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 CHINE

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Olympe de G

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MessageSujet: CHINE   Dim 6 Mar - 19:47




14 septembre 1793

Macartney en ambassade auprès de Qianlong




Le 14 septembre 1793, dans son campement de Jehol (aujourd'hui Chengde), aux limites de la Mongolie, où il a coutume de passer l'été, l'empereur Qianlong s'apprête à recevoir quelques ambassades de tributaires. Parmi eux des Kalmouks venus de la Volga, des Mongols ou encore des Birmans.
L'auguste empereur (83 ans) fait à peine attention à une ambassade inédite, venue de la lointaine Angleterre et conduite par sir George Macartney (56 ans). À la différence des autres délégations, celle-ci s'abstient de la prosternation rituelle, le kotow, qui implique de se pencher plusieurs fois jusqu'à toucher le sol du front.
George Macartney et ses accompagnateurs s'en tiennent à une banale génuflexion. C'est le début d'un malentendu de première grandeur entre l'«Empire du Milieu» (330 millions d'habitants) et la Grande-Bretagne (8 millions d'habitants).

Objectif : la suprématie mondiale
George Macartney, ancien gouverneur de Madras, a plaidé auprès du Premier ministre anglais William Pitt l'intérêt d'une mission commerciale en Chine, la première de mémoire d'Européen (Portugais, Russes et Hollandais ont déjà envoyé des ambassades à Pékin mais sans aucun résultat qui vaille).
Le Premier ministre se laisse convaincre bien qu'il ait à gérer en même temps la guerre contre la France de la Révolution.
C'est qu'il perçoit l'enjeu de cette mission, sur le moyen et le long terme : d'une part, l'Angleterre a besoin de trouver de nouveaux débouchés commerciaux sur le marché chinois pour compenser ses achats de «chinoiseries» (soieries, porcelaines...) et surtout de thé ; d'autre part, elle doit asseooir sa suprématie mondiale grâce à la maîtrise des mers et, donc, des échanges commerciaux.
En attendant, la Compagnie anglaise des Indes occidentales, qui gère les intérêts anglais aux Indes, n'a rien trouvé de mieux que de vendre aux Chinois de l'opium fabriqué à partir du pavot cultivé aux Indes...
Macartney quitte Plymouth le 26 septembre 1792 avec sept cents hommes et quatre navires, le Lion, l'Industan, le Clarence et le Jackall. Il est accompagné d'une centaine de savants, de deux peintres, de jeunes gens de l'aristocratie...
Il a aussi recruté quatre prêtres d'origine chinoise ou tatare (autrement dit mandchoue ou mongole) au Collegium sinicum de Naples, dont le père Li, pour lui servir d'interprètes. Ne connaissant pas l'anglais mais seulement un peu de latin, et ayant quelque peu oublié le chinois, ils lui seront de peu d'utilité.
L'ambassadeur est secondé par son ami de toujours, sir George Staunton, et le fils de ce dernier, Thomas Staunton (13 ans). Garçon intelligent, il mettra à profit les longs mois de la traversée pour apprendre le chinois dans les livres.

Mission impossible
La flotte met l'ancre à Macao, comptoir portugais aux portes de la Chine du sud, le 20 juin 1793. Le 31 juillet 1793, ils atteignent l'embouchure du Peï-Ho. Pékin est à quelques dizaines de kilomètres en amont. Deux mandarins de haut rang se font annoncer. Un autre, de plus haut rang encore, reste à terre. En tant que représentant direct del'empereur, il juge indigne de monter sur le navire des étrangers.
À ces mandarins qui vont chaperonner l'ambassade jusqu'au terme de la mission, Macartney présente les nombreux cadeaux destinés à l'empereur, parmi lesquels un planétaire et d'autres instruments scientifiques destinés à démontrer l'avance de l'Angleterre.
Par une première faute de goût, l'ambassadeur s'énorgueillit de la valeur des cadeaux, au lieu d'en rabaisser la valeur pour éviter d'humilier celui à qui ils sont destinés. Mais cette faute n'est rien auprès de son refus, dès le début, de procéder au fameux kotow.
Après maintes péripéties qui mettent leur patience à bout, les Anglais sont conduits à Pékin, puis dans la lointaine steppe de Jehol. Ils laissent une partie de leurs volumineux cadeaux au Palais d'Été.
Le matin du grand jour, après une insupportable attente, voilà enfin Macartney, Staunton et son fils ainsi que le père Li, en qualité d'interprète, autorisés à entrer dans la tente du «Fils du Ciel» (surnom de l'empereur). Tandis que la masse des courtisans et les autres ambassadeurs se prosternent aussitôt, accomplissant le kotow, les Anglais se contentent d'une génuflexion, au grand scandale de l'assemblée.
Puis un chambellan guide Macartney sur l'estrade où se tient l'empereur, solide et majestueux en dépit de son âge. Le jeune Thomas Staunton porte la traîne. L'Anglais remet à Qianlong une boîte contenant la lettre de créance du roi d'Angleterre George III. Puis l'empereur tend à l'ambassadeur un sceptre en pierre blanche destiné à George III et un autre en jade pour lui-même.
Apprenant que le page Thomas parle le chinois, l'empereur se déride. Il entreprend de converser avec l'enfant et lui remet sa propre bourse. Cet honneur insigne ne compense pas l'irritation causée à Qianlong par l'absence de kotow.
Pour les Anglais, l'entrevue s'arrête là. Macartney espérait établir entrela Chine et son pays une relation diplomatique normale et permanente. Au lieu de cela, on lui fait comprendre qu'il est temps pour lui de rentrer et qu'il aura le loisir de revenir l'année suivante avec un nouveau tribut en témoignage d'allégeance au «Fils du Ciel»...
Le golfe de Petchili
Cliquez pour agrandir
Le golfe de Petchili (aujourd'hui Bohai) est au coeur de l'histoire chinoise depuis l'époque mandchoue (1644-1910). On voit sur la carte les lieux par lesquels transita la mission Macartney (1793), la ville de Tientsin (Tianjin), avant-port de Pékin, le Palais d'Été et le pont de Palikao, enfin le pont Marco Polo.
Amours déçues
L'échec de l'ambassade anglaise et celui, plus cinglant encore, de l'ambassade hollandaise d'Isaak Titzing, l'année suivante, changent du tout au tout la perception de la Chine en Europe. Le Hollandais, à la différence de l'Anglais, a cru habile de faire la prosternation du kotow. Il n'en a pas été mieux traité pour autant.
En 1816, Thomas Staunton reprend le chemin de Pékin en compagnie d'un nouvel ambassadeur, lord Amherst. Cette fois-ci, on ne les laisse même pas approcher de l'empereur,
C'en est fini de la «sinomania» du Siècle des Lumières. On ne veut plus voir à Pékin qu'une autocratie arriérée et brutale, qu'il importe de réformer, au besoin par la force.
Edinburgh Review, citée par Alain Peyrefitte, écrit en janvier 1805 : les Chinois vivent «sous la plus abjecte des tyrannies, dans la terreur des coups de bambou. Ils enferment et mutilent leurs femmes. Ils pratiquent l'infanticide et autres vices contre nature. Ils sont inaptes à aborder sciences exactes et philosophie naturelle. Ils ignorent les arts et les techniques les plus indispensables. Leurs rapports sociaux sont fondés sur un formalisme stupide. Ils sont lâches, sales, cruels» (*).
Bibliographie
Pour tout savoir sur l'ambassade de Macartney, ses tenants et ses aboutissants, le lecteur francophone ne peut faire autrement que se reporter à l'excellent livre d'Alain Peyrefitte : L'empire immobile ou le choc des mondes (500 pages, Fayard, 1989).
Ce livre s'adresse à tous les publics et propose une intéressante analyse du malentendu qui a conduit les Anglais et les autres Européens à violenter la Chine des Qing (mandchous), tout au long du XIXe siècle. Indispensable pour comprendre le ressentiment persistant de la Chine à l'égard de l'Occident.
Joseph Savès



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Olympe de G

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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:48

29 août 1842

Le traité de Nankin met fin à la guerre de l'opium



Le 29 août 1842, le traité de Nankin met fin à la «guerre de l'opium» entre la Chine et la Grande-Bretagne.
Le droit du plus fort
Quelques décennies plus tôt, en 1793, le grand empereur Qianlong a dédaigné d'entendre les Britanniques, désireux de commercer davantage avec l'Empire du Milieu.
Les commerçants de la Compagnie anglaise des Indes orientales et le gouvernement de Londres ont fort mal pris cette fin de non-recevoir. Ils n'ont pas manqué de diffuser dans toute l'Europe le mépris que leur inspirait cette Chine naguère tant vantée mais archaïque, immobile, repliée sur elle-même.
Leur dépit est d'autant plus grand qu'ils continuent d'acheter en Chine le thé dont ils sont friands ainsi que beaucoup d'autres produits de luxe (porcelaines, pierreries, soieries...).
Pour tenter d'équilibrer une balance commerciale gravement déficitaire, la Compagnie des Indes a mis en oeuvre un «commerce triangulaire» aussi peu recommandable que la traite des esclaves. Elle a développé aux Indes la culture du pavot et, de façon tout à fait illégale, initié les Chinois à la consommation de l'opium.
Ses ventes illégales d'opium en Chine sont passées de 100 tonnes vers 1800 à 2600 tonnes en 1838.
Une entrave au libre-échange
En 1839, le nouveau gouverneur de Canton, excédé, fait saisir et brûler 20.000 caisses de drogue. En riposte, les Anglais bombardent Canton tandis qu'une escadre remonte le Yangzi Jiang jusqu'à Nankin, obligeant l'empereur Daoguang à capituler.
Cette «diplomatie de la canonnière» débouche sur le traité de Nankin par lequel les vainqueurs gagnent le droit de commercer librement dans cinq ports chinois. Ils obtiennent en prime la cession de l'îlot de Hong-Kong, à l'embouchure de la rivière des Perles et de la très riche région de Canton.
Comble de l'humiliation, l'empereur doit accorder un privilège d'extra-territorialité aux Britanniques et leur verser 21 millions de dollars. Les Français et les Américains s'empressent d'exiger des avantages équivalents.
L'humiliation éprouvée par les Chinois suite au traité de Nankin est à l'origine de soulèvements populaires contre la dynastie mandchoue des Qing, le plus notable étant celui des Taiping (20 millions de morts).



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:49

20 février 1846

La France impose à la Chine un traité de tolérance





Le 20 février 1846, le gouvernement français de [url=http://www.herodote.net/Bio/bio.php?nom=Louis-Philippe 1er]Louis-Philippe 1er[/url] impose à la Chine un édit de tolérance en faveur du christianisme.
L'édit concédé par le vieil empereur Daoguang autorise la pratique de la religion dans les principaux ports et interdit toute forme de persécution. Il ordonne même la reconstruction des vieilles églises détruites lors des persécutions précédentes. Il s'agit d'un nouvel épisode dans l'histoire en dents de scie des relations entre le monde chinois et le christianisme.
Joseph Savès.

Le christianisme en Chine
Le christianisme s'est acclimaté en Chine dès les premiers siècles de notre ère. Plus tard, au Moyen Âge, des ecclésiastiques ont amorcé des contacts avec la cour impériale mais c'est surtout au XVIIe siècle que ces efforts ont porté leurs fruits grâce au missionnaires jésuites et en particulier au premier d'entre eux, Matteo Ricci.
Au siècle suivant, l'étroitesse d'esprit de quelques prélats du Vatican, opposés à tout compromis sur les rites traditionnels chinois, vaut aux Jésuites d'être interdits de prédication et bientôt chassés de la Cour.
Une prédication virulente
Au XIXe siècle, la Chine des empereurs Qing entre en décadence et accuse un retard croissant sur l'Occident.
Avec l'appui militaire de leur gouvernement, les hommes d'affaires anglais imposent à l'empereur Daoguang, sur le trône depuis 1820, l'ouverture de plusieurs ports et la liberté de commerce de l'opium.
Les Occidentaux sont dès lors perçus par les Chinois non plus seulement comme des «barbares» de peu d'importance mais comme des intrus menaçants. Cette mauvaise réputation retombe sur les missionnaires et les communautés chrétiennes, qui s'en trouvent violemment persécutés.
Le plénipotentiaire du roi Louis-Philippe 1er exige en conséquence du gouvernement impérial un édit pour empêcher ces persécutions. Selon son habitude, celui-ci se soumet dans l'idée de gagner du temps.
Les persécutions n'en reprendront pas moins au bout de quelques années. Elles fourniront à l'empereur Napoléon III et au gouvernement britannique le prétexte à de nouvelles interventions militaires qui se concluront en 1860 par la mise à sac du Palais d'Eté, à Pékin, et par de nouveaux avantages commerciaux pour les «diables roux» !



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:50

19 mars 1853

Prise de Nankin par les Taiping





Le 19 mars 1853, une troupe de «rebelles aux cheveux longs» aux ordres d'un certain Hung Xiuquan s'emparent de Nankin, la prestigieuse capitale de la Chine du sud, sur le fleuve Yang Tsé Kiang.
Leur révolte va se solder par 20 millions de victimes (deux fois les pertes de la Première Guerre mondiale) sur un total d'environ 330 millions de Chinois. Tout cela pour déboucher sur une nouvelle intervention des Occidentaux !
Joseph Savès

Communistes avant l'heure

Les rebelles doivent leur surnom à ce qu'ils rejettent le port de la natte imposé par les empereurs de la dynastie Tsin.
Indignés par l'abaissement de la cour impériale face aux «Barbares roux» (les Occidentaux), ils veulent installer à la tête du pays une dynastie chinoise au lieu de ces empereurs originaires de Mandchourie, une région à moitié barbare. Par la même occasion, ils veulent instaurer en Chine une société plus juste et plus égalitaire, fondée sur un partage des terres, l'émancipation des femmes.... Ils prônent la renonciation à la polygamie, à l'esclavage ou encore à la vieille coutume de bander les pieds des Chinoises.

Des illuminés à l'oeuvre

Les rebelles appartiennent à la secte Taiping (ou T'ai P'ing), ou secte de la Grande pureté. Ils sont guidés par une personnalité étrange autant que puissante, Hung Xiuquan.
Hung Xiuquan est le fils d'un paysan du Kwangsi, une province arriérée et montagneuse de l'ouest de Canton. Il a échoué aux examens pour devenir mandarin (énarque en quelque sorte). Mais il s'est consolé de son échec en entrant dans une secte protestante et en tirant de la Bible la conviction qu'il est... le frère de Jésus-Christ. Il échafaude ainsi un curieux syncrétisme du christianisme et de la doctrine traditionnelle de Confucius. Et il promet à ses disciples l'avènement d'un «Royaume céleste de la Grande Paix» destiné à durer mille ans.
Après la prise de Nankin, devenue capitale provisoire de leur royaume, les Taiping s'immiscent dans toutes les provinces de l'Empire du Milieu (ainsi se dénomme la Chine) et font vaciller le trône de l'empereur. Ils occupent jusqu'à 600 villes et onze provinces sur les dix-huit que compte l'empire chinois. Le 30 octobre 1853, ils atteignent Tientsin et menacent même Pékin, où réside l'empereur.
On pourrait s'attendre à l'émergence d'une nouvelle dynastie conformément à une vieille tradition de l'Histoire chinoise. C'est compter sans les Français et les Anglais, qui vont sauver les Mandchous, mais au prix d'une nouvelle humiliation, la «Seconde guerre de l'opium», conclue par la convention de Pékin (24 octobre 1860)...

Les Occidentaux restaurent l'ordre mandchou

Énivré par ses succès, Hung Xiuquan commet l'erreur de menacer Shanghai, le grand port marchand de la Chine centrale, où sont établis un grand nombre de négociants européens. Ceux-ci recrutent dès 1856 un corps de volontaires européens et américains pour protéger leur centre d'affaires.
Sous le commandement des Américains Ward et Burgevine,  ces officiers constituent une armée de 5000 combattants chinois. Sous le nom mérité d'«Armée toujours victorieuse», la  troupe s'illustre avec succès contre les rebelles et repousse leurs assauts sur Shanghai.
Après que l'empereur mandchou a renouvelé son allégeance aux Occidentaux par un nouveau «traité inégal», le 24 octobre 1860, les Anglais apportent leur concours à la dynastie Qing. C'est ainsi que l'«Armée toujours victorieuse» est autorisée à s'allier à l'armée impériale, elle-même sous le commandement d'un énergique fonctionnaire chinois, Li Hong-tchang.
En 1862, suite à la mort de Ward, Li Hong-tchang obtient des Britanniques de le remplacer par l'un de leurs meilleurs officiers, le capitaine Charles Gordon (29 ans) qui ne tardera pas à accéder au grade de lieutenant-colonel.
Face à cette coalition improbable  mais dotée de chefs énergiques et d'un armement moderne, les Taiping ne font pas le poids.
Eux-mêmes ne disposent que d'un armement traditionnel et sont conduits par des chefs incompétents et qui n'hésitent pas à s'entretuer. Aussi cèdent-ils peu à peu du terrain.
Le 11 mai 1864, la prise de la citadelle de Changchow par le commandant Gordon consacre la fin de leur résistance. Le 19 juillet 1864, Nankin est reprise par l'armée impériale. Les rebelles sont massacrés tandis que leur chef se suicide... en avalant de l'or. 100.000 rebelles sont passés au fil de l'épée.



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:51

24 octobre 1860

«Seconde guerre de l'opium» et traité de Pékin







Le 24 octobre 1860, l'empereur de Chine concède aux Français et aux Anglais de nouveaux avantages commerciaux par la convention de Pékin.
Ce «traité inégal» survient près de vingt ans après celui de Nankin, qui avait notamment autorisé les importations d'opium en provenance des Indes britanniques.
La «Seconde guerre de l'opium»
L'arraisonnement par les Chinois d'un navire battant pavillon anglais ainsi que la mise à mort d'un missionnaire français ont fourni au Premier ministre anglais Palmerston et à l'empereur Napoléon III le prétexte d'intervenir une nouvelle fois en Chine. C'est ce que l'on a appelé plus tard la «Seconde guerre de l'opium».
Une escadre franco-anglaise paraît dans le golfe de Petchili (aujourd'hui, golfe de Bohai), par lequel on accède à Tianjin et Pékin. Elle débarque des troupes et celles-ci s'avancent vers la capitale.
Les dirigeants mandchous promettent tout ce qu'on leur demande mais, l'année suivante, en 1859, quand les ambassadeurs européens se présentent pour ratifier le traité, ils sont reçus à coups de canon.
Il s'ensuit une nouvelle expédition, forte de 3000 Anglais et autant de Français, qui débarque dans le golfe de Petchili en septembre 1860 et marche sur Pékin. Le 21 septembre, les Français, sous le commandement du général Cousin-Montauban, arrivent devant le pont de Pa-li-kao, dernier obstacle avant la route de Pékin. Ils le prennent d'assaut en repoussant les dizaines de milliers d'hommes qui, mal armés, tentent de le défendre.
Le 13 octobre 1860, le corps expéditionnaire entre à Pékin, d'où s'est enfui l'empereur.
Sac du Palais d'Été
Soldats français et anglais mettent à sac le somptueux Palais d'Été, l'une des résidences impériales, au nord-ouest de Pékin. Là-dessus, lord Elgin, qui commande le détachement anglais, apprend que des prisonniers européens de son avant-garde ont été atrocement torturés par les Chinois. Il ordonne en représailles l'incendie du Palais d'Été le 18 octobre 1860.
Humiliants «traités inégaux»
Le 24 octobre 1860, les représentants de l'empereur s'inclinent et signent la convention de Pékin. Par ce traité, ils accordent des indemnités aux Occidentaux, ouvrent à leurs commerçants le bassin du Yangzi Jiang et à leurs missionnaires l'ensemble de l'empire. Ils concèdent enfin aux Britanniques un agrandissement de leur colonie de Hong-Kong.
Les Européens présents en Chine se voient accorder le privilège de l'extraterritorialité : ils ne peuvent être jugés que par leur propre consul et en aucun cas par les Chinois.
Dans les ports qui leur sont ouverts, par exemple Tianjin (Tien Tsin), ils s'établissent dans des concessions administrées par des fonctionnaires européens.
En dépit de révoltes locales ou de sursauts patriotiques, l'exploitation de la Chine allait perdurer pendant un demi-siècle, jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale et la chute de la dynastie.
Les voisins russes, qui ne veulent pas être en reste, se font accorder le 14 novembre 1860 la rive gauche de l'Amour, ainsi que, le long de l'océan Pacifique, la région qui s'étend de l'embouchure du fleuve Amour, au nord, à la Corée, au sud. Cette région devient leur Province maritime et pour s'en assurer le contrôle, ils construisent une capitale portuaire au nom prometteur : Vladivostok («Domination de l'Orient» en russe). On peut dire que le véritable vainqueur de cette «Seconde guerre de l'opium» est le tsar Alexandre II qui n'y a pas participé.



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:52

17 avril 1895

La Chine s'incline devant le Japon à Shimonoseki





Le 17 avril 1895, après une guerre rapide, les Chinois s'inclinent devant le Japon par le traité de Shimonoseki (en chinois : traité de Maguan).
Ce traité sème la consternation parmi les élites chinoises. Il révèle le profond retard du «pays du Milieu» (en mandarin, Tchoung Kouo, nom que donnent les Chinois à leur pays).
Joseph Savès
L'impérialisme japonais à l'oeuvre
Un an plus tôt, le roi de Corée a été victime d'une émeute populaire encouragée en sous-main par les Japonais et dirigée contre les Chinois, protecteurs officiels du «pays du Matin calme» (Chôsen en coréen, nom officiel du pays).
Sous le prétexte de ramener l'ordre, l'empereur japonais Mutsuhito envoie des troupes sur le continent. Il dépose le souverain coréen et convainc son successeur d'entrer en guerre contre la Chine à ses côtés.
Face à l'offensive nippo-coréenne, les troupes chinoises se défendent avec ardeur. Mais les Japonais n'en font qu'une bouchée grâce à leur artillerie moderne. Les provinces de Mandchourie et du Chan-tong ainsi que l'île de Taïwan sont rapidement occupées. La route de Pékin est ouverte aux envahisseurs.
La Chine se résigne à la paix. Elle reconnaît l'indépendance de la Corée et la dissolution du lien vassalique entre son souverain et l'empereur mandchou.
Par le traité signé à Shimonoseki, au Japon, elle verse une indemnité de guerre au vainqueur. Elle renonce aussi à l'île de Taïwan et au petit archipel des Pescadores, ainsi qu'à la presqu'île du Leao-tong, au sud de la Mandchourie et à l'est de Pékin.
Mais l'affaire ne laisse pas les Européens indifférents. Le tsar Nicolas II, qui a des visées sur la région, envoie un «conseil amical» à l'empereur Mutsuhito par lequel il lui impose de rétrocéder le Leao-tong aux Chinois. Sa démarche est soutenue par les Français et les Allemands.
Dès l'année suivante, par l'accord Lobanov-Yagamata du 9 juin 1896, la Russie impose au Japon de partager avec elle un condominium de fait sur la Corée.
Les prédateurs se disputent
Les Occidentaux profitent de l'affaiblissement de la dynastie mandchoue pour dépecer la Chine et s'y tailler des zones d'influence, sans craindre d'humilier les Chinois et d'agacer les Japonais. Beaucoup de conflits du siècle suivant vont prendre naissance dans ces basses manoeuvres.
1- La Russie de Nicolas II inaugure ces manoeuvres en créant une banque russo-chinoise. Là-dessus, elle entre dans une manoeuvre acrobatique en prenant le parti de la Chine contre le Japon pour mieux abuser du vieil empire mandchou.
C'est ainsi que le tsar conclut une alliance défensive avec la dynastie mandchoue contre le Japon et obtient en contrepartie le droit de construire un chemin de fer à travers la Mandchourie pour relier la ville sibérienne d'Irkoutsk au port de Vladivostok (Extrême-Orient russe).
2- L'Allemagne de Guillaume II, qui aspire à une base navale en Extrême-Orient, prend prétexte de l'assassinat de deux missionnaires allemands pour s'emparer du port de Kiao Tcheou, sur la presqu'île du Chan-tong, en décembre 1897.
La Russie relève le défi. Le 27 mars 1898, sans avoir eu besoin de livrer une guerre, elle contraint la Chine à lui céder le Leao-tong, en face du Chan-tong (les deux presqu'îles ferment le golfe de Petchili). Elle y construit une puissante base navale, sous le nom de Port-Arthur. Ainsi dispose-t-elle désormais en Extrême-Orient d'un port libre de glaces toute l'année.
3- Quatrième prédateur à entrer en scène, après le Japon, la Russie et l'Allemagne, l'Angleterre se fait céder à son tour un port sur le Chan-tong, face à Port-Arthur : Weï Hai Weï.
4- Enfin, la France, qui ne saurait demeurer à l'écart, occupe le port de Kouang-Tchéou, à l'extrémité sud de la Chine, pour couvrir ses possessions d'Indochine.
Échec des «Cent Jours»
Dans un ultime sursaut, le jeune empereur Kuang-hsu (24 ans) signe du 11 juin au 21 septembre 1898, une quarantaine de décrets destinés à moderniser son pays. Mais cette «période de Cent Jours» n'aura pas de suite car le souverain est bientôt séquestré par sa propre tante Cixi qui rend le pouvoir aux conservateurs. Faute d'avoir pu se réformer à temps, la Chine sombre dans la tragédie. C'est bientôt la révolte des Boxeurs.
Dans le même temps, le Japon, qui n'a pas digéré le «conseil amical» des Occidentaux et l'abandon de Port-Arthur, se dispose à attaquer la Russie. Tout se met en place en Asie pour les grandes guerres du XXe siècle.



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:53

20 septembre 1898

Guangxu échoue à transformer la Chine en empire libéral




Le 20 septembre 1898, un coup de force de l'impératrice douairière Cixi met brutalement fin à la tentative du jeune empereur Guangxu (26 ans) de réformer le vieil empire chinois.
L'«empire libéral» n'aura duré que cent jours. Sa faillite va précipiter la chute de la dynastie mandchoue et la plongée de la Chine dans un demi-siècles de guerres pour la conquête du pouvoir.
Béatrice Roman-Amat
Les Mandchous humiliés et contestés
La dynastie des empereurs Qing, fondée par des envahisseurs venus de Mandchourie, règne sur la Chine depuis la prise de Pékin en 1644. Après avoir rendu un bel éclat à l'empire du Milieu, elle entre dans une dégénérescence rapide au XIXe siècle. Les puissances occidentales en profitent pour obtenir des facilités commerciales. Les traités inégaux, signé à l'issue des défaites chinoises dans les guerres de l'opium, leur confèrent le droit d'établir des concessions dans les grandes villes chinoises, en y disposant du privilège d'extraterritorialité.
Un fort sentiment anti-mandchou se développe parmi la population chinoise et se traduit par des soulèvements paysans. Une secte millénariste, les Taiping, menée par un Cantonnais qui se fait appeler «le Roi Céleste» parvient à prendre Nankin en 1853 et marche sur Pékin pour renverser les Mandchous. Les rebelles ne sont vaincus que grâce au soutien apporté à l'armée impériale par les Occidentaux, qui veulent éviter que le pouvoir ne tombe entre les mains d'usurpateurs plus vaillants que les Qing.
Une ambitieuse vague de réformes
En 1898, le jeune empereur Guangxu, conscient du retard pris par la Chine sur les puissances occidentales, décide de moderniser l'empire du milieu, en prenant exemple sur les réformes menées au Japon sous l'ère Meiji. Il s'entoure de personnalités réformatrices, dont le lettré Kang Youwei, qui a séjourné au Japon.
L'empereur accorde sa confiance à des «purs Chinois» plutôt qu'aux dignitaires mandchous.
Ensemble, ils tentent de mettre sur pied une très importante vague de réformes institutionnelles, économiques, administratives et militaires, qui pourrait aboutir à la création d'une monarchie constitutionnelle. Un édit impérial annonce ces réformes en juin 1898. L'empereur souhaite également répandre la connaissance des sciences et techniques occidentales et crée un «bureau des traductions» à cette fin.
La réaction conservatrice
Les opposants au réformisme de Guangxu, aristocrates mandchous et militaires, s'organisent autour de l'impératrice douairière Cixi. Celle-ci fut la concubine de l'empereur Xianfeng à partir de 1852 et la mère d'un jeune empereur, décédé prématurément, à l'âge de 21 ans. Tante de l'empereur Guangxu, elle s'irrite de voir le pouvoir lui échapper au profit de ce jeune homme qu'elle a placé elle-même sur le trône.
Le 15 septembre 1898, elle somme l'empereur de congédier ses conseillers réformistes. Guangxu demande alors à l'un de ses conseillers, le grand-juge Yuan Shih-kai, qui commande les premiers bataillons chinois formés à l'européenne d'arrêter Cixi. Mais Yuan Shih-kai, intelligent et réaliste, suppute les chances du jeune empereur et finalement choisit de le trahir. Il prévient l'impératrice douairière qui fait alors encercler la Cité Interdite par l'armée et exécuter les conseillers de Guangxu qui ne parviennent pas à s'enfuir.
Elle fait emprisonner l'empereur dans un pavillon du palais d'où il ne peut avoir aucun contact avec le monde extérieur. Guangxu n'en sortira plus jusqu'à se mort, due à un empoisonnement à l'arsenic en 1908, sans doute fomenté par l'impitoyable Cixi. Reprenant les rênes du pouvoir, celle-ci casse tous les décrets promulgués par l'empereur réformiste.
En 1905, les victoires japonaises sur les Russes convainquent Cixi que l'adoption de méthodes occidentales peut être un moyen de tenir tête aux Européens. Changeant de cap, elle se tourne à son tour vers les réformes avec le concours de l'inusable Yuan Shih-kai. Mais ce retournement est trop tardif : en 1911, une révolution met fin au règne de la dynastie mandchoue.





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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:54

7 septembre 1901

Un traité met fin à la révolte des Boxeurs





Le 7 septembre 1901, l'insurrection des Boxeurs se clôt sur la signature d'un traité d'allégeance de la Chine impériale aux puissances occidentales. C'est une nouvelle humiliation pour les Chinois.
Humiliation et révolte
La secte dite des Boxeurs (les Anglo-Saxons parlent des Boxers) avait été fondée vers 1770 dans les campagnes chinoises du Chan-tong, au sud de Pékin. Son appellation occidentale est une mauvaise traduction de son nom chinois : Yi-ho k'iuan (le poing de la concorde et de la justice).
Initialement opposée à la dynastie des Mandchous autant qu'à la domination des Occidentaux, les Boxeurs avaient trouvé un allié inattendu en la personne de la vieille impératrice douairière Cixi, 67 ans. Celle-ci dénonçait volontiers l'emprise des Occidentaux sur son pays mais c'était pour mieux consolider son pouvoir personnel.
Le 10 juin 1900, Cixi demande devant son Grand Conseil que soient chassés sans retard les étrangers. Les Boxeurs de Pékin, excités par un prince de la Cité interdite, Touan, ne se le font pas dire deux fois ! Ils se lancent dans la chasse aux chrétiens chinois et aux prêtres européens, massacrant les uns et les autres. Ils font par ailleurs le siège des Légations, les blocs d'immeubles réservés au logement des étrangers. Ces derniers prennent leurs dispositions pour un siège de longue durée.
Malheureusement pour les apprentis-sorciers de la Cité interdite, la révolte ne dépasse pas les limites de la capitale et le pays, dans son ensemble, ne bouge pas.
Pour une fois unis, Anglais, Américains, Allemands, Autrichiens, Italiens, Français, Russes et même Japonais organisent un corps expéditionnaire sous le commandement du général allemand Alfred von Waldersee.
Les soldats occupent le port de T'ien-tsin le 14 juillet 1900 et entrent à Pékin un mois plus tard. La Cour prend le large sans attendre, l'orgueilleuse impératrice Cixi ne craignant pas de se déguiser en paysanne !
Par le traité qui clôt le conflit, les représentants de l'impératrice conviennent de verser d'énormes réparations financières aux Occidentaux échelonnées sur... quarante ans (au total 1600 millions de francs-or).
Cixi doit aussi sacrifier certains princes de sa dynastie. Les organisateurs des massacres reçoivent «la permission de se suicider» cependant que les Boxeurs captifs sont décapités en grand nombre. Cet ultime abaissement du pouvoir impérial va libérer en Chine les énergies réformatrices de la bourgeoisie occidentalisée et débouchera dix ans plus tard sur la République.
En apparence, le principal bénéficiaire de l'insurrection est le tsar de Russie Nicolas II car il profite des troubles pour occuper la Mandchourie.
Impérialismes déchaînés
Mais ce faisant, le tsar excite contre lui le Japon, qui avait des visées sur cette province et inquiète Londres. L'Angleterre du roi Édouard VII s'irrite de l'expansionnisme russe.
Le 30 janvier 1902, lord Landsdowne et l'ambassadeur japonais concluent un accord par lequel, en cas de guerre entre la Russie et le Japon, l'Angleterre s'engage à ne pas intervenir au secours de la Russie et à encourager la France et l'Allemagne à en faire autant. Cette promesse sera à l'origine de la guerre russo-japonaise de 1905 et de la défaite du tsar.
Joseph Savès.



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:55

10 octobre 1911

Insurrection républicaine en Chine du sud





Le 10 octobre 1911, une rébellion militaire met fin à la dynastie mandchoue (aussi appelée Qing ou Ts'ing), vieille de 250 ans. Elle entraîne - non sans mal - l'avènement de la République.
Le «Double-Dix»
Le 10 octobre 1911, naissance de la République chinoise, est encore commémoré chaque année par plus d'un milliard d'hommes sous l'appellation commune «Double-Dix» (10-10 pour dix octobre).
Le 10 octobre est jour de fête nationale à Taïwan. Cet anniversaire est également honoré en Chine populaire. Les gouvernements des deux pays, bien qu'antagonistes, continuent en effet de se réclamer l'un et l'autre de Sun Yat-sen, le père de la République.

Une dynastie discréditée

Au XIXe siècle, la Chine des empereurs mandchous n'en finissait pas d'être exploitée et humiliée par les Occidentaux.
Peu après l'échec de la révolte des Boxeurs (ou Boxers) contre les commerçants européens, les Chinois assistent en 1905 à la victoire du Japon sur la Russie et découvrent à cette occasion toute l'étendue de leur propre retard.
La vieille impératrice Cixi tente de réformer le régime avec son homme de confiance, l'énergique et réaliste général et vice-roi Yuan Shikai, mais elle meurt sans avoir le temps d'aboutir, en 1908. Le nouvel empereur, Pu Yi, a 3 ans. Son père, le prince Chun, assure la régence. Sans tarder, il amorce un retour à la tradition et renvoie Yuan Shikai.
C'est plus que n'en peuvent supporter les partisans des réformes. Ils réclament en vain une assemblée constituante à l'instigation de Sun Yat-sen. Ce dernier est un fils de paysan éduqué à Honolulu et converti au protestantisme. Il a fondé en 1900 le parti du Guomindang. Son programme tient en trois mots : «nationalisme, démocratie, socialisme».
Le 10 octobre 1911, une rébellion éclate en Chine du sud : des militaires s'emparent du palais du gouverneur à Wuchang, au Hubei, non loin de Canton.

De la République à la guerre civile

Les insurgés proclament la République et forment sans tarder un gouvernement provisoire. Canton et la Chine du sud se rangent à leurs côtés. Très vite, 14 des 18 provinces de l'empire chinois se rallient à la République.
Sun Yat-sen, alors en Amérique, rentre précipitamment. Il est proclamé président provisoire de la République à Shanghai le 29 novembre. Le 7 décembre, en signe de rupture avec la dynastie mandchoue, les Chinois sont invités à couper leur natte.
À Pékin, cependant, le pouvoir tombe entre les mains de Yuan Shikai, l'ancien conseiller de l'impératrice. Il oblige le petit empereur à abdiquer, proclame à son tour la République le 13 février 1912 et se pose en rival des républicains du sud. Sun Yat-sen, peu désireux de provoquer la division du pays, lui laisse la présidence de la République. Le nouvel homme fort du pays ne va désormais avoir d'autre but que d'éliminer le Guomindang et de rétablir à son profit... l'empire !
Voyant cela, les républicains du sud proclament sa déchéance. Yuan Shikai réagit par l'occupation de Nankin le 27 août 1913. Il met fin au régime parlementaire et proclame la restauration de l'empire le 12 décembre 1915... avant de reculer précipitamment sous l'effet d'une insurrection générale. La mort, qui l'emporte le 6 juin 1916, à 57 ans, réduit à néant son rêve impérial.
La Chine, débarrassée des empereurs mandchous, entre dans une longue période de guerre civile qui ne s'achèvera qu'avec la victoire des communistes en 1949.



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:56

13 février 1912

Fin de l'empire mandchou





Le 13 février 1912, quatre mois après une rébellion militaire, le dernier empereur de la dynastie mandchoue ou Qing, Pu Yi (six ans !), abdique enfin sous la pression du général Yuan Shih-kai, réformateur au service des précédents souverains. Le pays devient officiellement une République.

Pu Yi n'en continue pas moins de résider quelques années encore dans la Cité interdite, le palais impérial, au milieu de ses femmes et de ses eunuques.
Une solution de rechange pour le cas où...
Dans l'anarchie des débuts de la République, les généraux et politiciens qui se disputent le pouvoir hésitent en effet à liquider les derniers symboles de l'ancienne dynastie. Il veulent conserver une roue de secours pour le cas où la République s'enfoncerait dans l'impasse.
Le souverain déchu est rétabli sur le trône pendant douze jours en juillet 1917 ! Mais il est finalement chassé de son palais en 1924 par un «seigneur de la guerre» et se réfugie dans la concession japonaise de T'ien-tsin.
Quand ils attaquent la Chine en 1931, les Japonais mettent la main sur Pu Yi et en font un empereur de l'État artificiel du Mandchoukouo. Après une longue «rééducation» par les communistes chinois, le dernier représentant de la dynastie mandchoue finira sa vie comme employé de bureau.
Le cinéaste Bertolucci a représenté l'histoire de Pu Yi dans un film à grand spectacle, Le dernier empereur. La personnalité plus intéressante de Cixi est au centre de nombreux ouvrages comme le roman historique de Pearl Buck, Impératrice de Chine.
René Castillon



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:56

4 mai 1919

Les étudiants se soulèvent à Pékin





Le 4 mai 1919, peu après la naissance de la République chinoise, 3000 étudiants manifestent à Pékin, sur la place Tien An Men.
Ils dénoncent les «21 conditions» présentées par le Japon à leur gouvernement, car elles tendent à une colonisation de la Chine. Ils protestent aussi contre le traité de Versailles qui livre au Japon les concessions allemandes du Chang-toung, une province du nord du pays.
Assez d'humiliations !
Guidés par de jeunes intellectuels progressistes, les étudiants dénoncent également le poids des traditions, le pouvoir des mandarins et l'oppression des femmes. Ils se montrent favorables à la modernité et aux sciences nouvelles.
L'agitation gagne les citadins et les commerçants, dans tout le pays. Elle se double d'un mouvement de boycott des produits japonais. Mais elle reste dans l'immédiat sans effet sur les Occidentaux comme sur les Japonais.
Le «Mouvement du 4-mai», ainsi baptisé par les historiens, n'en est pas moins capital car il traduit l'émergence en Chine d'une conscience patriotique opposée aux Occidentaux comme aux Japonais, et l'abolition de l' empire mandchou.
Plusieurs de ses leaders rejoignent le Parti communiste chinois dans l'espoir de régénérer la Chine. Trente ans plus tard, ils célèbreront sur la place Tien An Men le triomphe de l'insurrection communiste.
70 ans plus tard, se rappelant du «Mouvement du 4-mai», d'autres étudiants réclameront la démocratie sur la même place Tien An Men. Leur révolte finira dans un bain de sang mais débouchera paradoxalement sur une ouverture de leur pays au monde extérieur. -
Alban Dignat



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:57

19 octobre 1935

Fin de la Longue Marche





Le 19 octobre 1935 s'achève la Longue Marche des communistes chinois et de leur chef Mao Zedong.
Après une épopée de douze mille kilomètres à travers la Chine, les communistes se réfugient au Chen-si (ou Shaanxi). Dans cette province montagneuse isolée du nord-ouest, ils échappent aux attaques du parti rival du Guomindang (ou Kuomintang) et de son chef, Tchang Kaï-chek. Mais de 130.000 au départ, un an plus tôt, ils ne sont plus que 30.000. La faim et la lutte contre les troupes du Kuomintang ont eu raison des autres.

C'est au cours de la Longue Marche que Mao Zedong s'impose comme le leader des communistes chinois. Il se fait élire président du Comité central du Parti Communiste Chinois en février 1935.
Les guerres civiles
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De la fondation de la République en 1911 à la proclamation de la République populaire en 1949, la Chine connaît des décennies parmi les plus dramatiques de son Histoire : guerres civiles entre chefs républicains et impériaux, guerre civile entre communistes et Guomindang, invasion japonaise...
De difficulté en difficulté
Ce fils de riche paysan est né le 28 décembre 1893 au Hounan, au coeur de la Chine. Il a participé au mouvement étudiant du 4 mai 1919 puis à la fondation du Parti communiste en 1921.
Au risque de mécontenter les alliés soviétiques, Mao cultive l'idée que les révolutionnaires chinois doivent s'appuyer en priorité sur la paysannerie misérable des campagnes plutôt que sur la classe ouvrière des villes. Cette idée est longtemps combattue par les autres leaders du Parti, notamment le très influent Chou En-lai.
Mao fait valoir les échecs des soulèvements prolétariens à Canton, en 1926, ou encore à Shanghai, en 1927 (le roman d'André Malraux, La condition humaine, retrace cet événement). Il réclame un changement d'orientation. Lui-même donne l'exemple en consolidant son emprise sur le parti communiste dans sa région, au sud-ouest du Yang Ysé Kiang. Profitant de la déliquescence des pouvoirs publics, il crée un État communiste au Kiang-sii (Jiangxi). Il impose son autorité sur les militants communistes et les paysans de la région sans rechigner aux exécutions sommaires, aux tortures et aux massacres de masse.
L'offensive de Tchang Kaï-chek sur ce dernier bastion communiste chinois l'oblige à fuir vers le nord. C'est donc la Longue Marche qui le mènera au Chen-si (Shaanxi) au terme de ce périple de 12.000 km.
Désormais en sécurité et assuré d'une autorité sans faille sur ses troupes (ou ce qu'il en reste), Mao introduit la révolution dans les campagnes, par le partage des terres (et le massacre des mécontents).
Fort du ralliement de l'influent Chou En-lai (Zhou Enlai), l'un des chefs de l'insurrection ouvrière de Shanghai de 1927, il se fait enfin élire président du Comité central du Parti Communiste Chinois en février 1935.
Vers la revanche
Il s'autorise une alliance tactique avec le Guomindang pour repousser l'envahisseur japonais. Mais sitôt après la défaite japonaise, en 1945, il reprend le combat contre Tchang Kaï-chek et l'oblige à se réfugier à Taïwan avec ses partisans.
Le 1er octobre 1949, triomphal, il proclame à Pékin la République populaire de Chine.
André Larané.



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:58

13 décembre 1937

Le «viol de Nankin»





Le 13 décembre 1937, l'armée japonaise entre dans la ville de Nankin (ou Nanjing), au centre de la Chine, après un pilonnage de trois jours.
Aussitôt commencent des massacres à grande échelle. Exécutions à la baïonnette, au sabre ou à la mitrailleuse. Viols et mutilations. Au total, sans doute plus de 100.000 victimes (les autorités chinoises affichent le chiffre de 200.000 ou 300.000).

Le «viol de Nankin» figure en bonne place parmi les crimes contre l'humanité commis au XXe siècle même si le gouvernement japonais persiste à en nier l'importance (*)
La diplomatie mise à mal
Tout commence en 1931, quand un groupe de généraux prennent le pouvoir à Tokyo avec l'accord de l'empereur Showa (Hiro Hito).
Profitant de ce que les Chinois sont en train de se battre, les nouveaux maîtres du Japon envahissent la province chinoise de Mandchourie et en font un État à leur dévotion, le Mandchoukouo. Ils placent à sa tête l'ancien empereur de Chine, le lamentable Pu-Yi. Forts de ce premier succès, ils entreprennent ensuite de grignoter la Chine du nord.
Les Occidentaux, qui croient encore à l'avenir de la paix et de la démocratie, se tiennent cois devant l'agression japonaise. Ils invitent simplement le chef des nationalistes chinois, Tchang Kaï-chek, à temporiser et négocier avec les agresseurs. Cet attentisme ouvre un boulevard à Hitler, arrivé au pouvoir en Allemagne en 1933. Le Führer voit tout l'intérêt d'une alliance avec les nationalistes nippons qui, comme lui, sont isolés sur la scène internationale.
À l'initiative du ministre allemand des Affaires étrangères, Joachim von Ribbentrop, Berlin et Tokyo signent le 25 novembre 1936 un pacte antikomintern orienté contre les Soviétiques et leur chef, Staline.
Conquête de la Chine
Forts du soutien des Allemands, les Japonais prennent prétexte d'un incident sur le pont Marco Polo, près de Pékin, pour se lancer brutalement à la conquête de toute la Chine le 7 juillet 1937.
L'incident du «triple 7»
L'incident du «triple7» est ainsi nommé parce qu'il s'est déroulé le 7-7-1937 !
Il aurait mis aux prises une poignée de soldats chinois et des troupes japonaises en manoeuvre près du pont Marco Polo, aussi appelé pont de Lugou, à 15 kilomètres de Pékin (il s'agit d'un superbe pont de pierre sculpté, construit en 1189-1192 et décrit par le voyageur vénitien un siècle plus tard).
Prétextant que l'un de leurs soldats aurait été enlevé par les Chinois (il s'était en fait attardé dans un bordel), les Japonais se lancent dès le lendemain à la conquête de la Chine.
En quelques mois, ils occupent près d'un million de kilomètres carrés peuplés de 60 millions d'habitants. Ils mettent en oeuvre une politique de terreur systématique pour tenter d'abattre la résistance intérieure.
Les massacres deviennent la règle. Ils atteignent leur maximum avec la prise de Nanjing (Nankin en graphie ancienne), ancienne capitale de la Chine et siège éphémère du gouvernement de Tchang Kaï-chek.
Terreur sur la ville
Le 10 décembre, les Japonais envoient un ultimatum aux troupes qui défendent la métropole de la Chine centrale, sur le cours inférieur du Yangzijiang (Yang Tsé-kiang en graphie ancienne).
Tchang Kaï-chek, les chefs de son parti, le Guomindang, et les officiers abandonnent illico la ville. La panique s'installe dans la population et chez les soldats livrés à eux-mêmes. Beaucoup tentent de s'enfuir en traversant le fleuve du Yangzijiang, qui ressemble à cet endroit à une véritable mer intérieure. La flotille japonaise postée sur le fleuve s'en donne à coeur joie et tire sur les fuyards, causant quelques milliers de morts.
Enfin, les Japonais entrent dans la ville. Confiants, les soldats chinois se laissent désarmer et se rendent par unités entières. Ceux qui ne se rendent pas spontanément sont traqués. Les Japonais arrêtent dans la rue tous les hommes en âge de combattre et suspects d'avoir porté une arme ou un casque.
Le commandement nippon craint alors d'être submergé par la grande masse des prisonniers dans une ville a priori hostile. Il ordonne le massacre des prisonniers, contre toutes les lois de la guerre. Celui-ci s'opère froidement, à la baïonnette, au sabre ou plus souvent encore à la mitrailleuse, sur des malheureux liés entre eux par groupes d'une douzaine. On évalue entre 30.000 et 60.000 le nombre de soldats tués de la sorte dans les premiers jours.

Ensuite vient le massacre des fonctionnaires, suspectés de collusion avec le parti nationaliste chinois de Tchang Kaï-chek, le Guomindang. Dans les semaines qui suivent, la terreur devient endémique. Elle frappe indistinctement les habitants de la ville, au nombre d'environ 200.000, qui ont l'heur de déplaire aux vainqueurs.
Les soldats, par petits groupes, enlèvent les femmes de tous âges et se livrent à des viols collectifs. C'est à cette occasion, à Nankin, que les Japonais mettent en place le système des «femmes de réconfort», séquestrant des femmes de toutes conditions dans des bordels de campagne.
Ces exactions, encouragées par l'état-major, renforcent l'esprit de corps chez les soldats japonais. Elles les consolent aussi de la résistance inattendue opposée par les Chinois.
Les Occidentaux s'inquiètent pour la sécurité de leurs ressortissants et de leurs navires mais sans plus, la paix en Europe commençant elle-même à être gravement menacée par Hitler !
Tchang Kaï-chek dirige la lutte contre l'envahisseur à partir des provinces du sud. Il se résout à faire alliance avec ses rivaux communistes contre l'ennemi commun.
Vers la guerre mondiale
Après leurs premiers succès, les Japonais piétinent. Pour soumettre l'ensemble de la Chine, ils éprouvent la nécessité de s'emparer de l'Asie du Sud-Est, riche en matières premières et en pétrole. Mais celle-ci est colonisée par la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.
Lorsque l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste agressent ces trois puissances, le Japon se range à leurs côtés en signant un pacte tripartite, le 27 septembre 1940.
Les États-Unis, à leur tour, entrent dans le jeu. En riposte aux attaques du Japon contre l'Indochine française, le président Franklin Roosevelt fait geler le 26 juillet 1941 les avoirs japonais aux États-Unis et décrète un embargo sur les matières premières.
Le Japon choisit la fuite en avant et entreprend la conquête de l'Asie du Sud-Est... malgré l'opposition de l'amiral de la flotte impériale, Isoroku Yamamoto. Celui-ci connaît les États-Unis de l'intérieur et mesure l'extraordinaire disproportion des forces en faveur des Américains. Il déconseille une entrée en guerre contre eux.
L'empereur et son gouvernement sont déterminés à poursuivre leurs plans de conquête en vue de constituer en Asie du Sud-Est une «sphère de coprospérité» à leur dévotion.
Yamamoto se résigne et met sur pied le «Plan Z», rien moins que la destruction préalable de la flotte américaine du Pacifique. Ce sera l'attaque de Pearl Harbor et la mondialisation du conflit.
André Larané.



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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:59

1er octobre 1949

Proclamation de la Chine populaire





Le 1er octobre 1949, à Pékin, Mao Zedong proclame l'avènement de la République populaire de Chine. Il lance sa proclamation du balcon de la Porte de la Paix céleste, qui donne sur la grande place Tien An Men, non loin de la Cité interdite des anciens empereurs.
L'anniversaire de ce jour est depuis lors devenu fête nationale en Chine populaire.
La prise de pouvoir des communistes et de leur chef Mao Zedong met fin à une longue guerre civile, ponctuée par la Longue Marche et la terrible invasion japonaise.
André Larané.


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MessageSujet: Re: CHINE   Dim 6 Mar - 19:59


La Chine dans ses frontières actuelles


Carte de la Chine avec Google Maps


Cette carte montre la Chine dans ses frontières actuelles, avec les provinces héritées d'une Histoire bimillénaire (noter que l'île de Taiwan conserve un gouvernement rival de celui de Pékin). Les noms de lieux sont conformes à la graphie moderne adoptée par le gouvernement chinois (à l'exception de quelques noms depuis longtemps francisés comme Pékin).
Une interminable guerre civile
Pendant plus de vingt ans se sont opposés les frères ennemis de la République, Mao Zedong, leader du Parti communiste chinois, et Tchang Kaï-chek, chef du parti nationaliste Kuomintang. Ce parti, créé par le fondateur de la République, Sun Yat-sen, a été victime de l'usure du pouvoir et s'est corrompu. Battu, Tchang Kaï-chek se réfugie à Taïwan (l'île de Formose) sous la protection de la flotte américaine.
C'est ainsi que Mao Zedong (55 ans) accède le 1er octobre 1949 à la présidence d'une Chine presque totalement réunifiée. Son fidèle Zhou Enlai devient le chef du gouvernement.

Zhou Enlai en 1946.

La stabilité retrouvée fait penser à un changement de dynastie comme il s'en produit en Chine tous les trois siècles après une longue période d'anarchie. Mais cette stabilité n'est que de façade. Les exécutions des opposants politiques et les tensions nées de la confiscation des terres font des victimes par millions.
Empereur communiste
En 1956, Mao, pour tenter d'apaiser les revendications, encourage chacun à critiquer les défauts du régime. Il lance la « campagne des Cent-Fleurs ».
L'ampleur des critiques et la révolte concomitante des Hongrois contre l'oppression soviétique ne manquent pas d'inquiéter les dirigeants chinois. Ils changent de visage et lancent une féroce campagne «antidroitière» avant d'inaugurer en 1958 le «Grand Bond en avant». Cette entreprise folle se donne pour but de rattrapper le niveau de la Grande-Bretagne par la mise en oeuvre de toutes les ressources productives du pays ! L'effet est des plus dramatiques avec d'épouvantables famines qui font plusieurs dizaines de millions de victimes.
En 1960, les communistes chinois se brouillent avec le «Grand Frère» soviétique. La rupture et le retrait brutal des experts soviétiques occasionnent une nouvelle récession et entraînent les deux pays au bord de la guerre. Dans une ultime tentative pour sauver son pouvoir, le président Mao, surnommé le «Grand Timonier», lance en 1966 les jeunes à l'assaut des institutions politiques. C'est la « Révolution culturelle », une nouvelle source de drames.
La mort de Mao en 1976 et l'avènement de dirigeants plus pragmatiques, sous la conduite de Deng Xiaoping, le «petit timonier», va introduire dans le pays l'espoir d'un mieux-être matériel. Le Parti communiste n'en continuera pas moins de tenir solidement les rênes du pouvoir. La libéralisation politique n'est pas d'actualité.



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