut qu’en France qu’on fit périr ces malheureux. Deux cent et un témoins les accusèrent de renier Jésus-Christ en entrant dans l’ordre, de cracher sur la croix, d’adorer une tête dorée montée sur quatre pieds. Le novice baisait le profès qui le recevait, à la bouche, au nombril, et à des parties qui paraissent peu destinées à cet usage. Il jurait de s’abandonner à ses confrères. Voilà, disent les informations conservées jusqu’à nos jours, ce qu’avouèrent soixante et douze templiers au pape même, et cent quarante et un de ces accusés à frère Guillaume cordelier inquisiteur dans Paris, en présence de témoins. On ajoute que le grand-maître de l’ordre même, le grand-maître de Chypre, les maîtres de France, de Poitou, de Vienne, de Normandie, firent les mêmes aveux à trois cardinaux délégués par le pape.

Ce qui est indubitable, c’est qu’on fit subir les tortures les plus cruelles à plus de
cent chevaliers, qu’on en brûla vifs cinquante-neuf en un jour près de l’abbaye saint Antoine de Paris, et que le grand-maître Jean de Molay, et Gui frère du dauphin d’Auvergne, deux des principaux seigneurs de l’Europe, l’un par sa dignité, l’autre par sa naissance, furent aussi jetés vifs dans les flammes à l’endroit où est à présent la statue équestre du roi Henri IV. Ces supplices dans lesquels on fait mourir tant de citoyens d’ailleurs respectables, cette foule de témoins contre eux, ces nombreuses dépositions des accusés mêmes, semblent des preuves de leur crime, et de la justice de leur perte. Mais aussi que de raisons en leur faveur !

*Premièrement, de tous ces témoins qui déposent contre les templiers, la plupart n’articulent que de vagues accusations.
*Secondement, très peu disent que les templiers reniaient Jésus-Christ. Qu’auraient-ils en effet gagné en maudissant une religion qui les nourrissait, et pour laquelle ils combattaient ?
*Troisièmement, que plusieurs d’entre eux, témoins et complices des débauches des princes, et des ecclésiastiques de ce temps-là, eussent marqué quelquefois du mépris pour les abus d’une religion tant déshonorée en Asie, et en Europe ; qu’ils en eussent parlé dans des moments de liberté, comme on disait que Boniface VIII en parlait ; c’est un emportement de jeunes gens dont certainement l’ordre n’est point comptable. *Quatrièmement, cette tête dorée qu’on prétend qu’ils adoraient, et qu’on gardait à Marseille, devait leur être représentée. On ne se mit seulement pas en peine de la chercher, et il faut avouer qu’une telle accusation se détruit d’elle-même.
*Cinquièmement la manière infâme dont on leur reprochait d’être reçus dans l’ordre, ne peut avoir passé en loi parmi eux. C’est mal connaître les hommes de croire qu’il y ait des sociétés qui se soutiennent par les mauvaises mœurs, et qui fassent une loi de l’impudicité. On veut toujours rendre sa société respectable à qui veut y entrer. Je ne doute nullement que plusieurs jeunes templiers ne s’abandonnassent à des excès qui de tout temps ont été le partage de la jeunesse ; et ce sont de ces vices qu’il vaut beaucoup mieux ignorer que punir.
*Sixièmement, si tant de témoins ont déposé contre les templiers, il y eut aussi beaucoup de témoignages étrangers en faveur de l’ordre.
*Septièmement, si les accusés vaincus par les tourments qui font dire le mensonge comme la vérité, ont confessé tant de crimes, peut-être ces aveux sont-ils autant à la honte des juges qu’à celle des chevaliers. On leur promettait leur grâce pour extorquer leur confession.
*Huitièmement, les cinquante-neuf qu’on brûla vifs, prirent Dieu à témoin de leur innocence, et ne voulurent point la vie qu’on leur offrait à condition de s’avouer coupables.
*Neuvièmement, soixante et quatorze templiers non accusés entreprirent de défendre l’ordre, et ne furent point écoutés.
*Dixièmement, lorsqu’on lut au grand-maître sa confession rédigée devant les trois cardinaux, ce vieux guerrier qui ne savait ni lire ni écrire, s’écria qu’on l’avait trompé, que l’on avait écrit une autre déposition que la sienne, que les cardinaux ministres de cette perfidie, méritaient qu’on les punit, comme les turcs punissent les faussaires en leur fendant le corps et la tête en deux.
*Onzièmement, on eût accordé la vie à ce grand-maître, et à Gui frère du dauphin d’Auvergne, s’ils avaient voulu se reconnaître coupables publiquement, et on ne les brûla que parce qu’appelés en présence du peuple sur un échafaud pour avouer les crimes de l’ordre, ils jurèrent que l’ordre était innocent. Cette déclaration qui indigna le roi, leur attira leur supplice, et ils moururent en invoquant en vain la vengeance céleste contre leurs persécuteurs.

Cependant, en conséquence de la bulle du pape et de leurs grands biens, on poursuivit
les templiers dans toute l’Europe, mais en Allemagne ils surent empêcher qu’on ne saisit leurs personnes. Ils soutinrent en Aragon des siéges dans leurs châteaux. Enfin le pape abolit l’ordre de sa seule autorité, dans un consistoire secret, pendant le concile de Vienne. Partagea qui put leurs dépouilles. Les rois de Castille et d’Aragon s’emparèrent d’une partie de leurs biens, et en firent part aux chevaliers de Calatrava. On donna les terres de l’ordre en France, en Italie, en Angleterre, en Allemagne, aux hospitaliers nommés alors chevaliers de Rhodes, parce qu’ils venaient de prendre cette île sur les turcs, et l’avaient su garder avec un courage qui méritait au moins les dépouilles des chevaliers du temple pour leur récompense. Denis roi de Portugal institua en leur place l’ordre des chevaliers du Christ, ordre qui devait combattre les maures, mais qui étant devenu depuis un vain honneur, a cessé même d’être honneur à force d’être prodigué.

Philippe le Bel se fit donner deux cent mille livres, et Louis Hutin son fils prit encore soixante mille livres sur les biens des templiers. Le sincère et l’exact Dupuis dit que le pape ne s’oublia pas dans le partage. Il faut considérer un événement qui se passait dans le même temps, qui fait plus d’honneur à la nature humaine, et qui a fondé une république invincible.

Publié dans:L'ordre des Templiers |on 17 avril, 2007
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