Royaume de FRANCE

politique
 
AccueilAccueil  PORTAILPORTAIL  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Catherine SÉGURANE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jeane



Féminin Nombre de messages : 26
Localisation : France

MessageSujet: Catherine SÉGURANE   Sam 14 Jan - 13:54


En dehors de l'épisode du siège de Nice, aucun document n'existe sur Catherine Ségurane. Elle est vraisemblablement une « bugadiera » (ou lavandière) vivant à Nice au XVIe siècle, et serait fille de pêcheur. Sa date de naissance reste mystérieuse. L'historien du XIXe siècle Louis Durante indique qu'elle est née en 1506 « de parents obscurs, vivant de leur travail » mais il est peu vraisemblable qu'il ait eu pour affirmer cela connaissance de documents que tout le monde ignore. Jean-Baptiste Toselli parle du « commencement du XVIe siècle ».

Décrite comme femme du peuple et fille des faubourgs, elle est surnommée Maufaccia ou Maufacha, en conséquence de quoi l'idée s'est installée qu'elle était plutôt laide. Toutefois rien ne l'affirme, ce surnom pourrait simplement provenir de ses airs plus virils que féminins et de son caractère impétueux .

L'histoire


Le 15 août 1543, le château de Nice et la ville sont sous le feu de cent-vingt galères franco-ottomanes placées sous le commandement de Barberousse et sorties dès les premières heures du matin de la rade de Villefranche. Sur terre, quatre batteries ciblent la ville. Dans le même temps, les troupes franco-turques donnent l'assaut à la porte Pairolière (située au sud-ouest de l'actuelle place Garibaldi) puis à la tour Sincaïre. Les soldats turcs parviennent à se hisser jusqu'au sommet de la tour et l'un d'entre eux agite en signe de victoire un étendard vert frappé d'un croissant d'or. D'autres sources indiquent qu'il s'agit d'un drapeau rouge avec un croissant d'or. Il se dirige pour le planter sur le rempart quand Catherine Ségurane, alors selon certains auteurs en pleine fureur et poussant un « cri sauvage », surgit, entraînant derrière elle quelques soldats. Elle brandit son battoir à linge avec lequel elle assène un coup violent sur la tête du janissaire. Celui-ci aurait été tué sur le coup, le crâne fracassé, ou selon d'autres sources, il aurait été simplement assommé. Elle lui arrache alors son drapeau, en brise la hampe et en déchire le tissu. Enfin, elle aurait jeté en leur direction l'étendard mis en pièces, en signe « de bravade et de mépris ». Toutefois, à l'occasion de la commémoration du 15 août 1855, il est expliqué qu'elle jeta le drapeau turc dans la mer. D'autre part, certains ouvrages parlent de plusieurs combattants turcs assommés à coups de battoir par Catherine Ségurane puis repoussés en bas des remparts. Tous notent qu'elle parvient à galvaniser la résistance niçoise.
Même si la ville se retrouve par la suite ravagée par les assaillants, le château, lui, résiste jusqu'à l'arrivée des troupes du duc de Savoie Charles III, le 9 septembre 1543, qui délivre les Niçois en provoquant le départ précipité de l'armée franco-turque.
Il est parfois relaté qu'en plus de son acte de bravoure, Catherine Ségurane aurait dévoilé une « partie charnue » de son anatomie, et se serait essuyée avec le drapeau de l'ennemi. Ce geste provocateur, surtout pour des musulmans, aurait finalement mis en fuite les assaillants. Jean-Baptiste Toselli explique que la légende à propos de ce geste fut inventée par le chroniqueur niçois Scalier au XIXe siècle, puis qu'elle a été selon lui reprise par ceux qui voulaient remettre en cause l'existence de Catherine Ségurane afin de contribuer à ôter tout crédit au récit qui lui est associé.

 Légende? ou probabilité des faits ?


L'existence de Catherine Ségurane est contestée, certains lui attribuant seulement un caractère légendaire. Il est ainsi avancé qu'aucun témoin oculaire du siège de Nice n'ait relaté l'intervention de la lavandière. Par exemple, Jean Badat (1516-1567), historien témoin du siège ne mentionne pas sa participation dans sa Chronique niçoise. De plus, Pierre Lambert, président de la Chambre des comptes des ducs de Savoie et présent à Nice au moment du siège, n'évoque pas non plus Catherine Ségurane dans son Journal qui fait le récit des événements d'août 1543 dans la ville.
Pour les défenseurs de l'existence de Catherine Ségurane comme Henri Sappia, si Jean Badat et Pierre Lambert n'ont pas mentionné son nom dans leurs récits, c'est que bien que témoins du siège, ils n'ont pas eu connaissance de tous les actes héroïques accomplis par les Niçois, et leurs chroniques n'avaient pas vocation à être exhaustives. En outre, lors du siège, les femmes étaient nombreuses à être présentes sur les remparts, et donc si l'une d'entre elles a accompli un acte de bravoure, cela n'est somme toute que naturel, ce qui n'aurait pas retenu l'attention des auteurs. Jean Badat n'a pas non plus parlé d'évènements pourtant assurés, telle que la prise de trois drapeaux ottomans.
Par ailleurs, pour Henri Sappia, si l'hommage à Catherine Ségurane a mis du temps à être rendu, c'est parce qu'elle était une « fille obscure du peuple, en un temps où seules les actions des grands étaient notées et magnifiées ». De plus, il faut du temps avant qu'un héros ne soit reconnu comme tel. D'autant plus que lors du siège, toute la population fit un immense effort pour contenir les assauts franco-turcs, ce qui aurait donné l'impression à chacun d'avoir eu sa part de gloire et de bravoure, empêchant par la suite les auteurs contemporains des faits de célébrer les plus héroïques.
Concernant les archives municipales, épiscopales et celles des congrégations religieuses, elles avaient en grande partie été dispersées et même éliminées lors de l'annexion par la Première République française en 1793. Ceci pourrait expliquer pourquoi on ne retrouve plus trace de Catherine Ségurane dans ces documents. Toutefois, le nom seguran est souvent rencontré dans les registres paroissiaux niçois de l'époque.

En 1877, Jules Bessi, sous-archiviste du département des Alpes-Maritimes, dans son ouvrage Notices sur Ségurana publie un extrait du Manuscrit textuel du Journal authentique du Siège de Nice, censé être écrit en 1543 et dans lequel est mentionné le nom « Ségurana »

Citation :
« Du côté de terre, même cannonade : les turcs et les françoys mêlés ensemble donnaient trois assaults à la brèche du bastion de la Peyrolière jusqu'au-delà de la tour des Cinq Quayre ou Quinquangle, où combattait Ségurana, et si terriblement, que sans l'aide de Dieu qui ne voulait pas laisser répandre le sang de ses fidèles par de tels chiens, il est à croire que facilement ils fussent entrés »

Le premier écrivain parlant de Catherine Ségurane sous le surnom de Donna Maufaccia, est, en 1608, Honoré Pastorelli, maire de la ville de Nice de 1604 à 1611. Il prononce sur elle, le 30 août 1608, un discours à la cathédrale de Nice, en présence d'un grand nombre de citoyens niçois, dont quelques-uns avaient été certainement témoins oculaires de cet acte de bravoure, ou tout au moins en avaient eu connaissance par leurs parents. Honoré Pastorelli n'était pas encore né en 1543, mais à cette date son père et sa famille vivaient à Nice. Le fait de Catherine Ségurane pourrait donc être appuyé par la quasi-contemporanéité d'Honoré Pastorelli. Un fait de si haute importance n'aurait pas été cru par les Niçois soixante-cinq ans après la date où il s'était produit, s'il n'avait été de notoriété publique.

Buste à la porte Pairolière






Peu après les faits, un buste de Catherine Ségurane en marbre blanc, sculpté de façon sommaire, fut installé sur la porte Pairolière avec sur le socle l'inscription suivante en latin : « 1543 Catarina Segurana Dicta Donna Maufaccia » ; et sur une autre plaque : « Nicaena amazon irruentibus Turcis occurit Ereptoque vexillo Triumphum meruit 1543 ». La porte Pairolière fut détruite en 1780 et le buste aurait alors rejoint la bibliothèque de l'Hôtel de ville.

Il n'y a pas de date précise mentionnée pour l'installation du buste sur la porte, mais on peut en avoir une idée grâce au sénateur conseiller niçois Antoine Fighiera. Ce dernier relate en 1634, dans ses mémoires conservées aux archives générales du Piémont à Turin, l'épisode impliquant Catherine Ségurane, et mentionne l'existence du buste. Il avait environ soixante ans lorsqu'il écrit ses mémoires et il indique ne pas se rappeler avoir vu élever le monument à la gloire de la lavandière. La pose de ce buste remonterait donc au moins à l'année 1574. Il aurait ainsi été érigé une trentaine d'années au plus tard après l'acte de bravoure de Catherine Ségurane, c'est-à-dire lorsqu'un grand nombre de ses contemporains, témoins de son héroïsme, étaient encore en vie. De plus, les registres des Délibérations du conseil de ville que possède l'Acadèmia Nissarda remontent jusqu'en 1580, et comme il n'est nulle part mentionné l'existence du buste, celui-ci a très probablement été élevé avant, ce qui confirmerait la démonstration précédente.

L'écrivain Jules Torrini (1607-1678) fait mention de l'héroïne dans son ouvrage Omaggio del Paglione publié en 164217. L'historien Pierre Gioffredo (1626-1692) parle de donna Maufacchia dans son Histoire des Alpes-Maritimes lorsqu'il aborde l'histoire du siège de Nice de 1543. Il indique comme sources Honoré Pastorelli et la tradition. En 1713, l'abbé Alziari, chanoine du chapitre de Sainte-Réparate, prononce un discours à l'occasion de la célébration du traité d'Utrecht. Il y est fait mention (en italien) de « l'illustre Segurana, nizzarda eroïna ».



*
Revenir en haut Aller en bas
Favorite



Féminin Nombre de messages : 19
Localisation : ville rose

MessageSujet: Re: Catherine SÉGURANE   Dim 22 Jan - 12:43

Merci pour la mise en lumière de cette valeureuse personne qui m'était complètement inconnue .
Revenir en haut Aller en bas
 
Catherine SÉGURANE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Royaume de FRANCE :: forum général :: Biographies-
Sauter vers: