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 Histoire de l'INDE

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Olympe de G



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MessageSujet: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:37

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L'histoire antique de l'Inde, telle que la rapportent les textes indiens, est pleine d'obscurité et de mythes. L'archéologie éclaire cependant les époques les plus reculées. De  nombreux sites remontant au Paléolithique, ont été découverts dans tout le sub-continent. Mais le passé ancien de la région est surtout marqué par l'existence dans la Vallée de l'Indus et jusque dans le Gudjarat, d'une grande civilisation agraire, organisé autour de deux importants pôles urbains : Harappa, au Nord (Pendjab), et Mohendjo Daro, au Sud (Sind), et qui s'est développée au cours du IIIe millénaire av. J.-C. Cette civilisation, très comparable à celles qui fleurissent vers la même époque en Mésopotamie et en Égypte, reste moins connue que celles-ci. Les nombreux sceaux découverts révèlent une une écriture qui, bien que très imparfaitement déchiffrée, semble toutefois indiquer que  langue parlée par les Harappéens était apparentée aux langues dravidiennes, toujours pratiquées de nos jours dans le Sud de l'Inde et au Sri Lanka.

Aryas, Grecs et Mauryas.

La civilisation Harappéenne a disparu brutalement vers 1800 avant notre ère, et il faut attendre jusqu'au XVIe ou au XVIe siècle  av. J.-C, pour assister à l'entrée en Inde, d'une population apparentée par sa langue aux Iraniens, aux Arméniens, aux Grecs, aux Latins, aux Celtes, aux Germains (Les langues indo-européennes). Les hymnes védiques, qui font connaître ces nouveaux venus sous le nom d'Aryas (Aryens), montrent leurs tribus établies dans le Pendjab, organisées en petites communautés où apparaissent, en germe, les éléments qui prévaudront plus tard dans la société hindoue. L'influence des brahmanes, déjà puissante, alla s'affirmant : de là des mouvements de réaction radicale qui suscitèrent les schismes religieux du VIe siècle, le bouddhisme et le jaïnisme, dans le but d'affranchir l'Inde du joug brahmanique.
L'histoire de l'Inde commence à acquérir quelque certitude au VIe siècle. Darius, roi des Perses, forma, du pays situé entre le Paropamisus et l'Indus, la vingtième satrapie. Alexandre, en 327 av. J.-C, soumit une partie du Pendjab, où régnait Porus, et descendit l'Indus jusqu'à son embouchure. Cette expédition ouvrit l'Inde aux Occidentaux et, dès lors, l'Europe entretint des relations commerciales avec le subcontinent indien, soit par terre au moyen de caravanes, soit par mer (Les Lagides en particulier n'allaient pas tarder à diriger d'Egypte vers l'Inde des flottes qui revenaient chargées de denrées).
A la mort d'Alexandre, un Indien, Chandragoupta, son protégé, renversa la famille usurpatrice des Nandas (Pendjab) et fonda la dynastie maurya; il étendit son territoire jusqu'à l'Indus, et imposa un traité à Séleucus Nicator dont il épousa la fille. Un ambassadeur grec, Mégasthénès, s'établit à la cour de Patalipoutra (Patna); c'est à ses observations que nous devons de précieux renseignements sur la société de l'Inde 300 ans avant notre ère. La décadence des Séleucides ralentit cependant pour un temps les relations commerciales entre l'Inde et l'Occident. Tout au plus voit la cour impériale de Byzance recevoir plusieurs ambassades indiennes; au VIe siècle de notre ère, le moine Cosmas Indicopleuste visita une grande partie de l'Inde et en rapporta le ver à soie.
Ashoka  Piyadasi, petit-fils de Chandragoupta, porta à son apogée la puissance maurya; mais, sous ses successeurs, des princes grecs se rendent indépendants en Bactriane; Arsace émancipe les Parthes (L'histoire de l'Iran); des royaumes indo-grecs se fondent sur l'Indus et sur l'Oxus, d'après le modèle de celui de Diodote, le gouverneur indépendant de la Bactriane. Eucratidès, Démétrius, Agathoclès, Ménandre, frappent des monnaies, encouragent les arts, protègent même la religion indigène et se font presque Indiens. Vers 50 av. J.-C, tout ce groupe indo-grec, isolé du monde hellénique, battu en brèche par les succès des Parthes, disparaît devant la poussée des invasions venues de l'Asie centrale.

De l'ère saka au règne de Harcha.

Les Sakas (Scythes iranisés), à leur tour, furent bousculés par des peuples congénères, les Kouchans ou Kouchanes, qui rétablirent à leur profit l'empire des Démétrius et des Ménandre. Kanichka, le plus fameux de cette famille passe pour le créateur de l'ère saka ou çaka (78 apr. J.-C). D'un autre côté, des rois indo-parthes tâchaient de s'approprier les débris de l'empire séleucide et maurya L'un d'eux, Gondopharès, aurait été, d'après la légende, un des convertis de saint Thomas. Le sud de l'Inde, perdue par les successeurs d'Ashoka, entre dans l'histoire avec le mouvement commercial qui s'accentuait de jour en jour; à cette époque, la propagande bouddhique pénétrait en Chine et en Indochine.
L'ère chrétienne vit s'ouvrir une phase de prospérité et de grandeur commerciales. Une invasion de Huns (VIe s.) ravagea le Pendjab, le Cachemire et l'Inde centrale; puis les hordes disparurent sans laisser de traces de leur passage. Au VIIe siècle, un grand prince, Harcha Vardhana Siladatiya, soumit l'Hindoustan et essaya de faire renaître l'empire d'Ashoka; il s'avança vers le Sud, mais il fut repoussé par le chaloukya Poulikési II. A la mort d'Harcha, l'Hindoustan, ainsi que l'Inde méridionale, continua à se morceler en petites dynasties locales, au moment même où l'islam commençait à se répandre dans le pays entier.

L'islamisation.

Des trafiquants musulmans, presque au lendemain de la mort du prophète Mohammed (VIIe siècle), avaient paru sur les côtes, et des cavaliers faisaient des incursions dans le Sindh.  Les conquêtes des Musulmans au commencement du VIIIe siècle, et notamment celles de Kotaïbah, général du calife-Abdel-Malek, qui soumit les rives du Sind vers l'an 707, ajoutèrent aux connaissances que l'Occident possédait déjà sur l'Inde. Mahmoud de Ghazni (997-1030) est le premier véritable conquérant musulman de l'Inde, il y fit dix-sept expéditions. En 1024, il avait déjà soumis toute la partie septentrionale et occidentale jusqu'au Bengale : l'Inde était alors partagée entre un nombre immense de radjahs, parmi lesquels les radjahs de Lahore étaient les plus puissants; ceux-ci restèrent encore quelque temps indépendants. Mahmoud s'avança ensuite jusqu'à Gwalior et Canoge, d'une part; de l'autre, jusqu'à Somnath, dans le Kattiawar, et prit possession du Pendjab. Vint ensuite la maison de Ghor, ou dynastie des Gourides (1185-1289), qui étendit sa domination sur l'Inde entière; Mohammed marche contre le roi de Delhi, qu'il défait et tue, en 1193. Cette date est considérée comme marquant l'ère d'asservissement des Hindous.
Le successeur de Mohammed fut le gouverneur même de Delhi, Koutab-oud-Din, qui fonda la première dynastie musulmane de l'Inde (celle dite des Esclaves); elle compta des princes de valeur, et dura jusqu'en 1290; elle eut à repousser des invasions mongoles et à réprimer des révoltes intérieures. La maison de Kilji (Afghans Chilligis) occupa ensuite le trône pendant trente ans. Ala-oud-Din (1295-1315) augmenta son empire et s'empara du Gudjerat; un de ses généraux poussa ses conquêtes jusque dans le Carnatique; à l'extrémité même de l'Inde, il bâtit une mosquée en face du pont d'Adam. La maison de Toughlak (1320-1414) fournit des princes tels que Mohammed, dont la férocité ne fut surpassée que par celle de ses successeurs; elle disparut avec l'invasion de Tamerlan (1398-1399).

La prise de Delhi fut célébrée par des horreurs sans nom; le terrible conquérant tartare traversa ensuite le Gange, alla jusqu'à Hardwar, ordonna un autre grand massacre à Meerut, et, après avoir contourné le pied de l'Himalaya, s'enfonça dans les défilés nord-ouest et passa dans l'Asie centrale (1399). L'invasion de Tamerlan ne laissa que des ruines. L'empire de l'Inde passa ensuite aux enfants de Tamerlan, mais seulement après la mort d'un usurpateur, Keser-Khan (1414-1421), et après l'extinction de la courte dynastie des Afghans Lodis (1448-1525). Sous ses dynasties s'achève l'oeuvre de désagrégation des provinces rassemblées à grand-peine sous l'autorité des princes de la maison de Toughlak. Le Bengale, était devenu indépendant, dès 1340; le Gudjerat l'était également, depuis 1391. Dans le Deccan, l'histoire du XIVe au XVIe siècle se trouve groupée autour de deux maisons royales : les rajahs de Vijayanagar et les sultans Bahmanis dont les possessions correspondaient en partie au territoire des Etats du Nizam. La chute des princes Bahmanis n'empêcha pas la ruine du grand royaume hindou du Deccan, qui succomba sous la coalition des princes musulmans, à la bataille de Talikot (1565).




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Olympe de G



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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:39

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À la fin du XIXe siècle, après huit siècles d'effacement face aux conquérants musulmans d'origine turco-mongole, les hindous reprennent leur destin en main... Paradoxalement, c'est aux colonisateurs britanniques qu'ils doivent cette opportunité.



L'Inde divisée







Dès 712, les cavaliers arabes introduisent l'islam dans la province du Sind, à l'ouest de l'Indus. Mais comme Alexandre le Grand, mille ans plus tôt, ils ne peuvent aller plus loin. Pendant trois siècles, l'Inde, bien que divisée en de multiples royaumes hindous, rivaux et batailleurs, va résister aux envahisseurs musulmans.
Tout change à l'époque de la Renaissance. En 1526, un conquérant turco-mongol, Babour Shah, installe dans le nord une puissante dynastie musulmane. C'est l'empire «moghol». Il survivra tant bien que mal jusqu'au XIXe siècle. À la même époque, les premiers navigateurs européens, des Portugais, atteignent les côtes méridionales de l'Inde en contournant le monde musulman par le sud de l'Afrique.
Français et Anglais sont attirés à leur tour par les fabuleux marchés indiens. C'est qu'au début de la révolution industrielle, l'Inde est riche non seulement de ses épices mais aussi de son artisanat. En témoignent les mots entrés dans le langage commun pour désigner des pièces textiles (madras, cachemire, indiennes...).




L'unité retrouvée







Au XVIIIe siècle, les agents des Compagnies des Indes orientales anglaise et française se comportent comme des rois locaux. Ils disposent d'armées privées et nouent des alliances avec les princes hindous ou musulmans.
François Dupleix tente sous le règne de Louis XV de créer un empire français des Indes en s'emparant de vastes territoires dans le sud. Mais, trop ambitieuse et surtout très coûteuse, sa politique est condamnée par sa Compagnie. Après le traité de Paris, il ne reste plus à la France que cinq comptoirs côtiers.
Les Anglais, solidement installés au Bengale, où ils fondent le port de Calcutta, ainsi qu'à Bombay et Madras, emportent la mise grâce au général Robert Clive.

Dans la première moitié du XIXe siècle, les agents de la Compagnie favorisent à tout va les importations de produits manufacturés en provenance de Grande-Bretagne. C'est ainsi que l'Inde contribue au décollage industriel de Manchester et Liverpool mais c'est au prix de la ruine de son artisanat textile et d'une aggravation considérable des inégalités sociales.
D'un autre côté, la conquête anglaise contribue à l'unification du sous-continent indien. Elle met fin aux guerres privées et au banditisme endémique. En échange de leur soumission, la plupart des princes sont maintenus en fonction. Ils continuent d'administrer leur État mais sous la tutelle des gouverneurs britanniques, lesquels ne se font pas faute de prélever sur les impôts la part de Londres.
Au milieu du XIXe siècle, le sous-continent indien, des confins de l'Afghanistan à la Birmanie, obéit pour la première fois depuis l'Antiquité à un seul maître ! Et celui-ci n'est pas musulman !



L'autonomie revendiquée








L'unification de l'Inde et l'éviction des musulmans des postes de commandement ont pour effet de réveiller le sentiment national hindou.
La révolte des cipayes entraîne la liquidation de la Compagnie des Indes et la mainmise du gouvernement britannique sur les Indes avec un secrétaire d'État à Londres et un vice-roi à Delhi. Le 1er janvier 1877, la reine Victoria reçoit le titre d'impératrice des Indes. Avec des vice-rois et des hauts fonctionnaires généralement compétents et probes, c'en est fini de la gabegie antérieure.
Les Britanniques introduisent des codes de lois communs à tous les habitants et intègrent les Indiens à l'administration, la justice et l'armée. Les enfants des élites, comme Gandhi et Nehru, accèdent aux universités anglaises. Ils découvrent les vertus de la démocratie parlementaire et de l'État de droit... et sauront plus tard user de ces principes dans leur lutte contre les Britanniques.
Grâce aux érudits anglais, les Indiens découvrent aussi les textes, l'art et l'histoire de l'Inde ancienne. On assiste à un «aggiornamento» de l'hindouisme, libéré de ses complexes après que l'islam eut perdu sa prééminence.
Le mouvement débouche en 1885 sur la constitution du Congrès national indien, à l'initiative du vice-roi britannique qui souhaite pouvoir dialoguer avec un organe représentatif de l'ensemble des Indiens. Le Congrès se présente à ses débuts comme un rassemblement des élites hindoues. Il prône des réformes dans le respect de la légalité britannique.
En 1906, à Calcutta, pour la première fois, le Congrès revendique l'autonomie interne de l'Inde. La même année, l'Aga Khan, chef de l'importante communauté musulmane des Ismaëliens, fonde la Ligue musulmane en vue de représenter les musulmans (environ un quart des 350 millions d'Indiens).
Pendant la Grande Guerre, les Indiens demeurent loyaux à l'égard des Anglais. 1.300.000 d'entre eux prennent part aux combats et 100.000 y trouvent la mort. En 1917, le secrétaire d'État pour l'Inde, lord Montagu, leur promet une autonomie interne analogue à celle des dominions, le Canada et l'Australie. Las, à peine le conflit est-il terminé que les promesses sont oubliées...
Après le massacre d'Amritsar, c'est rien moins que l'indépendance que réclame Mohandas Gandhi, chef le plus écouté du Congrès. Reste à s'assurer que celle-ci se fasse dans de bonnes conditions, sans violence et sans rupture de l'unité !...



L'indépendance dans la violence et la division








Les Britanniques réagissent à la montée des revendications en élargissant la représentation des communautés indiennes dans les assemblées et les gouvernements provinciaux. Mais rien n'y fait. Gandhi multiplie les actions de désobéissance civile jusqu'à la spectaculaire «marche du sel» qui oblige le gouvernement à renoncer aux taxes sur le sel.
Le Premier ministre travailliste Ramsay MacDonald ouvre dès le 13 novembre 1930 à Londres, sous l'égide du roi George V, une première table ronde destinée à débattre d'une hypothétique indépendance de l'Inde. Deux autres suivront les années suivantes mais sans plus de résultat les unes que les autres.
Les discussions achoppent en effet très vite sur les modalités de l'indépendance (faut-il accorder aux États princiers le droit de sécession ? quelle garantie pour la minorité musulmane ? quel statut pour les Intouchables ?...). Pendant ce temps, les mouvements de désobéissance civile n'en finissent pas de perturber le sous-continent.
En 1935, Londres détache de l'Inde la Birmanie et surtout transforme l'Inde en une fédération de onze provinces avec chacune leur gouvernement et leur assemblée. Les musulmans, qui s'estiment lésés, rompent avec les hindous. La Ligue musulmane et son chef Mohammed Ali Jinnah réclament un État musulman du nom de Pakistan, qui regrouperait les territoires à majorité musulmane.
Là-dessus arrive la Seconde Guerre mondiale. Les Japonais atteignent la Birmanie et menacent Calcutta ! Le Mahatma condamne l'alliance avec l'ennemi japonais mais lance le 8 août 1942, à Bombay, un mot d'ordre radical à l'adresse des Britanniques : «Quit India !» (Quittez l'Inde !). 
Les Britanniques, qui ont d'autres soucis en tête, se détournent des affaires indiennes... Ainsi ne font-ils rien ou presque pour enrayer une famine au Bengale en 1943 (trois millions de morts). Après la guerre, ils se retirent sans se faire prier.  L'indépendance est célébrée le 15 août 1947. Mais les réjouissances ne durent pas. Presqu'immédiatement, musulmans et hindous s'affrontent avec la plus extrême violence...


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Olympe de G



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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:40



L'Inde a donné naissance à l'hindouisme, première religion du pays et troisième religion mondiale derrière le christianisme et l'islam, avec près d'un milliard de fidèles, ainsi qu'au bouddhisme. Elle a par ailleurs accueilli le christianisme par le biais des évangélisateurs Saint Thomas et plus tard Saint François Xavier.
Mosaïque de religions et de langues, l'Union indienne compte également une grande diversité d'ethnies.

L'Union indienne au XXIe siècle
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L'État principal issu du British Raj (empire britannique des Indes) s'appelle Union indienne ou République de l'Inde. C'est aujourd'hui une république fédérale de 28 États, 7 territoires et 18 langues officielles, associée au Commonwealth, dernier vestige de l'empire britannique

Le réveil du sous-continent

Vers 1600, le sous-continent indien était peuplé de 100 à 125 millions d'habitants et, vers 1900, sous la domination britannique, de près de 300 millions d'habitants (nettement moins que la Chine ou l'Europe !). Il souffrait de divers maux : malnutrition, famines, épidémies à l'origine d'une stagnation démographique.
Lorsqu'en 1947, le pandit («savant») Nehru prend les commandes de l'Union indienne, les trois-quarts des 353 millions d'Indiens vivent encore sous le seuil de pauvreté, l'espérance de vie est de 32 ans et 84% de la population adulte est analphabète. Le pays dépend par ailleurs de l'étranger pour son alimentation...
En conformité avec la pensée du Mahatma Gandhi, la Constitution de 1950 reconnaît toutes les langues et toutes les religions du pays. Elle n'impose pas un état civil uniforme. Aussi les musulmans indiens vivent-ils sous le régime de la loi islamique (la charia) !
Nehru, Premier ministre jusqu'à sa mort, le 27 mai 1964, développe par ailleurs le fédéralisme pour dégoupiller les séparatismes régionaux. L'Union indienne compte aujourd'hui 28 États et 7 territoires établis sur des bases essentiellement linguistiques (avec 18 langues reconnues par la Constitution et des milliers de dialectes).
Notons aussi que l'Inde a abordé de front le problème des intouchables ou hors-caste (eux-mêmes s'appellent Dalit, d'un mot hindi qui veut dire «opprimé») en appliquant à leur égard une discrimination positive sans équivalent dans le monde, avec des quotas stricts dans les écoles et les administrations (et non pas seulement des recommandations ou des objectifs). Elle a abouti à la création d'une élite d'intouchables et même d'un influent parti Dalit, le BSP (une femme de ce parti gouverne depuis 2007 le plus grand État de l'Inde, l'Uttar Pradesh, et pourrait jouer un rôle primordial dans les élections générales du 12 avril 2009).

Marche désordonnée vers le progrès

La fille de Nehru, Indira Gandhi accède au pouvoir en janvier 1966. Autoritaire, elle mène le pays et son parti à la baguette. De retour au pouvoir en 1980 après un intermède de 3 ans, elle manifeste un intérêt inédit pour les questions religieuses et, rompant avec le laïcisme de son père, joue les communautés les unes contre les autres.
Après son assassinat, le 31 octobre 1984, son fils Rajiv lui succède. Sous son gouvernement, les nationalistes hindous, trouvant qu'on en fait trop pour les minorités, relancent l'affaire d'Ayodhya, le lieu de naissance présumé du dieu Rama sur lequel le conquérant Babour chah a construit une mosquée en 1528. Ils réclament la destruction de celle-ci et la reconstruction d'un temple hindou. En 1989 ont lieu les pires émeutes depuis l'indépendance, avec un millier de morts.
Le péril vert
Bien que peuplée à 80% d'hindous (recensement de 2001), l'Inde abrite la troisième plus grande communauté musulmane du monde, forte d'environ 150 millions d'individus (13,4% de la population) après l'Indonésie et le Pakistan voisin. Cette proportion augmente en raison du plus fort taux de fécondité de la communauté musulmane que de la communauté hindoue.
Ce différentiel démographique, ainsi que le souligne le chercheur Christophe Jaffrelot, directeur du CERI (Sciences Po Paris), n'est pas dû à des atavismes culturels ou religieux mais tout simplement au fait que les musulmans sont en moyenne moins éduqués et plus pauvres que les hindous.
En intervenant énergiquement en faveur de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, l'État socialiste de Nehru a jeté les bases de l'Inde moderne. Dès les années 1980, grâce aux efforts éducatifs, le taux de croissance économique s'est élevé jusqu'à 5 ou 6% par an cependant que commençait à décliner l'indice de fécondité.
En 1991, le gouvernement desserre les carcans réglementaires qui bridaient l'activité économique et les entreprises s'engagent derechef dans la mondialisation des échanges.
À l'aube du XXIe siècle, l'Inde compte trois fois plus d'habitants qu'en 1947. 40% vivent encore sous le seuil de pauvreté et la même proportion d'adultes est analphabète mais l'espérance de vie dépasse 62 ans, le pays est devenu autosuffisant sur le plan alimentaire et l'on voit émerger une classe moyenne significative.

Le retour des guerres de religion

La frénésie économique ne gêne cependant en rien les menées subversives. Une nuit de 1992, les nationalistes hindous rasent la mosquée d'Ayodhya. En 1998, le parti nationaliste BJP accède au pouvoir et les tensions avec les musulmans s'exaspèrent au point de provoquer plus de 2.000 morts au Gujarat, à l'ouest du pays, en 2002. Les musulmans supportent de plus en plus mal leur marginalisation et leur appauvrissement. En leur sein se développent des mouvements extrémistes en liaison avec leurs homologues pakistanais.
Résultat de cette dérive, les attentats revendiqués par des mouvements islamistes se sont multipliés, de Jaïpur au Rajasthan, à Ahmedabad et Bombay (Mumbai en langue hindi)...
Les élections législatives du printemps 2014 se soldent par la victoire triomphale du BJP (Bharatiya Janata Party, « Parti du peuple indien » - nationalistes hindous). Son chef, le charismatique Narendra Modi (64 ans en 2014), accède le 19 mai 2014 à la tête du gouvernement indien. Issu d'un milieu modeste, ce nationaliste a dirigé l'État du Gujarat à partir de 2001 et n'a, semble-t-il, rien fait pour prévenir les massacres de musulmans de l'année suivante. On lui sait gré toutefois d'avoir modernisé et dynamisé cet État qui vit naître Gandhi.


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Olympe de G



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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:42





Après toute une vie consacrée à l'émancipation de l'Inde, Gandhi a eu la douleur de voir son pays se déchirer dans des guerres religieuses sanglantes entre hindous et musulmans. Lui-même hindou, il n'a cessé de plaider pour la réconciliation des deux communautés, ce qui lui a valu d'être accusé de trahison par les fanatiques de sa communauté. Gandhi n'en figure pas moins au panthéon des plus grandes personnalités du XXe siècle.

Gandhi démontre l'efficacité de la non-violence


Mohandas Karamchand Gandhi naît le 2 octobre 1869 à Porbandar, dans une famille de riches commerçants du Gudjerat, au nord-ouest de l'Empire britannique des Indes. Il fait des études d'avocat à Londres puis, trop timide pour plaider en Inde, part en mai 1893 en Afrique du Sud où s'est établie une nombreuse communauté originaire des Indes.
Affecté par des vexations racistes de la part des Blancs, comme de devoir descendre d'un compartiment de train de première classe, il s'érige en défenseur des immigrants indiens et forge une doctrine originale fondée sur la non-violence, la maîtrise de soi et le respect de la vérité (la «satyagraha»).
Il préconise en vertu de cette doctrine la désobéissance passive et collective pour lutter contre les discriminations et remporte de spectaculaires succès face aux gouvernants britanniques. Mais c'est au prix de plusieurs séjours en prison.
Néanmoins, ill se comporte loyalement à l'égard des Britanniques pendant leur guerre contre les Boers, en 1899-1901, et organise un service d'ambulances avec un personnel indien.

Un héros indien


À son retour en Inde en janvier 1915, Gandhi bénéficie déjà d'une solide réputation d'ascète et de héros qui lui vaut d'être surnommé par le grand poète indien Tagore Mahatma, d'après un mot hindi qui veut dire «Grande âme».
Gandhi accède à la présidence du parti du Congrès et mène dès lors la lutte pour l'autonomie du pays puis pour son indépendance tout en prônant l'autosuffisance économique, le retour aux techniques traditionnelle, mais aussi l'émancipation des femmes et des Intouchables (les hors-castes de l'hindouisme). Avec bienveillance, il surnomme ces derniers les Harijans ou gens de Dieu (les Intouchables récusent aujourd'hui ce terme paternaliste et lui préfèrent celui de Dalits ou opprimés).
Plein de curiosité pour les systèmes philosophiques et les grandes religions, il n'en reste pas moins fidèle à son héritage hindou. Il se rapproche de l'Inde profonde des villages et préconise le retour à une économie traditionnelle.
Le Mahatma donne l'exemple de l'ascétisme en pratiquant la chasteté dans son ashram des environs d'Ahmedabad, au nord-ouest du pays, et en tissant le coton sur son rouet pour subvenir à ses besoins et fabriquer ses propres vêtements.
À Amritsar, une manifestation tourne au massacre et rompt les liens invisibles qui rapprochaient Indiens et Britanniques.
Gandhi poursuit son action avec encore plus de détermination, en s'appuyant sur le parti du Congrès. Il préconise la non-participation (refus des décorations, boycottage des produits anglais...) et prescrit même la grève de l'impôt dans un district du Gudjerat.
Mais l'affaire tourne à l'émeute et Gandhi, par souci d'éviter les violences, interrompt le mouvement en février 1922. Lui-même entame une grève de la faim dans son ashram et met sa vie en danger pour convaincre ses compatriotes d'interrompre les violences. Il est emprisonné, ce qui lui vaut une aura internationale de martyr...

«Quit India !»


En 1930, la marche du sel lui vaut d'être à nouveau arrêté mais elle convainc les libéraux britanniques d'engager l'Inde dans la voie de l'indépendance. Dès l'année suivante, celui que Winston Churchill qualifie avec mépris de «fakir à moitié nu» est convié à Londres à une table ronde destinée à débattre d'une hypothétique indépendance de l'Inde.
Mais les discussions achoppent très vite sur les modalités de l'indépendance (faut-il accorder aux États princiers le droit de sécession ? quelle garantie pour la minorité musulmane, qui représente alors un quart des 350 millions d'Indiens ? quel statut pour les Intouchables ?...). Le Mahatma est déçu que le Congrès ne le suive pas dans le retour aux valeurs traditionnelles et s'en tienne à la quête de l'indépendance. Il renonce à la présidence du parti.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, les Britanniques engagent l'Inde dans le conflit sans prendre la peine de consulter les représentants de la colonie. Tout au plus le Premier ministre Winston Churchill promet-il aux Indiens, à l'issue de la guerre, un statut de dominion similaire à celui du Canada ou de l'Australie.
Parmi les compagnons de Gandhi, certains comme Jawaharlal Nehru plaident pour ne rien faire qui favorise l'ennemi japonais et son allié allemand. Mais pour Gandhi lui-même, l'heure des compromis est terminée. Tout en condamnant la violence et, pire encore, l'alliance avec l'ennemi japonais dans laquelle se compromet l'ultra-nationaliste Bose, le Mahatma lance le 8 août 1942, à Bombay, un mot d'ordre radical à l'adresse des Britanniques : «Quit India !» (Quittez l'Inde !).
Quelques heures plus tard, plusieurs chefs du parti du Congrès sont arrêtés. Gandhi lui-même est une nouvelle fois incarcéré. Il ne sera libéré qu'en mai 1944. Mais entre temps, son mot d'ordre aura donné le signal de la désobéissance civile sous la forme de manifestations, boycotts et grèves...



La joie ternie de l'indépendance


Au terme de la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques sont résignés à se retirer du sous-continent indien.
L'Union indienne célèbre son indépendance le 15 août 1947. Le vice-roi Mountbatten remet les pouvoirs au Premier ministre Nehru. Mais la fête est gravement ternie par sa scission d'avec le Pakistan, en bonne partie à cause de Mohammed Ali Jinnah, un avocat musulman chiite, qui dirige la Ligue musulmane et prône la création d'un État musulman indépendant.
Il s'ensuit une atroce guerre religieuse qui fait plus de 400.000 morts et entraîne le déplacement de part et d'autre des nouvelles frontières de près de vingt millions de personnes !
Le Mahatma entre au soir de sa vie dans son dernier combat en entamant une nouvelle et périlleuse grève de la faim pour convaincre hindous et musulmans de déposer les armes. C'est un échec. Gandhi meurt, victime d'un extrémiste qui souhaitait la création d'un État hindou, l'Hindoustan, au lieu de l'Inde laïque et multiconfessionnelle. Le vieillard meurt en prononçant  : «Mon Dieu !». Son assassin sera jugé et pendu.
Cinéma
La vie de Gandhi a été magnifiquement retracée au cinéma par Richard Attenborough en 1982, avec l'acteur anglo-indien Ben Kingsley dans le rôle-titre.



http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=42&ID_dossier=38


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Olympe de G



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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:43


Mohammed Ali Jinnah (1876 - 1948)

Un laïc fonde le Pakistan, «pays des Purs»





Mohammed Ali Jinnah, président de la Ligue musulmane, à l'origine de la création du Pakistan et de la scission des Indes britanniques, est né dans la province du Sind, dans une famille de l'intelligentsia libérale de confession khodja (une confession musulmane très minoritaire, apparentée au chiisme).
À 16 ans, il va étudier le droit en Angleterre à l'instar de nombreux autres jeunes gens de bonnes familles de la même génération. À son retour aux Indes, il devient avocat à Bombay. Musulman peu pratiquant, il épouse une parsie (zoroastrienne) et ne respecte pas les interdits alimentaires imposés par l'islam. L'histoire a gardé de lui l'image d'un homme élégamment vêtu de costumes anglais, fumant le cigare et appréciant le bon whisky.
Béatrice Roman-Amat.

L'Inde divisée

En 1906, Jinnah rejoint le Congrès national indien, un parti multiconfessionnel qui revendique un statut d'autonomie pour les Indes britanniques. Il est élu au Conseil législatif du vice-roi des Indes.
D'abord partisan de l'union entre musulmans et hindous, il devient membre, puis président, de la Ligue musulmane et participe activement aux négociations du Pacte de Lucknow (1916) par lequel le parti du Congrès de Gandhi et la Ligue musulmane demandent conjointement l'indépendance aux Britanniques. Ce pacte reconnaît également aux musulmans le droit à des collèges électoraux séparés leur garantissant une représentation législative équilibrée.
En 1920, Jinnah quitte le Congrès pour marquer sa désapprobation à l'égard de la campagne de non-coopération avec les Britanniques lancée par Gandhi. Lui-même est très respectueux de l'ordre constitutionnel. Les tensions entre la Ligue musulmane et le Congrès vont crescendo, car celui-ci renie, par la voix de Nehru, le principe des collèges électoraux séparés. Installé à Londres, Jinnah participe à des tables rondes sur l'avenir des Indes mais se fait de moins en moins d'illusions sur la possibilité d'un accord avec le Congrès. Il ne revient en Inde qu'en 1934, lorsqu'il est élu président permanent de la Ligue. Au sein de cette dernière émerge l'idée d'un État musulman autonome, le Pakistan. Pour l'heure, Jinnah s'y oppose avec fermeté.
Le Congrès remporte les élections de 1937 et rejette les propositions de la Ligue musulmane de former une coalition avec elle, au nom des scores élevés qu'il a obtenus. Cette date constitue un tournant pour l'orientation idéologique de Jinnah : à partir de 1938, il dénonce la menace d'un «Congrès hindou» (confessionnel) et réclame la création de deux fédérations : l'une musulmane, l'autre non-musulmane.
Il affirme que les hindous et les musulmans forment deux nations différentes, car ils «appartiennent à deux civilisations séparées. Réunir ces deux nations au sein d'un seul État, l'une disposant de la majorité et l'autre minoritaire, ne peut qu'engendrer un mécontentement croissant». Selon le spécialiste du sous-continent indien Christophe Jaffrelot «Jinnah et la plupart de ses lieutenants [de la Ligue musulmane] ne sont pas religieux, mais utilisent l'islam à des fins de mobilisation nationaliste».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jinnah soutient les Britanniques. L'idée de Pakistan, «pays des Purs», qui regrouperait les régions majoritairement musulmanes des Indes, se précise au sein de la Ligue musulmane.
Après l'échec du compromis présenté par le vice-roi Lord Wavell à la conférence de Simla à l'été 1946, Jinnah organise une journée de protestation nationale qui débouche sur des heurts meurtriers entre musulmans et hindous le 16 août 1946.
Là-dessus, la Ligue musulmane a la satisfaction de remporter tous les sièges réservés aux musulmans aux élections à l'Assemblée constituante, conférant une légitimité au projet de Jinnah de créer un État séparé pour les musulmans.
Malgré l'opposition de Gandhi, fervent partisan de la création d'un État unique pour les différentes communautés, le 15 août 1947, l'Indian Independance Bill officialise la partition des Indes et la création de l'État indépendant du Pakistan, couvrant le Pakistan et le Bangladesh actuels. Plusieurs centaines de milliers de personnes meurent dans les transferts de populations et les émeutes interreligieuses liées à la Partition.
Malgré son souhait de cantonner autant que possible la religion dans la sphère privée, Jinnah doit accepter que la loi du pays se fonde en grande partie sur la sharia. Devenu gouverneur général du Pakistan indépendant puis élu président de l'assemblée constituante, il meurt de la tuberculose le 11 septembre 1948, alors qu'une tâche colossale reste à accomplir pour construire le nouvel État...
Un laïc fondateur d'un État religieux ?
Révéré au Pakistan comme «Qaid-i-Azam» (grand leader), Jinnah est un personnage à la mémoire complexe : pour les Pakistanais, il est le père de la nation, le fondateur du premier État musulman d'Asie du sud, mais, pour les Indiens, il est l'architecte de la partition dont le souvenir est encore à vif dans bien des esprits.
En 2005, une violente controverse se déclencha en Inde, lorsque L.K. Advani, un des leaders du parti indien BJP (nationalistes hindous) qualifia Jinnah de grand homme d'État laïc, au cours d'une visite à Karachi. Des effigies d'Advani furent immédiatement brûlées par des hindous furieux. La presse indienne débattit pendant des jours de l'héritage de Jinnah, le fondateur laïc du «pays des Purs», l'un des bastions actuels du fondamentalisme islamique.




http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=354&ID_dossier=38


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:44

13 avril 1919

Le massacre d'Amritsar





Le 13 avril 1919, juste après la Première Guerre mondiale, les Indiens manifestent en masse contre les colonisateurs britanniques pour dénoncer les difficultés économiques du moment et le durcissement de la politique anglaise.
À Amritsar, au Pendjab, la journée se termine sur un massacre.
Promesses non tenues
Les habitants de l'Empire des Indes, qui ont loyalement soutenu les Britanniques pendant la guerre, se souviennent de la promesse d'autonomie qui leur a été faite en 1917 par le secrétaire d'État pour l'Inde, lord Montagu.
En 1919, une nouvelle Constitution offre une meilleure représentation aux communautés indiennes dans les Assemblées législatives mais laisse l'essentiel du pouvoir exécutif aux Britanniques. On est loin d'un régime d'autonomie analogue à celui dont bénéficient les dominions blancs d'Australie ou du Canada.
Le mécontentement monte dans les élites indiennes d'autant que les Britanniques adoptent les lois Rowlatt, du nom de leur initiateur, qui leur permettent d'emprisonner arbitrairement et de juger d'éventuels agitateurs. Cette mesure est destinée à faire face à des manifestations sporadiques. Elle ressemble à une prolongation de l'état de siège qui avait cours pendant la guerre.
À l'appel du Mahatma Gandhi, leader du Congrès National Indien, le parti indépendantiste, les Indiens entament des grèves, des mouvements de boycott des produits britanniques et des manifestations.
Gandhi demande à ses compatriotes de cesser toute activité pendant la journée du 6 avril 1919, date d'entrée en application des lois Rowlatt. Ce jour-là, une grande partie des 350 millions d'Indiens se consacrent au jeûne et à la prière, ce qui revient à bloquer le pays, au grand dam des Britanniques.
Le jardin de l'horreur
À Amritsar, comme dans d'autres villes, se tient le 13 avril une manifestation pacifique, quoique interdite. Dix mille hommes, femmes et enfants sont réunis dans les jardins Jallianwallah.
Le général britannique Dyer force avec 50 soldats (des Gurkhas originaires de l'Himalaya) l'unique entrée des jardins puis ordonne à ses hommes de tirer sans se donner la peine de faire les sommations d'usage.
Le carnage dure dix longues minutes. La foule terrorisée se débande dans tous les sens sans pouvoir sortir du piège. À la fin, le général et ses hommes se retirent sans se soucier des nombreux blessés. On comptera très exactement 379 morts et 1200 blessés environ !
Le général Dyer sera relevé de son commandement mais, à son retour en Angleterre, n'en sera pas moins reçu en héros par une partie de la population.
Epilogue
Le gouvernement de Londres croit bien faire en introduisant en décembre 1919 des ministres indiens dans tous les gouvernements provinciaux ainsi que des représentants des diverses communautés dans les assemblées provinciales et l'assemblée centrale. Mais ces concessions viennent trop tard.
Du massacre d'Amritsar date la rupture entre les élites indiennes et les colonisateurs britanniques. Les hésitations de ces derniers vont favoriser la montée du nationalisme et les aspirations à l'indépendance.
Amritsar est aujourd'hui une ville prospère du Pendjab, à l'Ouest de l'Union indienne.
C'est la métropole religieuse des Sikhs qui se recueillent en grand nombre dans le Temple d'Or.
La tragédie de 1919 y est commémorée par un monument et son souvenir reste très vif en Inde malgré les drames beaucoup plus graves qu'a pu connaître ce pays depuis lors.
Elle a donné lieu à un incident diplomatique pendant la visite du prince Philip d'Edimbourg, en 1998, celui-ci ayant tenté avec maladresse d'atténuer la faute du général Dyer.
André Larané.


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:45

12 mars 1930

Gandhi entame la «marche du sel»





Le 12 mars 1930, Mohandas Karamchand Gandhi entame une «marche du sel». C'est la première application concrète de sa doctrine de la non-violence...

La non-violence à l'oeuvre

Dans les années précédentes, le Mahatma a multiplié les manifestations non-violentes et les grèves de la faim en vue d'obtenir pour l'Empire des Indes un statut d'autonomie analogue à celui dont bénéficient les colonies à population européenne telles que le Canada ou l'Australie.
Faute de résultat, certains membres de son parti, le parti du Congrès, s'impatientent et menacent de déclencher une guerre en faveur de l'indépendance.
Gandhi, pour ne pas être débordé, avertit le vice-roi des Indes que sa prochaine campagne de désobéissance civile aura pour objectif l'indépendance. C'est ainsi qu'il quitte son ashram des environs d'Ahmedabad, au nord-ouest du pays, accompagné de quelques dizaines de disciples... et d'une meute de journalistes.
Après un parcours à pied de 300 km, il arrive le 6 avril au bord de l'océan Indien. Il s'avance dans l'eau et recueille dans ses mains un peu de... sel. Par ce geste dérisoire et hautement symbolique, Gandhi encourage ses compatriotes à violer le monopole d'État sur la distribution du sel. Ce monopole oblige tous les consommateurs indiens, y compris les plus pauvres, à payer un impôt sur le sel et leur interdit d'en récolter eux-mêmes. Il est analogue à l'impôt de la gabelle sous l'Ancien Régime, en France.

Sur la plage, la foule, grossie de plusieurs milliers de sympathisants, imite le Mahatma et remplit des récipients d'eau salée. L'exemple se répand dans tout le pays... À Karachi comme à Bombay, les Indiens font évaporer l'eau et collectent le sel au vu des Anglais. Ces derniers jettent plus de 60.000 contrevenants en prison.
Les Indiens, fidèles aux recommandations de Gandhi, se gardent de résister. Le Mahatma lui-même est arrêté le 4 mai 1930. Ironique, il lance à ses geôliers : «Je vais enfin pouvoir dormir !» Au bout de neuf mois de ce repos forcé, le vice-roi reconnaît son impuissance à imposer la loi britannique. Il libère tous les prisonniers, y compris le Mahatma, et accorde aux Indiens le droit de collecter eux-mêmes le sel.

Vers l'indépendance

Mal inspiré, Winston Churchill, alors dans l'opposition parlementaire, ironise sur le «fakir séditieux qui grimpe à moitié nu les marches du palais du vice-roi». Le Premier ministre travailliste Ramsay MacDonald, plus perspicace, ouvre dès le 13 novembre 1930 à Londres, sous l'égide du roi George V, une première table ronde destinée à débattre d'une hypothétique indépendance de l'Inde.
En prison comme la plupart des chefs hindous du Congrès, le Mahatma n'y assiste pas mais il est convié l'année suivante à une deuxième table ronde. Il est reçu en triomphe à Londres par les libéraux britanniques qui se résignent à une prochaine indépendance de l'Inde. Cependant, celle-ci est retardée par la Seconde Guerre mondiale et les dissensions entre hindous et musulmans.
Le 15 août 1947, l'Empire des Indes devient enfin indépendant mais au prix d'une sauvage guerre religieuse et d'une scission entre Inde et Pakistan. Gandhi y perd la vie.
La «marche du sel» apparaît aux Indiens comme l'équivalent de la «Tea Party» de Boston qui a conduit à l'indépendance des États-Unis.
Alban Dignat


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:45

18 mars 1944

L'Indien Bose attaque les Indes britanniques





Bien que méconnu en Occident, Subhas Chandra Bose est entré dans l'histoire indienne comme « l'ennemi le plus déterminé des Britanniques ». À ce titre, il demeure incroyablement populaire dans la population en dépit de ses accointances avec les nazis.
En refusant de combattre aux côtés du Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale, il a fait un choix radicalement opposé à ceux de Gandhi et Nehru. Allant jusqu'au bout de sa logique, il a mis sur pied une armée nationale indienne (Indian National Army, INA) avec laquelle il a attaqué les Indes britanniques, le 18 mars 1944, en appui des troupes japonaises.
Béatrice Roman-Amat

Une fuite romanesque

Né en 1897, Bose est originaire de l'Orissa, à l'est de l'Inde, et grandit au Bengale.
Son engagement politique et son rejet de la colonisation britannique l'amènent à rejoindre le Parti du Congrès, dont il prend la présidence en 1938-1939. Néanmoins, il représente l'aile la plus à gauche du Congrès. Il s'oppose à Gandhi sur les méthodes à utiliser pour faire pression sur les Britanniques, dédaignant sa philosophie non-violente.
En 1939, il forme son propre parti, le Forward Bloc, qui se distingue par ses positions violemment antibritanniques au moment où la guerre éclate. Des positions qui lui valent d'être jeté - pour la 11e fois !- dans les geôles britanniques, en 1940.
Bose obtient sa libération après une grève de la faim... Les Britanniques comptent bien l'arrêter à nouveau dès qu'il aura repris des forces mais le leader nationaliste réussit à quitter sa maison de Calcutta, à la faveur de la nuit, déguisé en agent d'assurance musulman !
Il se rend en train à Peshawar, puis traverse à pied les territoires tribaux du nord-ouest du Pakistan actuel, en se faisant passer pour un sourd-muet. Il arrive ainsi à quitter le British Raj (les Indes britanniques) et atteindre Kaboul. De là, il rejoint l'Allemagne nazie, via l'URSS, encore liée à Berlin par le pacte de non-agression.

Tout soutien est bon à prendre

Cet homme aux idées socialistes voit dans les puissances de l'Axe des alliés précieux pour la conquête de l'indépendance indienne. Le ministre allemand des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop lui laisse entendre qu'il peut compter sur l'aide de son pays. Toutefois, Hitler ne lui apporte qu'un soutien très tiède même si les Indiens prétendent eux aussi descendre de la race aryenne !
Le premier projet de Bose consiste à attaquer le Raj par le nord-ouest. Mais la rupture du pacte germano-soviétique rend cette option impossible. À partir du début de 1942, l'avancée japonaise en Asie du sud-est lui permet de construire une nouvelle stratégie. Environ trois millions de civils indiens et de nombreux soldats indiens, capturés à Singapour et en Malaisie, tombent sous le contrôle des Japonais. Bose imagine d'enrôler ces Indiens dans une « armée de libération » qui entrerait aux Indes par l'est.
En février 1943, il prend le bateau à Kiel pour rejoindre l'Asie. En plein océan indien, il est transféré d'un navire allemand à un sous-marin japonais. En mai 1943, le voilà à Tokyo. Il se met alors au service des Japonais, en échange de leur soutien à l'indépendance de l'Inde. Les Japonais accueillent à bras ouverts cet Indien dont la vision est compatible avec le projet nippon de création d'une « grande aire de co-prospérité asiatique ».

Quelques mois plus tard, en octobre 1943, Bose proclame un gouvernement indien provisoire et crée l'Indian National Army (INA). Il convainc un tiers des hommes de l'Indian Army prisonniers des Japonais de rejoindre cette « armée de libération », ainsi que des Indiens travaillant dans les plantations d'Asie du sud-est.

À partir de mars 1944, à la tête de son armée, il combat les Britanniques aux côtés des Japonais dans la province indienne de l'Assam. En fait de Britanniques, ce sont surtout d'autres soldats indiens, loyaux à l'Indian Army, que l'INA doit affronter. Cette opération militaire se transforme en quelques semaines en un fiasco complet. Pourtant, en Inde, une partie de l'opinion s'enthousiasme pour l'héroïsme de cette armée indienne combattant les Britanniques.
Parallèlement, la situation tourne à l'aigre pour les Japonais, repoussés dans le Pacifique par les Américains et en Birmanie par les Britanniques.
Une mémoire ambiguë
En août 1945, quelques jours avant la reddition du Japon, Bose fuit l'Asie du sud-est. Il meurt dans un mystérieux accident d'avion au dessus de Taïwan. Après l'échec de l'INA, les Britanniques voulurent juger et condamner certains de ses officiers. Des manifestations qui tournèrent à l'émeute, notamment à Calcutta, les en empêchèrent.

Tandis que certains historiens le soupçonnent de sympathies fascistes, Subhas Chandra Bose reste aujourd'hui extrêmement populaire en Inde, et surtout au Bengale. Son nom a même été donné à l'aéroport international de Calcutta.
Dans un sondage portant sur les « 60 plus grands Indiens » de l'histoire, organisé par l'hebdomadaire India Today en 2008, Bose arrivait en deuxième position, loin devant le mahatma Gandhi. Les Indiens se souviennent d'ailleurs de lui sous le surnom de « Netaji », le « chef respecté ».


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:46

16 août 1946

Ali Jinnah impose la création du Pakistan





Le 16 août 1946, le président de la Ligue musulmane Mohammed Ali Jinnah, lance une journée d'action dans toutes les Indes britanniques afin d'imposer la partition du pays et la création d'un État musulman indépendant, le Pakistan.
Il s'ensuit de violents heurts entre hindous et musulmans. On relève plusieurs milliers de morts à Calcutta, capitale administrative du British Raj (empire britannique des Indes).
Ali Jinnah recommande par ailleurs le boycott de l'Assemblée constituante réunie en décembre 1946.
Lassés par plusieurs années de longues et douloureuses tractations, les Britanniques se résignent alors à la partition des Indes, contre l'avis des hindous et notamment du plus célèbre d'entre eux, Gandhi, chef respecté du parti du Congrès.
Béatrice Roman-Amat.
Le Pakistan, une invention d'étudiant
La Ligue musulmane a été créée en 1906 par plusieurs notables musulmans dont l'Aga Khan, chef des Ismaëliens, pour protéger les intérêts de leurs coreligionnaires. Elle se rapproche d'abord du parti du Congrès, multiconfessionnel et majoritairement hindou, et exige avec eux le départ des colons britanniques.
Mais dans les années 1920 et 1930, un clivage se creuse entre la Ligue et le Congrès, qui refuse que les musulmans disposent de collèges électoraux séparés.
Le poète Mohammed Ikbal en vient à suggérer la création d'un État autonome islamique au sein d'une Inde fédérale. Cette idée prend peu à peu corps et, en Angleterre, l'étudiant Chandhuri Rhamat Ali forge le terme de Pakistan, «pays des purs» dont les lettres désignent les provinces du Pendjab, de l'Afghana (Afghanistan), du Kashmir (Cachemire), du Sind et du Baloutchistan.
Mohammed Ali Jinnah, président de la Ligue musulmane, s'y oppose d'abord avec vigueur. Mais la réticence des élus hindous du Congrès à partager les places dans les assemblées et les administrations finit par avoir raison de sa patience. Il se rallie finalement en 1940 à la création d'un État musulman séparé. Il va dès lors s'attacher à faire émerger un «nationalisme musulman».
Un État coupé en deux
En mai 1945, le vice-roi Lord Wavell présente un plan de compromis qui vise à la création d'un conseil exécutif dans lequel hindous et musulmans seraient équitablement représentés. Il convoque une conférence à Simla, le 25 juin 1945, pour en débattre.
Ali Jinnah, qui représente la Ligue musulmane, revendique pour celle-ci le droit de représenter exclusivement les musulmans du pays. Mais le parti laïc du Congrès conteste sa prétention et la conférence se conclut sur un échec le 14 juillet 1946.
Après l'appel à la journée de protestation du 16 août 1946, la Ligue musulmane s'honore d'une victoire aux élections législatives qui mettent en place une Assemblée constituante. Elle remporte tous les sièges réservés aux musulmans et voit dans cette victoire la légitimation de son projet.
Malgré l'opposition absolue de Gandhi à la partition des Indes en deux États, le gouvernement britannique, par la voix de son dernier vice-roi, lord Mountbatten, se résigne à la partition, sur fond de violentes émeutes intercommunautaires.
Le 15 août 1947, l'Inde et le Pakistan, dont Karachi devient la capitale, naissent simultanément. L'été 1947 est ensanglanté par des massacres massifs de musulmans, d'hindous et de Sikhs en Inde et au Pakistan (ils sont décrits de façon saisissante dans le roman Tamas de Bhisham Sahni). On évalue le nombre de victimes à un demi-million. 15 à 20 millions de personnes se jettent sur les routes et dans les trains pour rejoindre l'État où leur religion est majoritaire.
Le Pakistan rompt l'unité du sous-continent
La création du Pakistan rompt avec l'unité politique du sous-continent indien que le colonisateur britannique avait pour la première fois réalisée un siècle plus tôt.
Le jeune État pakistanais apparaît comme le plus grand État musulman du monde avec environ 80 millions d'habitants. Mais son caractère totalement artificiel rend sa survie aléatoire. Qui plus est, il souffre d'emblée d'un handicap majeur : son territoire est divisé en deux portions, séparées par 1600 km : à l'est de l'Inde, le Bengale, ou Pakistan oriental, qui se réduit à un immense delta battu par les inondations et les tornades tropicales ; à l'ouest, le Pakistan occidental, région semi-aride et montagneuse, traversée par la vallée de l'Indus et dotée de quelques infrastructures industrielles.
Le Bengale ne représente que 14% du territoire du Pakistan mais regroupe plus de la moitié de la population. Ses habitants sont plus pauvres que leurs concitoyens occidentaux et méprisés par ceux-ci. Il parlent le bengali, qui n'a rien à voir avec la langue dominante du côté occidentale, l'ourdou, une variante de l'hindi, principale langue du nord de l'Inde, en caractères arabes.
Dès 1947, une guerre oppose l'Inde et le Pakistan pour la possession du territoire du Cachemire, un État à majorité musulmane mais dont le prince est hindou. En 1949, l'intervention de l'ONU permet le tracé d'une ligne de cessez-le-feu qui coupe la région en deux.
La frontière avec l'Afghanistan est à peine plus calme que la frontière indo-pakistanaise : les ethnies pachtounes y réclament la création d'un «Pachtounistan» réunissant Pachtounes pakistanais et afghans.
Laborieuse construction de l’unité politique
Le Pakistan doit faire face au défi de l'intégration des Mohajirs, les émigrants qui ont fui l'Inde lors de la partition, cela dans le cadre d'une grande instabilité politique. Dès septembre 1948, Jinnah, le père de la nation, disparaît. Son successeur est assassiné, tandis que la Ligue musulmane se disloque.
Le pays n'adopte une constitution qu'en 1956. Elle marie étrangement attributs des régimes parlementaire et présidentiel et instaure une République islamique fédérale.
Prenant le contre-pied de l'Inde, qui s'engage sur la voie du non-alignement tout en se rapprochant de l'URSS, le Pakistan islamique se rapproche de la Chine communiste, rivale de l'Inde, et se place résolument dans le camp américain. Les États-Unis lui fournissent aide militaire et économique.
Instabilité chronique
L'instabilité politique chronique facilite la prise du pouvoir par les militaires. En 1958, le président Iskander Mirza dissout le parlement et proclame la loi martiale, soutenu par le commandant en chef des armées. Celui-ci, le général Ayoub Khan (ou Ayyub Khan), le force à démissionner quelques jours plus tard et prend le pouvoir... pour plus d'une décennie. L'armée, essentiellement composée de Pendjabis, originaires de la partie occidentale, se présente comme le garant de la sécurité du pays face à la menace indienne. Les partis politiques sont interdits et la presse censurée.
Parallèlement, les années 1960 constituent une période de forte croissance économique et de développement de l'industrie (on parle même de «miracle pakistanais»). Mais cette amorce de développement ne bénéficie toutefois qu'à la partie occidentale du pays. Le général Ayoub Khan cherche également à limiter l'influence des oulémas sur la société et à moderniser le droit de la famille (limiter la polygamie, renforcer les droits de succession des femmes...).

En 1965, une nouvelle guerre oppose l'Inde au Pakistan au sujet du Cachemire. Elle se termine par un cessez-le-feu qui laisse la question en suspens. Depuis lors, on ne compte plus les accrochages militaires meurtriers sur les crêtes montagneuses de la province.
Le Bangladesh fait sécession dans la douleur
En 1969, le général Ayoub transmet le pouvoir au commandant en chef des armées, le général Yahya Khan. Celui-ci organise l'année suivante des élections libres qui débouchent sur la victoire du Parti du Peuple Pakistanais de Zulfikar Ali Bhutto (opposition) au Pakistan Occidental et de la Ligue Awami, mouvement pour l'indépendance du Bengale, au Pakistan oriental.
Le leader de la ligue Awami, Mujibur Rahman, proclame l'indépendance du Bangladesh («Nation du Bengale» en bengali). L'armée pakistanaise tente d'écraser cette sécession dans le sang, au prix de la vie de milliers de Bengalis et de violences sans nom (viols systématiques...), mais l'intervention de l'Inde d'Indira Gandhi l'oblige à abandonner le Bangladesh dans des conditions humiliantes.
Cette défaite précipite l'accession au pouvoir du leader civil Ali Bhutto, premier Sindhi à accéder au pouvoir. Il met sur pied une politique d'inspiration socialiste (intitulée «socialisme islamique» afin de gagner des partis religieux) et réprime les révoltes du Baloutchistan, sur la frontière occidentale. Une puissante opposition se cristallise pourtant autour de lui, dans un contexte de fin du «miracle pakistanais» et de choc pétrolier de 1974.
Entre dictature militaire et terrorisme islamiste
En 1977, le général Zia ul-Haq le renverse, assume la présidence de l'État et suspend la constitution. Bhutto, accusé de corruption, de fraude électorale et de complicité d'assassinat, est pendu. Sa fille Benazir, qui prend son relais à la tête du PPP, est contrainte à l'exil.
Le vent ayant tourné en faveur des islamistes en Iran et ailleurs, Zia impose la charia et soutient activement la résistance afghane contre l'invasion soviétique, faisant à nouveau du Pakistan le meilleur ami des États-Unis. Les liens profonds qui existent aujourd'hui encore entre les mouvements islamistes afghans et pakistanais d'une part et les services de renseignements pakistanais et l'armée d'autre part remontent en grande partie à cette période.
Les années 1980 à 2000, marquées par une nouvelle guerre avec l'Inde, l'acquisition de l'armée nucléaire, l'alternance de régimes civils et militaires, l'apparition de violences interconfessionnelles (entre chiites et sunnites) et l'autonomisation accrue des zones tribales, n'ont pas permis au Pakistan de trouver la stabilité.


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:48

15 août 1947

Indépendance de l'Inde et du Pakistan





Le 15 août 1947, l'Inde et le Pakistan deviennent officiellement indépendants.
C'est l'aboutissement de longues et douloureuses tractations entre le colonisateur britannique et les Indiens mais plus encore entre les Indiens eux-mêmes (les Anglais s'étaient pour la plupart résignés à quitter les Indes dès 1930).
André Larané
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L'État principal issu du British Raj (empire britannique des Indes) s'appelle officiellement Union indienne ou République de l'Inde. C'est aujourd'hui une république fédérale de 28 États et 7 territoires, associée au Commonwealth, dernier vestige de l'empire britannique.
Les Indiens eux-mêmes appellent volontiers leur pays Bharat en référence à un roi mythique qui a inspiré l'épopée en vers Mahâbhârata. D'un point de vue religieux, le pays est aussi appelé Hindoustan parce qu'il est le berceau de l'hindouisme (-stan est un suffixe d'origine persane qui signifie pays).
Le Pakistan est une invention du XXe siècle. Son nom, conçu par un étudiant en 1933, signifie le «pays des purs» et comporte les initiales de trois provinces revendiquées par ses promoteurs : P pour Pendjab, A pour Afghanistan, K pour Cachemire. Devenu une République islamique, il est comme l'Inde rest fidèle au Commonwealth britannique.

L'indépendance de tous les dangers

Le parti du Congrès, qui regroupe les élites hindoues, réclame dès le début du XXe siècle l'autonomie, voire l'indépendance. La Ligue musulmane, toute aussi désireuse de voir partir les Anglais, exige la création d'un État proprement musulman, le Pakistan.
Son chef, Mohamed Ali Jinnah, récuse tout idée de confédération entre cet État et la future Union indienne. Il entretient ses coreligionnaires dans la conviction qu'ils ne pourront jamais vivre en paix s'ils sont en minorité face aux hindous. Après la conférence de Simla, conclue sur un échec le 14 juillet 1946, il les appelle à une journée d'action directe, le 16 août 1946. Il s'ensuit plusieurs milliers de morts rien qu'à Calcutta.
Les Britanniques n'en confient pas moins la direction du British Raj à un gouvernement intérimaire dirigé par le pandit Jawaharlal Nehru, compagnon de route de Gandhi. Ils convoquent par ailleurs une assemblée constituante en décembre 1946 mais celle-ci est boycottée par la Ligue musulmane. Les affrontements sanglants entre les deux communautés commencent à se multiplier.
En février 1947, Londres dépêche lord Louis Mountbatten en qualité de vice-roi. Le cousin de la future reine Elizabeth II, homme remarquable et brillantissime, qui s'est comporté en héros sur le front birman, face aux Japonais, doit négocier les modalités de l'indépendance et éviter la partition du pays.
La préférence de Nehru va à un État centralisé pour prévenir aussi bien la création du Pakistan que la sécession de tel ou tel État princier. Il doit aussi faire face aux extrémistes de son propre camp qui réclament la création d'un État purement hindou, l'Hindoustan, pour faire pendant au futur Pakistan.
Lord Mountbatten cultive d'excellentes relations avec Nehru, lequel devient par ailleurs l'amant de sa séduisante femme ! Mais il désespère de préserver l'unité du British Raj et, en désespoir de cause, choisit d'accélérer le processus d'indépendance, quoiqu'il en coûte.
Finalement, la passation des pouvoirs entre le vice-roi et le Premier ministre a lieu comme prévu le 15 août 1947, à Delhi, au fort Rouge, l'ancien palais des empereurs moghols. La fête est réussie, malgré l'absence de Gandhi, plongé dans un nouveau jeûne en guise de protestation contre la partition, qu'il qualifie à juste titre de «vivisection».
Les souverains des 340 États princiers qui composent l'Inde acceptent presque tous de rejoindre la future Union en échange de généreuses compensations. L'exception la plus notable est le souverain musulman d'Hyderabad, au coeur du pays. Celui-là ne se ralliera qu'en 1948, sous la contrainte.
Tandis que les Britanniques se retirent avec soulagement, Ali Jinnah proclame à Lahore l'indépendance du Pakistan...

Visions d'enfer

Immédiatement, dans l'affolement, la plupart des hindous et sikhs du nouveau Pakistan plient bagage et rejoignent vaille que vaille l'Union indienne ; ils sont imités en sens inverse par de nombreux musulmans. De 1947 à 1950, quinze à vingt millions de personnes se croisent ainsi par-dessus les frontières des deux nouveaux États, occasionnant au passage d'innombrables incidents meurtriers.
Dans les villages où cohabitent les communautés (hindous, musulmans, sikhs) ont lieu des scènes d'épouvante : massacres à l'arme blanche, viols, mutilations... On compte 400.000 à un million de morts rien que dans l'été 1947.
Par ailleurs, une guerre éclate dès la fin de l'année pour le contrôle du Cachemire, une province à majorité musulmane avec un prince hindou. En ce début du XXIe siècle, le problème du Cachemire n'est toujours pas réglé et une ligne de cessez-le-feu indo-pakistanaise coupe toujours cette province autrefois belle et prospère.
Comme si cela ne suffisait pas, le 30 janvier 1948, six mois seulement après l'indépendance, le Mahatma Gandhi est assassiné par un extrémiste hindou. Quant à Mohammed Jinnah, principal responsable du drame, il meurt le 11 septembre suivant de la tuberculose (lord Mountbatten aurait plus tard déclaré que s'il avait eu connaissance de sa maladie, peut-être aurait-il différé l'indépendance dans l'espoir d'éviter la partition).
Malgré ces funestes débuts, la démocratie indienne va lentement mûrir et croître sous la direction de dirigeants remarquables, au premier rang desquels Jawaharlal Nehru et sa fille, Indira Gandhi (sans lien de parenté avec le Mahatma, son patronyme lui venant de son mari).
Moins chanceux est le Pakistan. État artificiel fondé sur l'identité musulmane, il s'est séparé en 1971 de sa partie orientale, aujourd'hui le Bangladesh et se trouve en ce début du XXIe siècle confronté à de nouveaux défis du fait de l'intégrisme islamique.
Commentaire : bilan de la colonisation britannique
En Inde comme au Pakistan ou au Bangladesh, nul n'aurait l'idée aujourd'hui de rendre l'ancien colonisateur responsable des difficultés du moment (c'est une grande différence avec ce que l'on peut entendre du côté de l'Afrique francophone, de l'Algérie ou même de Haïti).
Acccoutumés à traiter avec des envahisseurs extérieurs (Turcs, Mongols...), les Indiens sont reconnaissants aux derniers venus, les Britanniques, d'avoir réalisé l'unité de leur aire culturelle et permis à l'hindouisme et aux traditions védiques de renaître au grand jour. Ils leur sont reconnaissants aussi de leur avoir donné une langue véhiculaire, l'anglais, acceptable par toutes les composantes du pays, et surtout de leur avoir transmis les principes de l'État de droit, sans lesquels il n'est pas de démocratie ni de paix civile. Grâce à quoi l'Union indienne peut se flatter d'être aujourd'hui la plus grande démocratie du monde, en dépit de toutes ses imperfections.
Au passif de la colonisation britannique, il faut inscrire sans nul doute la ruine de l'artisanat qui faisait encore au début du XIXe siècle la prospérité des Indes et la renommée de ses tissus dans le monde entier (indiennes, cachemire, madras...). C'est en inondant le marché indien de leurs textiles produits à Manchester et Liverpool que les Britanniques ont en bonne partie bâti leur puissance industrielle, sans égard pour le savoir-faire local, irrémédiablement détruit (la Chine, notons-le, utilise en ce début du XXIe siècle la même stratégie à l'égard de l'Occident).


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:49

30 janvier 1948

Gandhi, martyr de la non-violence





Le soir du 30 janvier 1948, à Delhi, un homme tire trois coups de revolver sur Gandhi alors que celui-ci se rend comme chaque jour à la prière.
Après toute une vie consacrée à l'émancipation de l'Inde, Gandhi a eu la douleur de voir son pays se déchirer dans des guerres religieuses sanglantes entre hindous et musulmans. Lui-même hindou, il n'a cessé de plaider pour la réconciliation des deux communautés, ce qui lui a valu d'être accusé de trahison par les fanatiques de sa communauté.
André Larané.
Une indépendance ternie par la guerre civile
Au terme de la Seconde Guerre mondiale, lassés par le combat mené depuis près d'un demi-siècle par les militants du parti du Congrès et leur chef Gandhi, les colonisateurs britanniques se résignent enfin à se retirer du sous-continent indien.
Le principe de l'indépendance n'est nulle part remis en cause mais les Indiens, en particulier ceux de religion hindoue, s'inquiètent de ses modalités et de l'éventuelle scission des provinces à majorité musulmane...
L'Union indienne célèbre son indépendance le 15 août 1947 et le vice-roi Mountbatten remet les pouvoirs au Premier ministre Nehru.
Mais, comme on pouvait le craindre, la fête est gravement ternie par sa scission d'avec le Pakistan, en bonne partie à cause de Mohammed Ali Jinnah, un avocat musulman chiite, qui dirige la Ligue musulmane et prône la création d'un État musulman indépendant. Il s'ensuit une atroce guerre religieuse qui fait plus de 400.000 morts et entraîne le déplacement de part et d'autre des nouvelles frontières de près de vingt millions de personnes !
Le Mahatma engage au soir de sa vie son dernier combat en entamant une nouvelle et périlleuse grève de la faim pour convaincre hindous et musulmans de déposer les armes. Le pays entre en prière et les violences s'apaisent mais ce n'est qu'un demi-succès. Aux frontières indo-pakistanaises, les échanges de populations se poursuivent, accompagnés de brutalités innombrables...
Le conflit civil coûtera la vie à Gandhi, victime d'un extrémiste qui souhaitait la création d'un État hindou, l'Hindoustan, au lieu de l'Inde laïque et multiconfessionnelle. Le vieillard meurt en prononçant  : «Mon Dieu !». Son assassin sera jugé et pendu.
Avec sa fin tragique, Gandhi accède au panthéon des plus grandes personnalités du XXe siècle.


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:49

Ceylan devient indépendante





Ceylan, «perle à l'oreille de l'Asie» selon l'écrivain Francis de Croisset, devient indépendante le 4 février 1948. Rebaptisée Sri Lanka, l'île n'en finit pas de souffrir du contentieux ethnique légué par le colonisateur britannique.
Béatrice Roman-Amat.
Les Européens à la conquête de Ceylan
Portugais, Hollandais et Anglais ont successivement tenté de s'approprier les richesses de Ceylan.
En 1505, les Portugais y débarquent, sur les traces de Marco Polo, qui avait gardé un souvenir ébloui de l'île. Ils sont attirés par la cannelle locale, mais se heurtent à la résistance du royaume de Kandy, installé dans les hautes terres et finissent par abandonner Ceylan aux Hollandais.
À la fin du XVIIIe siècle, comme la France révolutionnaire occupe les Pays-Bas, les responsables hollandais réfugiés à Londres autorisent l'Angleterre à prendre le contrôle de Ceylan (1796).
Les Britanniques introduisent la question tamoule
Dès 1815, les Britanniques s'assurent la domination de toute l'île, en faisant tomber un royaume de Kandy en pleine décadence.
Les Britanniques remplacent la culture de la cannelle par celle du café puis du thé. Ils se mettent en quête d'une main-d'œuvre disponible toute l'année pour ces nouvelles cultures, alors que le repiquage du riz accapare bon nombre de Cinghalais. En se tournant vers les Tamouls d'Inde du Sud (issus de basses castes), ils maintiennent les salaires au plus bas sur l'île.
Les travailleurs tamouls «importés» prennent racine dans le monde clos des plantations. Ils se concentrent essentiellement dans la presqu'île de Jaffna et sur la côte orientale de l'île, conservant leur langue, leurs traditions et leur religion (hindouiste pour l'essentiel alors que les Cinghalais sont bouddhistes). En 1946, à la veille de l'indépendance, on compte près de 800.000 Tamouls à Ceylan, soit 12% de la population.
Les nationalismes... après l'indépendance
Les Britanniques ont favorisé très tôt l'émergence d'une élite anglicisée, capable de gérer les affaires politiques, pour en faire un modèle d'«home rule» (autonomie). Un parti nationaliste a été créé en 1918, sur le modèle du Congrès indien ; hommes et femmes ont obtenu le droit de vote dès 1932. L'île bénéficie de la sorte d'une décolonisation en douceur, à la différence du reste des Indes.
Après l'indépendance, un régime démocratique se met en place mais échoue à donner une place à la minorité tamoule. En 1956, la célébration du 2.500e anniversaire du nirvâna de Bouddha donne l'occasion à des moines extrémistes d'appeler à la renaissance et la protection de la culture cinghalaise face aux élites anglophones et aux Tamouls. La même année, le cinghalais est décrété langue officielle unique du pays, ce qui provoque l'ire de la communauté tamoule, concentrée dans le Nord et l'Est du pays.
En 1959, le Premier ministre est assassiné par un moine bouddhiste. De violentes émeutes éclatent entre Tamouls et Cinghalais. Mme Sirimavo Bandaranaike, veuve du Premier ministre assassiné, accède au pouvoir avec l'appui d'un parti trotskiste ! Elle mène une politique socialiste de nationalisation des industries, des terres et des plantations de thé et d'hévéas, qui appartenaient encore souvent à des Britanniques. Elle projette également, mais sans succès, de rapatrier 500.000 Tamouls en Inde, en accord avec New-Delhi qui craint que le séparatisme tamoul ne fasse tache d'huile.
La guerre civile
En 1972, le pays adopte le nom sanskrit de Sri Lanka, «l'île resplendissante». Cependant, les tensions ethniques dégénèrent en guerre civile. Des Tamouls convaincus de l'échec du dialogue politique forment le «Mouvement des Tigres de libération de la patrie tamoule» (LTTE), sous l'impulsion de leur chef Villupilai Prabakaran. Ils déclenchent des vagues d'attentats et mènent une véritable guérilla contre l'armée sri lankaise. Des pogroms anti-tamouls ont lieu en représailles. Mais le LTTE bénéficie du soutien des services secrets indiens qui espèrent ainsi affaiblir un régime sri lankais considéré comme proaméricain. Ses combattants en arrivent à occuper le tiers de l'île...
En 1987, le Premier ministre indien Rajiv Gandhi obtient la signature d'un accord qui garantit une certaine autonomie à la province du nord-est et confère à l'armée indienne un rôle de maintien de la paix dans les zones tamoules. Le LTTE refuse néanmoins de rendre les armes et se replie dans la jungle impénétrable. En 1991, Rajiv Gandhi est assassiné par une indépendantiste tamoule qui lui passe autour du cou un collier de fleurs piégé. Deux ans plus tard, c'est le tour du président sri lankais.
Après les attentats du 11 septembre 2001, le LTTE est inscrit sur les listes d'organisations terroristes des États occidentaux. La population civile tamoule, qui se partage entre une majorité hindouiste et une minorité chrétienne, est prise en tenaille entre d'une part l'armée sri-lankaise, qui ne fait pas de quartier et enferme les réfugiés dans des camps ; d'autre part les Tigres tamouls, dont la férocité n'a guère d'égale dans le monde actuel, qui enrôlent de force les enfants et se servent des civils comme boucliers humains.
Comme si ce drame ne suffisait pas, le sud du Sri Lanka est également durement touché par le tsunami de décembre 2004 (près de 40.000 morts)...
Un espoir de réconciliation déçu
L'assassinat du ministre sri-lankais des affaires étrangères en 2005 donne le signal d'un nouveau durcissement. Le nouveau président de la République, Mahinda Rajapakse, est un nationaliste qui refuse toute autonomie tamoule. Il lance une nouvelle offensive contre le nord du pays. Fin 2008, Kilinnochchi, capitale des Tigres, tombe dans les mains de l'armée qui peut dès lors envisager un «assaut final» contre le LTTE, cela dans un redoublement de violence : massacres de civils, viols et mutilations, pillages etc.
Le conflit sri-lankais s'achève le 17 mai 2009 par la chute du dernier réduit indépendantiste. Il aura provoqué la mort d'environ 70.000 personnes depuis son déclenchement...


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:50

26 janvier 1950

L'Union indienne devient une République

 
Le 26 janvier 1950, deux ans après son indépendance, l'Union indienne, à l'initiative du Premier ministre Nehru, se dote d'une Constitution qui fait d'elle une République. Elle n'en reste pas moins dans le Commonwealth britannique


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MessageSujet: Re: Histoire de l'INDE   Mer 24 Fév - 18:51

31 octobre 1984

Indira Gandhi est assassinée





Le 31 octobre 1984, Indira Gandhi, Premier ministre de l'Union indienne, est assassinée par ses propres gardes du corps, des Sikhs ralliés à la cause indépendantiste.

Une héritière en politique

Fille unique du père de l'indépendance de l'Inde, le pandit Nehru, elle devient à son tour Premier ministre en janvier 1966, un poste qu'elle exerce jusqu'en 1977, puis de 1980 à sa mort.
Elle poursuit l'œuvre de son père, dont elle reprend aussi volontiers le style autoritaire. Son objectif est de moderniser l'Inde, selon des principes inspirés par le socialisme. Battue et même arrêtée en 1977, elle rebondit en janvier 1980 et redevient premier ministre.
Son deuxième mandat est marqué par les tensions avec la communauté sikh, implantée surtout au Pendjab, au nord de l'Inde.
Le 5 juin 1984, l'armée indienne pénètre dans le temple sacré d'Amritsar et ouvre le feu, faisant au total plusieurs centaines de morts, y compris parmi les pèlerins. C'est pour venger ce massacre que deux gardes du corps assassinent le Premier ministre avec leurs armes de service.
Le fils d'Indira, Rajiv Gandhi, lui succède comme premier ministre.
Mais il est également assassiné, par une kamikaze tamoul, le 21 mai 1991. Comme sa mère, il soutenait en effet le gouvernement du Sri-Lanka dans sa lutte contre le LTTE, les «tigres tamouls». Aujourd'hui, sa femme, Sonia Gandhi, d'origine italienne, et son fils Rahul, poursuivent l'œuvre de la famille Nehru-Gandhi, dont les tragédies (qui incluent la mort en 1980 du fils cadet d'Indira, Sanjay, dans un accident d'avion) font des «Kennedy indiens».


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