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 Charles Perrault -homme de lettres

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Jeane



Féminin Nombre de messages : 14
Localisation : France

MessageSujet: Charles Perrault -homme de lettres   Mar 10 Jan - 18:51










Charles Perrault est né en 1628 et mort en 1703. Contrôleur général des bâtiments du roi, il est mêlé aux choses littéraires de son siècle par fameuse "querelle des Anciens et des Modernes". Jusqu'alors, la conception littéraire était dominée, depuis la Renaissance, par le sentiment de la supériorité des auteurs de l'Antiquité grecs et latins. L'idéal esthétique du classicisme était fondé, sur le principe de l'imitation des modèles, réputés indépassables, de la littérature antique.

En tant qu'écrivain, il contribue à mettre au goût du jour le genre littéraire des contes de fées. et acquiert dans la littérature universelle une place de choix. Son œuvre est de dimensions extrêmement réduites car ses Contes de ma mère l'Oye ou Histoires et contes du temps passé (1697), forment un recueil de huit contes merveilleux tous issus du folklore populaire national.

Transmis principalement par les femmes, nourris en partie de l'imaginaire médiéval légendaire, chevaleresque et courtois, de textes narratifs de la Renaissance italienne, ces contes sont totalement étrangers à la tradition littéraire de l'Antiquité. Leur publication constitue une pièce essentielle dans le combat qu'il mène en faveur des Modernes. Leur style est simple, naïf sans pour autant manquer de finesse. La plume et alerte. Ils sont écrits en prose.

Ils sont prétendument destinés aux enfants. Cette subversion du genre, procédé qui est inauguré par Perrault, est repris après lui aux siècles suivants. Elle répondait à une visée idéologique: la langue des contes était considérée comme la langue des nourrices, et donc, métaphoriquement, comme la langue maternelle de la France.

Les contes adaptés littérairement par Perrault n'appartenaient aucunement, en réalité, à la littérature enfantine, mais à une littérature orale, mouvante, destinée aux adultes des communautés villageoises, faits pour être lus le soir, à la veillée. Le passage des contes à la culture, écrite et savante, implique un processus de transformation, paradoxalement aussi profond que peu visible à première vue. Qui sait aujourd'hui que le Petit Chaperon rouge des versions orales dévorait la chair de sa mère-grand, et s'abreuvait de son sang? Qui sait que Cendrillon jetait du sel dans la cendre en faisant croire qu'elle avait des poux afin qu'on la laisse tranquille?

Les Contes de Perrault sont le résultat d'une censure assez nette de tous les éléments et des motifs qui, dans la version originale, pouvaient choquer ou simplement ne pas être compris par un public mondain. Mais Perrault ne se contente pas de retrancher ce que les contes pouvaient avoir de vulgaire; il transforme le récit et l'adapte à la société de son temps, ajoutant des glaces et des parquets au logis de Cendrillon, restituant l'action du Petit Poucet à l'époque de la grande famine de 1693. Parallèlement, il les teinte d'un humour spirituel, agrémente le récit de plaisanteries parfois piquantes, destinées à ne pas prendre le merveilleux des contes trop au sérieux, déclarant par exemple que l'ogresse de la Belle au bois dormant veut manger la petite Aurore à la sauce Robert, que le prince et sa belle ne dormirent pas beaucoup après leurs retrouvailles, ou encore que les bottes du Chat botté n'étaient pas très commodes pour marcher sur les tuiles des toits. Ce faisant, il adapte son style à l'idée qu'il veut donner des Contes de ma mère l'Oye, multipliant les archaïsmes et les tournures vieillies, utilisant le dialogue, le présent de narration ou le jeu des formulettes («Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir?»; «Ma mère-grand, comme vous avez de grands bras»), qui rappellent l'origine orale des contes et leur vivacité. Intégrant les éléments populaires du conte à une trame romanesque, multipliant les signes d'une pseudo-oralité, ainsi que ceux d'une fausse innocence, Perrault transforme le conte populaire, en réalisant un des chefs-d'œuvre de la littérature universelle, et sauve de l'oubli les huit récits traditionnels, aujourd'hui célébrissimes, qui composent son recueil.


Charles PERRAULT Élu  Académicien en 1671 au fauteuil 23  


Frère de Claude Perrault, l’architecte du Louvre, favori et protégé de Colbert, il fut secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions, après avoir fait partie avec Chapelain, Cassagne, l’abbé Bourzeys et Charpentier du Comité des Devises et Médailles, berceau de cette académie, dont il fut exclu à la mort de Colbert par Louvois qui le remplaça par Félibien. Elle comprenait alors trois autres membres Charpentier, l’abbé Tallemant et Quinault.
À l’Académie française, il retira sa candidature au siège de Gilles Boileau, en 1669. Il y fut nommé en 1671, en remplacement de Montigny, et reçu le 23 novembre par Chapelain ; le discours de réception qu’il prononça plut beaucoup à l’Académie qui décida de rendre publiques les séances de réception. Il fut à l’Académie le porte-parole de Colbert ; il fit décider l’élection des académiciens au scrutin, l’établissement des jetons de présence et prit part à la fondation de l’Académie des Beaux-Arts. Il écrivit l’Épître dédicatoire de la première édition du Dictionnaire, harangua la veuve du chancelier avant de quitter l’hôtel Séguier, en 1672, et Louis XIV au retour de la guerre de Hollande en 1672 et après la prise de Cambrai, en 1678. Il fut un des commissaires pour juger le cas de Furetière, reçut Caumartin et L. De Sacy. L’un des chefs des modernes, il écrivit un poème, Le Siècle de Louis le Grand et un Parallèle entre les anciens et les modernes : à la réception de la Chapelle, qui appartenait au groupe des anciens et qui avait battu un autre chef des modernes, Fontenelle, Charles Perrault donna lecture de son Épître au Génie, dans laquelle il exaltait Corneille et louait son neveu. Il fut le dernier élu sous le protectorat de Séguier.
Il a laissé des poèmes, des poésies et des Mémoires. Mais son titre de gloire aux yeux de la postérité est le livre célèbre des Contes de Fées. Le bibliophile Jacob entre autres en a publié une édition avec Notice.
Mort le 16 mai 1703.

http://feeclochette.chez.com/perrault.htm
http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/charles-perrault



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Jeane



Féminin Nombre de messages : 14
Localisation : France

MessageSujet: Le petit chaperon rouge   Jeu 12 Jan - 21:49

LE PETIT CHAPERON ROUGE

IL ÉTAIT
UNE FOIS...
... une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en
était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui
fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout
on l’appelait le petit Chaperon rouge. Un jour, sa mère ayant cuit et
fait  des  galettes,  lui  dit  :  «  Va  voir  comme  se  porte  ta  mère-grand,  
car  on  m’a  dit  qu’elle  était  malade,  porte-lui  une  galette  et  ce  petit  
pot  de  beurre.  »  Le  petit  Chaperon  rouge  partit  aussitôt  pour  aller  
chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre village. En passant
dans un bois, elle rencontra compère le Loup, qui eut bien envie de
la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient
dans  la  forêt.  Il  lui  demanda  où  elle  allait  ;  la  pauvre  enfant,  qui  
ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui
dit : « Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette avec un
petit  pot  de  beurre  que  ma  mère  lui  envoie.  –  Demeure-t-elle  bien  
loin  ?  lui  dit  le  Loup.  –  Oh  !  oui,  dit  le  petit  Chaperon  rouge,  c’est  
par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, là-bas, à la première
maison du village. – Eh bien, dit le Loup, je veux l’aller voir aussi ;
 LE PETIT CHAPERON ROUGE
je  m’y  en  vais  par  ce  chemin-ici,  et  toi  par  ce  chemin-là,  et  nous  
verrons qui plus tôt y sera. »
Le Loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus
court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant
à  cueillir  des  noisettes,  à  courir  après  des  papillons,  et  à  faire  des  
bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.
Le Loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mère-grand ;
il heurte
: Toc, toc. « Qui est là ? – C’est votre fille le petit Chaperon
rouge  (dit  le  Loup,  en  contrefaisant  sa  voix)  qui  vous  apporte  une  
galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. » La bonne
mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu
mal, lui cria : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. »
Le Loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne
femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours
qu’il n’avait mangé. Ensuite il ferma la porte, et s’alla coucher dans
le  lit  de  la  mère-grand,  en  attendant  le  petit  Chaperon  rouge,  qui  
quelque temps après vint heurter à la porte : toc, toc. « Qui est là ? »
Le petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du Loup eut peur
d’abord, mais croyant que sa mère-grand était enrhumée, répondit :
«  C’est  votre  fille  le  petit  Chaperon  rouge,  qui  vous  apporte  une  
galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. »
Le Loup lui cria, en adoucissant, un peu sa voix : « Tire la chevillette,
la bobinette cherra. » Le petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la
porte s’ouvrit. Le Loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le
lit sous la couverture : « Mets la galette et le petit pot de beurre sur
la huche, et viens te coucher avec moi. » Le petit Chaperon rouge se
déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir
LE PETIT CHAPERON ROUGE
comment  sa  mère-grand  était  faite  en  son  déshabillé.  Elle  lui  dit  :  
« Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ! – C’est pour mieux
t’embrasser, ma fille. – Ma mère-grand, que vous avez de grandes
jambes ! – C’est pour mieux courir, mon enfant. – Ma mère-grand,
que vous avez de grandes oreilles ! – C’est pour mieux écouter, mon
enfant.  –  Ma  mère-grand,  que  vous  avez  de  grands  yeux  !  –  C’est  
pour  mieux  voir,  mon  enfant.  –  Ma  mère-grand,  que  vous  avez  de  
grandes dents ! – C’est pour te manger. »
Et en disant ces mots, ce méchant loup se jeta sur le petit Chaperon
rouge, et la mangea.

MORALITÉ

On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles  Belles, bien
faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le loup mange.
Je dis le loup, car tous les loups  
Ne sont pas de la même sorte ;  
Il en est d’une humeur accorte,  
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,  
Qui privés, complaisants et doux,  
Suivent les jeunes demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;  
Mais hélas ! qui ne sait que ces loups doucereux,
De tous les loups sont les plus dangereux


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