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 Le vivre ensemble, entre illusion et imposture

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Olympe de G

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MessageSujet: Le vivre ensemble, entre illusion et imposture   Mar 16 Fév - 11:44

Le vivre ensemble, entre illusion et imposture



Robert
Redeker

Un nouveau leitmotiv est repris depuis quelques mois par les politiciens, certaines associations, et une partie des médias : le vivre ensemble. L’objet de la politique serait d’organiser le vivre ensemble. L’École n’aurait d’autre mission que de l’enseigner. Les valeurs elles-mêmes se récapituleraient dans ce vivre ensemble. Cette expression est dans toutes les têtes et dans toutes les bouches. Mais cette mode sémantique signifie-t-elle quelque chose ?
En relisant les philosophes, les moralistes, les écrivains des temps passés, la vérité se fait jour : jamais le vivre ensemble n’a été inscrit au rang des valeurs, jamais même il n’a été énoncé sous cette forme. S’il a le sens de l’ironie, tout un chacun fera observer que le vivre ensemble a fait une entrée récente dans le monde des valeurs.  Le vivre ensemble parvient à se faire passer pour un impératif universel, incontestable et même indiscutable, tout le temps que l’on ne prend pas conscience qu’il est né de la dernière pluie.
Citation :
« Le vivre ensemble est une illusion verbale »
Affirmer qu’il faut vivre ensemble est aussi plat qu’affirmer qu’il faut respirer. C’est affirmer que l’homme est un être social et rien d’autre. Ce truisme ne peut constituer ni un programme politique ni un fil conducteur pour l’éducation. Si le vivre ensemble s’impose comme valeur, c’est que l’espace politique a été détruit. Plus : c’est que toute perspective collective a été détruite. On brandit le vivre ensemble quand on n’a rien à dire, ou plus rien à dire, sur la société ou la politique, sur les instituions ou l’École.  Ce pseudo concept n’est pas un étouffe-pensée, mais plutôt un vain mot qui ne germe et ne fleurit qu’au jour où toute pensée s’est évanouie. Le vivre ensemble ne peut croître ailleurs que dans le désert de l’intelligence.
Notre époque discourt sur le vivre ensemble pour ne pas parler de la cité. Elle fait du vivre ensemble un projet politique alors que c’est la cité qui devrait en être un. Le vivre ensemble est tout le contraire de la cité : c’est la cité éclatée en une nébuleuse de communautés et d’individus isolés dont il s’agit d’empêcher qu’ils empiètent les uns sur les autres. C’est la juxtaposition pacifique proposée comme idéal collectif. Bref, le vivre ensemble est l’exact opposé de la politique qui exige non pas une juxtaposition, mais une fusion.  De ce fait, il est impossible de voir dans ce vivre ensemble un autre nom de la fraternité, ou une modernisation de celle-ci.
Le vivre ensemble est une illusion verbale, un vain mot agité pour masquer le néant intellectuel et politique d’une époque à la dérive.


“N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.”
E Cioran
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Olympe de G

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Féminin Nombre de messages : 1070
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MessageSujet: Re: Le vivre ensemble, entre illusion et imposture   Mar 16 Fév - 12:24

Citation :

Elisabeth Lévy : «Le multiculturalisme bisounours est mort»


       Par Alexandre Devecchio

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - A l'occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur qui revient sur les agressions sexuelles de Cologne, Elisabeth Lévy a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. Selon elle, cette affaire révèle un choc des cultures.



Elisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Dans son numéro de février, intitulé, «Des Migrants et des femmes, le syndrome de Cologne», le magazine s'interroge sur les limites du modèle multiculturel.


Le dernier numéro de Causeur s'intitule «Des Migrants et des femmes, le syndrome de Cologne.» Selon vous, la nuit de Cologne n'aurait pas cette charge symbolique explosive si la dimension sexuelle ne se doublait d'une dimension culturelle …

Oui, ce à quoi nous avons assisté, ou plutôt à quoi nous n'avons pas assisté, ce n'était pas, comme certains et plus encore certaines l'ont répété, l'énième avatar de la «domination masculine» exercée sans relâche par le vieux mâle blanc, c'était, projetée sous un flash glaçant, l'image même du choc des cultures. Il est là, il se déroule dans nos villes, sous nos yeux et les apprentis-sorciers du multiculturalisme s'obstinent, non seulement à ne pas voir, mais à invectiver et disqualifier tous ceux qui voient, rassemblés dans de ridicules listes noires qui ne font même plus vendre de papier….

Et qu'y a-t-il à voir qu'on ne voit pas?

Si nous sommes embarrassés, gênés, s'il nous est si difficile de nommer les choses, c'est parce qu'il nous faut faire appel à des catégories que notre universalisme et nos lois récusent. Des hommes de culture arabo-musulmane ont agressé des femmes occidentales, et en l'espèce, l'origine des coupables et des victimes a joué un rôle dans le crime. De plus, à cette occasion, un coin du voile s'est levé et on apprend que, dans toute l'Europe, des faits similaires ont lieu à bas bruit, de façon moins spectaculaire, plus isolée qu'à Cologne. Cela nous rappelle que les gens qui arrivent en Europe ne sont pas seulement des icônes du dénuement, ils viennent avec leurs valeurs, leurs représentations, et celles-ci peuvent entrer en confrontation avec les nôtres, en particulier sur la question du statut et de la liberté des femmes. Pour nous, un monde inégalitaire est tout simplement inimaginable. Pour une partie des immigrés, c'est un monde égalitaire qui est insupportable.

   On essaie de nous vendre un multiculturalisme heureux dans lequel toutes les cultures se donnent la main et où un Autre gentillet nous dit « à toi la mini-jupe, à moi la burqa, vivons avec nos différences inch'Allah ».

Pour vous, on dirait que c'est un monde multiculturel qui est insupportable. Mais que vous le vouliez ou non, c'est une réalité!

Merci de me donner l'occasion d'éclaircir un malentendu sémantique. Le multiculturalisme n'est pas un état de fait, c'est l'une des modalités possibles d'organisation de la coexistence entre les différences, une option qui consiste à placer toutes les pratiques culturelles à égalité. Le fait que nul ne remet en cause, pas moi en tout cas, c'est que nous vivons dans des sociétés multiethniques et multiconfessionnelles. Mais on peut faire le choix de l'assimilation, ou de l'intégration républicaine, qui suppose que les derniers arrivés et leurs descendants s'adaptent aux mœurs locales. Or, on essaie de nous vendre un multiculturalisme heureux dans lequel toutes les cultures se donnent la main et où un Autre gentillet nous dit «à toi la mini-jupe, à moi la burqa, vivons avec nos différences inch'Allah». Mais dans la vraie vie, il arrive que nous soyons confrontés à un Autre prédateur et hostile pour lequel ma mini-jupe signifie «à prendre». Pour résumer, le multiculturalisme est une politique et c'est une politique qui ne marche pas.

Que répondez-vous à Daniel Cohn-Bendit qui a réagi à ces agressions en rappelant qu' «Il y a 250 plaintes à la fête de la bière chaque année»?

Je lui dis que, refuser de voir, c'est encourager tous les fantasmes et toutes les généralisations. Qu'il y ait d'autres formes d'agressions, toutes aussi condamnables, qu'il y ait des «violeurs de souche» n'enlève rien à la singularité des agressions de Cologne, Stockholm et ailleurs, ni à ce qu'elles nous disent de nos sociétés. Évidemment, tous les immigrés ne sont pas des violeurs, mais à Cologne, tous les violeurs étaient des immigrés. Cela ne signifie pas qu'il faut fermer nos frontières hermétiquement, mais, d'une part, qu'il faut revoir à la baisse nos objectifs en termes d'accueil, et d'autre part, que nous devrions choisir, parmi les candidats à l'immigration chez nous, ceux qui sont susceptibles d'adopter notre mode de vie de préférence à ceux qui vont renforcer des minorités séparatistes. Puisque nous ne pouvons accueillir tout le monde, donnons la priorité à ceux qui risquent le moins d'aggraver les fractures françaises et européennes.

   Pas d'amalgame ! Il y a dans les élites des gens très lucides et il y a des professionnels de l'aveuglement et de la repentance.

Plus encore qu'un choc des cultures, cette affaire révèle-t-elle une forme de haine de soi de la part des «élites européennes» ...

Pas d'amalgame! Il y a dans les élites des gens très lucides et il y a des professionnels de l'aveuglement et de la repentance. Autrement dit, il existe bel et bien un parti de la soumission, parfaitement représenté par la maire de Cologne qui a suggéré aux Allemandes de ne pas tenter le diable, et, en France, par tous ceux qui suggèrent de ne pas s'énerver sur ces histoires de statut des femmes parce que ça pourrait en froisser certains. Ainsi, quelques jours après sa nomination, Jean-Louis Bianco, patron de l'Observatoire de la laïcité, expliquait-il au Monde qu'il n'y avait aucun problème de laïcité en France - c'est «l'observateur qui ne voit rien», pour piquer une formule à Alain Finkielkraut. Mais au sein des élites aussi, la lucidité progresse. Et le courage aussi: il en a fallu à Manuel Valls pour prendre la défense d'Elisabeth Badinter et du camp laïque contre Nicolas Cadène, le numéro deux de Bianco. Et pour assister à la réception de notre Finkielkraut national à l'Académie. C'est la preuve que les lignes bougent. Nos confrères du Point annoncent l'avènement d'une «gauche Finkielkraut». J'espère que leur excellente trouvaille est en passe de devenir une réalité durable.

Les féministes se sont également montrées discrètes...

Pas toutes! Des féministes historiques comme Anne Zelensky, dont nous publions un article dans ce numéro, mais aussi toute une joyeuse jeune garde regroupée autour de Yaël Mellul et Céline Pina, mise à l'honneur par mon camarade Marc Cohen, se sont déchaînées contre le camp relativiste emmené par l'inénarrable Caroline de Haas et Clémentine Autain.

   Quand on lit Daniel Lindenberg, on dirait qu'il y a eu des attentats identitaires et islamophobes en France... le problème de la France n'est pas que les néoréacs aient pris le pouvoir, c'est le vide sidéral de la pensée qui leur fait face.

Le déni n'est-ce pas également la réaction de Najat Vallaud-Belkacem face à un islamiste sur le plateau de Canal+?

Je vous trouve très sévère. Elle a manqué de réflexe et alors? Qui peut jurer, après coup, qu'il aurait eu la bonne réaction? Pas moi en tout cas! J'ai mille critiques à faire à Najat Vallaud-Belkacem mais là on lui fait un mauvais procès. En effet, je ne peux croire que son silence soit dû à une forme quelconque de connivence avec les idées que défendait cet islamo-humanitaire. Que celui qui, sur un plateau de télévision, n'a jamais eu l'esprit de l'escalier, lui jette la première pierre. J'irais plus loin: ça ne me dérange pas qu'on invite ce genre de personnage s'il est représentatif d'une opinion répandue mais alors, il faut tirer les conséquences de ce qu'on voit et de ce qu'on entend. Or, à l'évidence, l'équipe du «Grand journal» ne savait pas à qui elle avait affaire. C'est fâcheux, mais des ratés de ce genre, ça arrive tout le temps, il ne faut pas les surinterpréter. L'invitation d'une professionnelle de l'insulte et du ressentiment dans une émission du Service public face à Finkielkraut me paraît bien plus grave. J'ai du mal à croire que personne, à France 2, n'ait intrigué pour faire inviter en contrebande cette péronnelle haineuse qui s'est permis de dire à Alain Finkielkraut qu'il était incompétent…

Vous n'avez pas l'impression de labourer la mer? Quatorze ans après, Daniel Lindenberg, auteur du Rappel à l'ordre, continue de fustiger les néo-réacs et de faire la une des journaux …

Oui, en lisant la «une» du Monde datée du 19 janvier sur «l'éternel retour» des néo-réacs («Les néoréacs ont-ils gagné?»), j'ai eu l'impression de me retrouver dans Un jour sans fin. À quatorze ans d'intervalle, Daniel Lindenberg aura bénéficié de deux lancements en grande pompe… pour le même livre. Trop fort! Entretemps, le «péril néoréac» est devenu un marronnier, la liste noire, un genre journalistique et Causeur a été promu (par Daniel Lindenberg) quartier général du camp du mal, c'est-à-dire de la révolution conservatrice dont il nous annonce l'avènement. Sauf que ça ne prend plus. Même au Monde, le cœur n'est plus à la chasse aux sorcières rouges-brunes. Jean Birnbaum, qui était ardemment pro-Lindenberg il y a quinze ans, dénonce aujourd'hui l'aveuglement de la gauche face à l'islam. Le réel est passé par là, et le réel, ce sont les attentats islamistes, les Territoires perdus…et Cologne. Or, quand on lit Daniel Lindenberg, on dirait qu'il y a eu des attentats identitaires et islamophobes en France. Ce serait hilarant si ce n'était pas inquiétant. En tout cas, ce genre de sornettes ne passe plus dans l'opinion et c'est tant mieux. Parce que, désolée, le problème de la France n'est pas que les néoréacs aient pris le pouvoir, c'est le vide sidéral de la pensée qui leur fait face.


“N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.”
E Cioran
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